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Chimie · Première · 8 min de lecture

Énergie d'une transformation chimique : signe, sens, calcul

Transformation exothermique/endothermique, énergie molaire de réaction, énergie libérée par une combustion, pouvoir calorifique, bilan énergétique.

Chapitre du programme : Constitution et transformations de la matière

Bloc 1 sur 7 · Comprendre

Comprendre : signe et quantité de référence

Une transformation chimique réorganise la matière et peut échanger de l’énergie avec l’extérieur. Le combustible possède une énergie interne ; le bilan dépend cependant de l’ensemble des réactifs et des produits, de leurs états et des conditions, pas du combustible isolé.

Cadre retenu. On considère un bilan à pression constante, sans travail autre que celui de pression, entre états précisés. La chaleur reçue par le système est alors égale à sa variation d’enthalpie. Une transformation exothermique cède de la chaleur (Qsysteˋme<0Q_{\text{système}}<0) ; une transformation endothermique en reçoit (Qsysteˋme>0Q_{\text{système}}>0). Cela ne suffit pas à prédire sa vitesse, une flamme, un chauffage continu ou une élévation mesurable de température de tout le milieu.

Deux normalisations. Une grandeur molaire de réaction εr\varepsilon_r est rapportée à une mole d’avancement de l’équation telle qu’elle est écrite. Si le coefficient du combustible est νf\nu_f, une mole d’avancement consomme νf\nu_f moles de combustible. Pour une combustion donnée, on peut aussi fournir la chaleur de combustion par mole de combustible, hc<0h_c<0, ou sa valeur libérée positive C=−hcC=-h_c.

À mêmes états et avec les valeurs molaires retenues constantes :

εr=νfhc,ξ=nfνf,Qsysteˋme=ξεr=nfhc.\varepsilon_r=\nu_f h_c,\qquad \xi=\frac{n_f}{\nu_f},\qquad Q_{\text{système}}=\xi\varepsilon_r=n_fh_c.

La chaleur libérée positive vaut donc Elib=nfCE_{\text{lib}}=n_fC. Cette énergie chimique de référence n’est pas automatiquement l’énergie utile reçue par une casserole ou un appareil.

Bloc 2 sur 7 · Approfondir

Approfondir : liaisons, unités et états

Estimer par les liaisons. Les énergies de dissociation de liaisons sont positives et se définissent pour des ruptures en phase gazeuse. Une estimation de bilan s’écrit « énergies de liaisons rompues moins énergies de liaisons formées ». La formation rend de l’énergie ; la rupture demande de l’énergie dans ce bilan. Cela n’interdit pas une rupture locale liée à l’agitation thermique ou à d’autres processus.

Pour un jeu de données fourni D(C−H)=413D(C-H)=413, D(O=O)=495D(O=O)=495, D(C=O dans CO2)=799D(C=O\text{ dans }CO_2)=799 et D(O−H)=467D(O-H)=467, en kJ/mol\mathrm{kJ/mol} de liaisons : le bilan de CH4+2O2→CO2+2H2O(g)\mathrm{CH_4+2O_2\to CO_2+2H_2O(g)} est estimé par 4(413)+2(495)−2(799)−4(467)=−824 kJ/mol4(413)+2(495)-2(799)-4(467)=-824\ \mathrm{kJ/mol} d’avancement. Ce calcul utilise des moyennes et de l’eau gazeuse. Une valeur de combustion donnant de l’eau liquide ne doit pas lui être comparée comme s’il s’agissait exactement des mêmes états.

Changer d’unité de quantité. Si CC est en kJ/mol\mathrm{kJ/mol} et MM en g/mol\mathrm{g/mol}, alors C/MC/M est en kJ/g\mathrm{kJ/g} et Elib=mC/ME_{\text{lib}}=mC/M pour mm en grammes. Si MM est en kg/mol\mathrm{kg/mol}, le pouvoir calorifique massique obtenu est en kJ/kg\mathrm{kJ/kg}. Il est donc valide de multiplier une masse par une énergie massique de bonne unité ; ce qui est faux est d’appeler énergie le produit brut g×kJ/mol\mathrm{g}\times\mathrm{kJ/mol}.

Changer d’équation. Doubler tous les coefficients double εr\varepsilon_r mais pas hch_c par mole de combustible. Pour une même quantité physique consommée, ξ\xi est divisé par deux et le produit ξεr\xi\varepsilon_r reste inchangé.

Une décomposition endothermique peut absorber de la chaleur du milieu, qui se refroidit, ou recevoir un chauffage dans un dispositif. Son signe ne constitue pas une preuve qu’aucun phénomène ne puisse se produire sans un four continuellement alimenté.

Bloc 3 sur 7 · Exemple

Exemple guidé : du propane à la chaleur utile

Dossier de calcul. Une combustion complète idéale consomme 88,088{,}0 g de propane selon C3H8(g)+5O2(g)→3CO2(g)+4H2O(l)\mathrm{C_3H_8(g)+5O_2(g)\to3CO_2(g)+4H_2O(l)}. On donne les valeurs arrondies du dossier : M(C3H8)=44,0 g/molM(\mathrm{C_3H_8})=44{,}0\ \mathrm{g/mol}, M(CO2)=44,0 g/molM(\mathrm{CO_2})=44{,}0\ \mathrm{g/mol} et C=2,22×103 kJ/molC=2{,}22\times10^3\ \mathrm{kJ/mol} de propane. Cette dernière est une valeur de travail arrondie, cohérente avec les données thermochimiques de référence. Les états de départ et d’arrivée sont ceux de la valeur donnée.

1. Compter le combustible. nf=88,0/44,0=2,00n_f=88{,}0/44{,}0=2{,}00 mol. Le coefficient du propane dans l’équation écrite vaut un : l’avancement total est ici 2,002{,}00 mol.

2. Calculer le bilan. Elib=2,00×2220=4440E_{\text{lib}}=2{,}00\times2220=4440 kJ, soit 4,444{,}44 MJ ou environ 1,231{,}23 kWh avec 1 kWh=3600 kJ1\ \mathrm{kWh}=3600\ \mathrm{kJ}. Le système cède cette chaleur dans le modèle : Qsysteˋme=−4440Q_{\text{système}}=-4440 kJ. La valeur molaire de réaction reste −2220 kJ/mol-2220\ \mathrm{kJ/mol} pour l’équation écrite ; elle ne devient pas −4440 kJ/mol-4440\ \mathrm{kJ/mol} parce qu’on a brûlé deux moles.

3. Croiser avec la matière. Une mole de propane forme trois moles de CO2\mathrm{CO_2} : on obtient 6,006{,}00 mol, soit 264264 g avec la masse molaire donnée. La masse de dioxygène consommé fait partie du bilan : les produits ne proviennent pas de la seule masse de propane.

4. Distinguer utile et libéré. Un rendement fictif explicitement donné de 0,7000{,}700 conduirait à 0,700×4440=31080{,}700\times4440=3108 kJ utiles, soit environ 3,113{,}11 MJ. On ne déduit pas ce rendement du seul calcul chimique.

Contrôle. La voie massique donne aussi C/M=2220/44,0≈50,45 kJ/gC/M=2220/44{,}0\approx50{,}45\ \mathrm{kJ/g}, puis 88,0×(2220/44,0)=444088{,}0\times(2220/44{,}0)=4440 kJ, sans obligation d’écrire d’abord un nombre de moles.

Bloc 4 sur 7 · Visualiser

Visualiser : un bilan, pas une vitesse

Le SVG présente deux bilans idéalisés à pression fixée : combustion du méthane avec eau liquide, et décomposition du carbonate de calcium. Les valeurs −890-890 et +178 kJ/mol+178\ \mathrm{kJ/mol} y sont des données de référence pour les équations écrites. Les deux axes verticaux n’ont pas la même échelle ; comparer les hauteurs à l’œil ne compare pas ces valeurs.

Une flèche descendante correspond à un bilan exothermique pour le système ; une flèche montante à un bilan endothermique. Ces niveaux ne dessinent pas une barrière d’activation, ne donnent pas une vitesse et ne prouvent pas à eux seuls le sens d’évolution à toute composition.

Le chauffage du dessin est celui du dispositif modélisé. Son rappel indique qu’à pression fixée le chauffage compense ici l’enthalpie absorbée, sans affirmer qu’aucune transformation endothermique ne puisse recevoir autrement de la chaleur.

Le bandeau de proportionnalité utilise un coefficient molaire en kJ/mol\mathrm{kJ/mol}. Le cartouche corrigé demande donc des moles avec ce coefficient et rappelle l’alternative E=(m/M)CE=(m/M)C en unités cohérentes. Il n’interdit pas toute utilisation d’une masse avec un pouvoir calorifique massique.

Énergie de réaction : diagrammes énergétiques et proportionnalité à la quantité de matière — Deux diagrammes d’enthalpie de réaction côte à côte dans un modèle à pression fixée, seul travail de pression, transferts idéalisés
Énergie de réaction : diagrammes énergétiques et proportionnalité à la quantité de matière · Ouvrir la figure en grand

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Sources

  • OpenStax, Chemistry 2e, 5.3 Enthalpy : https://openstax.org/books/chemistry-2e/pages/5-3-enthalpy
  • OpenStax, Chemistry 2e, 7.5 Strengths of Ionic and Covalent Bonds : https://openstax.org/books/chemistry-2e/pages/7-5-strengths-of-ionic-and-covalent-bonds
  • NIST Chemistry WebBook, Propane, thermochimie gazeuse : https://webbook.nist.gov/cgi/cbook.cgi?ID=C74986&Mask=1

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