Mathématiques · Licence 1 · 9 min de lecture
Fonctions hyperboliques ch, sh, th
Définition du cosinus, du sinus et de la tangente hyperboliques à partir de l'exponentielle, parité, dérivées, relation fondamentale liant les carrés du cosinus et du sinus hyperboliques, comportement asymptotique, et réciproques argsh et argth avec leur écriture logarithmique.
Chapitre du programme : Analyse
Bloc 1 sur 7 · Comprendre
Comprendre : la partie paire et la partie impaire de eˣ
Toute fonction définie sur s'écrit de façon unique comme somme d'une fonction paire et d'une fonction impaire. Appliquée à l'exponentielle, cette décomposition donne deux fonctions qui reviennent sans cesse en analyse et en physique.
Définitions. Pour tout réel ,
On lit aussitôt : , est paire, et sont impaires, , , et pour tout , ce qui rend définie sur tout entier.
La relation fondamentale. Pour tout réel ,
Preuve en une ligne : . C'est une différence de carrés, et non une somme comme pour : le point parcourt une branche d'hyperbole , pas un cercle — d'où le nom.
Dérivées. Comme :
Aucun signe moins, contrairement à . Conséquences : , donc est strictement croissante sur ; est du signe de , donc décroît sur , croît sur , minimum en ; est strictement croissante.
Comportement à l'infini. Quand , , donc et sont tous deux équivalents à et tendent vers ; leur différence tend vers . Et : la droite est asymptote horizontale (et en ). Ces fonctions ne sont pas périodiques : ce sont des combinaisons d'exponentielles réelles, sans aucune oscillation.
Bloc 2 sur 7 · Approfondir
Approfondir : les réciproques et leur logarithme
Argument sinus hyperbolique. est une bijection continue strictement croissante de sur ; sa réciproque est notée . Pour l'exprimer, on résout en posant :
Le produit des racines vaut : une seule est positive, . Donc
Argument cosinus hyperbolique. n'est pas injective sur (elle est paire). Restreinte à , c'est une bijection sur , dont la réciproque est
L'équation avec a deux solutions opposées ; est la positive. Pour , elle n'en a aucune.
Argument tangente hyperbolique. est une bijection de sur l'intervalle ouvert ; sa réciproque n'est définie que là :
On l'obtient en résolvant en . Le signe de est celui de , et quand .
Dérivées des réciproques. Par la formule de la réciproque :
Ce sont les primitives qui expliquent la place du chapitre : une primitive de est , ce qui ne se devine pas sans les fonctions hyperboliques.
Valeurs exactes. En un point de la forme (), tout se calcule par fractions, puisque et : , , . Et la relation fondamentale se contrôle : .
Bloc 3 sur 7 · Exemple
Exemple guidé : du sinus hyperbolique à tout le reste
Énoncé. On sait que .
- Calculer et .
- Déterminer sous forme exacte, puis une valeur approchée à trois chiffres significatifs.
- Vérifier le résultat par et par .
---
1. La relation fondamentale. . Comme pour tout , on prend la racine positive :
L'erreur classique — écrire par analogie avec la trigonométrie — donnerait , impossible pour un cosinus hyperbolique.
2. L'équation en . s'écrit . Discriminant : , racines , soit et . Seule la positive convient : , donc
C'est bien . Contrôle direct : .
3. Deux autres chemins. (car ), donc . Et , donc . Les trois réciproques donnent la même valeur.
Lecture. Une seule donnée suffit pour tout le reste, par la relation fondamentale (avec son signe moins) et par la positivité de . Les réciproques s'obtiennent toutes par une équation du second degré en , dont on garde la racine positive.
Bloc 4 sur 7 · Visualiser
Visualiser : demi-somme et demi-différence
Figure (fig.math.exponential-curve, figure programmatique de la leçon de terminale sur l'exponentielle, réutilisée ici parce que son deuxième panneau contient exactement les deux ingrédients de et ) : trois panneaux. Le premier trace et ses tangentes ; le deuxième trace (croissante) et (décroissante), symétriques l'une de l'autre par rapport à l'axe des ordonnées et passant toutes deux par ; le troisième lit l'exponentielle aux instants entiers.
Pour cette leçon, regardez le panneau 2 en remplaçant par .
- La demi-somme des deux courbes est . En chaque abscisse, prenez le milieu vertical des deux courbes : il vaut en (les deux courbes s'y croisent), puis remonte des deux côtés. La symétrie des deux courbes par rapport à l'axe vertical est la parité de .
- La demi-différence (croissante moins décroissante) est : nulle en , négative à gauche, positive à droite — impaire.
- À droite, la courbe décroissante s'écrase sur l'axe : et deviennent toutes deux « la moitié de la courbe croissante », ce qui est l'équivalent . Numériquement, contre : l'écart, , est la demi-hauteur de la courbe décroissante.
- Le panneau 1 rappelle ; appliqué aux deux morceaux, il donne et sans signe moins.
Ce que la figure ne montre pas : les courbes de , et elles-mêmes, l'asymptote de , et l'hyperbole parcourue par . Il faut se les représenter à partir de cette construction.
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Sources
- BO spécial n°1 du 11 février 2021 — programme de mathématiques de la classe de MPSI
- F. Liret, D. Martinais, Analyse 1re année — Cours et exercices avec solutions, Dunod
- J.-P. Ramis, A. Warusfel (dir.), Mathématiques tout-en-un pour la licence — Niveau L1, Dunod
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