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Biologie · Terminale · 6 min de lecture

Deux gènes à la fois : indépendants ou liés ?

Proportions 9:3:3:1 pour deux gènes indépendants, test-cross 1:1:1:1, écart à l'indépendance et gènes liés, recombinaison par crossing-over.

Chapitre du programme : Génétique et évolution

Bloc 1 sur 7 · Comprendre

Comprendre : deux loci et un modèle de transmission

On suit deux loci à deux allèles, notés A/aA/a et B/bB/b. Un dihybride est ici double hétérozygote. Le modèle suppose une ségrégation mendélienne, une dominance complète à chaque locus, des phénotypes distinguables, sans interaction masquant un caractère ni différence de survie des classes.

Lorsque les loci sont sur des chromosomes différents, l’assortiment indépendant conduit aux quatre associations ABAB, AbAb, aBaB, abab de probabilités 1/41/4 dans le modèle. Deux dihybrides indépendants donnent alors les proportions phénotypiques attendues 9:3:3:19:3:3:1. Ce ne sont ni quatre génotypes, ni une obligation d’effectifs exactement proportionnels dans un échantillon fini.

Des loci d’un même chromosome sont physiquement liés, mais des recombinaisons peuvent les séparer. Très éloignés, ils peuvent avoir une fréquence de recombinaison proche de 50 % et se comporter comme indépendants dans ce test. Quatre classes proches ne prouvent donc pas deux chromosomes différents.

La phase précise quelles associations se trouvent sur les homologues du dihybride : AB/abAB/ab ou Ab/aBAb/aB. Parentaux et recombinés se définissent par rapport à cette phase, pas par leur ordre dans un tableau.

Bloc 2 sur 7 · Approfondir

Approfondir : ce que révèle un test-cross

Un test-cross croise le dihybride avec un double homozygote récessif. Dans le modèle annoncé, chaque phénotype descendant permet d’identifier l’association allélique transmise par le dihybride. Cela suppose notamment absence de nouvelle mutation, d’erreur de classement et de viabilité différentielle des descendants.

Pour des loci indépendants, les probabilités attendues sont 1:1:1:11:1:1:1. Pour une liaison avec 0<r<1/20<r<1/2, phase connue et ségrégation symétrique, chaque classe parentale a pour probabilité (1−r)/2(1-r)/2 et chaque classe recombinée r/2r/2. Ici rr est une proportion ; le pourcentage vaut 100r100r.

La fréquence observée est estimée par le nombre de recombinés divisé par le total. Les classes observées ne sont pas nécessairement exactement égales à l’intérieur d’une paire. Un écart ne prouve pas à lui seul sa cause : il faut considérer le plan expérimental et les fluctuations.

Dans le modèle classique, la fréquence théorique de recombinaison ne dépasse pas 1/2. Une estimation finie peut dépasser 1/2 par fluctuation ou parce que la phase, le classement ou les hypothèses sont inadaptés ; ce n’est pas automatiquement un mauvais dénominateur.

La fréquence de recombinaison n’est pas une distance physique en bases. Pour un intervalle court où les échanges multiples peuvent être négligés, 100r100r fournit une approximation de distance en centimorgans. Sur de longs intervalles, des échanges multiples peuvent masquer des recombinaisons : l’égalité générale « r % = r cM » est insuffisante.

Bloc 3 sur 7 · Exemple

Exemple guidé : regrouper deux séries comparables

Scénario fictif. Un même type de dihybride de phase connue AB/abAB/ab est utilisé dans deux séries de test-cross aux mêmes conditions, avec le même modèle de transmission.

Tableau : Série, AB, ab, Ab, aB
SérieABabAbaB
S172683030
S22102109090

La phase donnée désigne AB et ab comme parentaux. S1 comporte 200200 descendants, dont 6060 recombinés ; S2 en comporte 600600, dont 180180 recombinés. Les deux fréquences observées valent 30 %.

Pour regrouper des séries supposées comparables, on additionne les effectifs : 240240 recombinés sur 800800 descendants, soit r^=0,30\widehat r=0{,}30. On ne doit pas diviser par les seuls 560560 parentaux : 240/560240/560 ne mesure pas la part de recombinés dans l’ensemble.

Ces résultats sont compatibles avec une liaison dans le modèle. Ils ne permettent pas de placer les loci à exactement 30 cM sans hypothèse supplémentaire sur les échanges multiples, ni d’attribuer une position physique en bases. Le regroupement aurait dû être discuté si les protocoles ou les populations avaient différé.

Bloc 4 sur 7 · Visualiser

Visualiser : comparer deux attendus fictifs

La figure fournie conserve un scénario illustratif de 2 000 descendants : quatre classes attendues de 500 pour l’indépendance, et 830, 830, 170, 170 pour une phase en couplage avec r=0,17r=0{,}17. Il ne s’agit pas d’un relevé d’expérience.

La taille des cadres de gamètes code des fréquences dans le dessin, pas des tailles biologiques. Les quatre associations représentent des possibilités réparties sur de nombreuses méioses ; elles ne signifient pas qu’une méiose produit toujours quatre génotypes distincts.

La vignette illustre un échange entre chromatides non sœurs. Une chromatide parentale peut aussi provenir d’une méiose où d’autres chromatides ont échangé. Le bandeau de distance est qualitatif ; le rapprochement fréquence–distance doit garder la restriction aux intervalles courts et au modèle choisi.

Test-cross : attendus fictifs sous hypothèses de transmission et phase données — Scénarios fictifs de test-cross, dominance complète, phase connue, ségrégation symétrique et viabilité identique des classes.
Test-cross : attendus fictifs sous hypothèses de transmission et phase données · Ouvrir la figure en grand

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Sources

  • BO spécial n°8 du 25 juillet 2019 — programme de spécialité sciences de la vie et de la Terre de terminale générale, thème « Génétique et évolution » : brassage génétique et diversité, croisements portant sur deux gènes
  • A. Griffiths et al., Introduction à l'analyse génétique, De Boeck — passages consacrés au dihybridisme, à la liaison génétique et à la fréquence de recombinaison
  • N. Campbell, J. Reece et al., Biologie, Pearson — chapitre consacré à Mendel et au concept de gène (croisement dihybride du pois, proportions 9:3:3:1)
  • OpenStax, Biology 2e, 12.3 — assortiment et conditions des proportions mendéliennes : https://openstax.org/books/biology-2e/pages/12-3-laws-of-inheritance
  • OpenStax, Biology 2e, 13.1 — liaison, recombinaison et limites de la cartographie : https://openstax.org/books/biology-2e/pages/13-1-chromosomal-theory-and-genetic-linkage

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