Histoire-géographie, géopolitique et sciences politiques · Terminale · 6 min de lecture
Faire la guerre, construire la paix
La dimension politique de la guerre, « continuation de la politique par d’autres moyens » selon Clausewitz, et le modèle de Clausewitz à l’épreuve des « guerres irrégulières » ; le défi de la paix (les traités de Westphalie, 1648 ; la sécurité collective et l’ONU sous les mandats de Kofi Annan, 1997-2006) ; le Moyen-Orient (conflit israélo-arabe et israélo-palestinien ; les deux guerres du Golfe, 1991 et 2003).
Chapitre du programme : Histoire-géographie, géopolitique et sciences politiques (spécialité)
Bloc 1 sur 7 · Comprendre
Comprendre : une relation politique et des acteurs
Un conflit oppose des acteurs dont les objectifs ou les intérêts se heurtent ; tout conflit n’est pas une guerre. Un affrontement armé peut opposer des États, des groupes non étatiques ou plusieurs de ces acteurs, avec des interventions extérieures. Il faut identifier qui combat, pour quels buts, avec quels moyens et à quelles échelles.
La formule de Clausewitz, qui relie guerre et politique, invite à chercher le but poursuivi derrière l’usage de la force. Elle ne rend pas toute violence légitime ni toute conduite entièrement rationnelle. La différence entre moyens militaires et objectifs politiques aide aussi à comprendre qu’une victoire sur le terrain ne garantit pas le règlement du conflit.
La paix ne se réduit pas à l’arrêt des tirs. Sécuriser des populations, négocier des règles acceptables et reconstruire des institutions exigent du temps et des moyens. Cessez-le-feu, accord politique, traité et opération internationale remplissent des fonctions différentes.
Bloc 2 sur 7 · Approfondir
Approfondir : de la négociation à la sécurité collective
Des formes de guerre changeantes. Le parcours allant de la guerre de Sept Ans aux guerres napoléoniennes permet d’étudier les buts politiques, les coalitions et la mobilisation des moyens. Les guerres irrégulières mettent en jeu d’autres organisations et des écarts de moyens : dispersion des combattants, frontières brouillées entre espaces de combat et espaces civils, stratégies transnationales. Al-Qaïda et Daech ne sont ni des États ordinaires ni des organisations identiques ; expliquer leurs objectifs et leurs modes d’action ne revient pas à les justifier. L’asymétrie désigne une relation de moyens et de stratégies, pas une absence de politique.
Négocier un ordre. Les traités de Westphalie de 1648 mettent fin à la guerre de Trente Ans et réorganisent des relations territoriales, politiques et confessionnelles. Plusieurs accords et leur mise en œuvre sont nécessaires ; ils ne font pas disparaître toutes les guerres européennes. La poursuite du conflit franco-espagnol jusqu’en 1659 rappelle qu’une paix a des parties et un périmètre précis. Négocier exige d’identifier les représentants, les intérêts et les garanties, pas seulement de signer un texte.
Organiser une sécurité collective. La Charte de l’ONU vise le maintien de la paix et prévoit des mécanismes de règlement et d’action collective. Le Conseil de sécurité peut décider de mesures ; ses décisions dépendent aussi des rapports politiques entre ses membres. Les règles de vote distinguent procédure et fond ; le vote négatif d’un permanent peut bloquer une décision de fond, alors qu’une abstention ne fonctionne pas comme un veto.
Maintenir la paix n’est pas imposer la paix. Les opérations de maintien de la paix reposent sur le consentement des principales parties, l’impartialité et un recours à la force borné, notamment à la défense du mandat. Les moyens, la coopération locale et la mise en œuvre conditionnent leur action. Les mandats de Kofi Annan, de 1997 à 2006, sont un cadre pour étudier ces possibilités et leurs limites, pas la preuve d’une réussite automatique.
Changer d’échelle au Moyen-Orient. Les conflits israélo-arabe et israélo-palestinien articulent territoires, sécurité, droits et populations ; ils ne se réduisent pas à une opposition religieuse immuable. Les guerres du Golfe de 1991 et de 2003 doivent être distinguées par leur contexte, leurs buts, les acteurs et les débats internationaux. Leurs prolongements permettent d’étudier le passage d’un affrontement interétatique à d’autres formes de conflictualité. Une situation contemporaine exige de dater ses documents : une carte ou un accord ancien ne décrit pas automatiquement l’état présent.
Bloc 3 sur 7 · Exemple
Exemple guidé : que garantit un cessez-le-feu ?
Dossier fictif. Après un conflit, deux délégations acceptent de suspendre les tirs pendant trente jours. Une mission doit observer les incidents ; le texte ne règle ni la question des personnes déplacées ni la composition des institutions futures. Un commentaire annonce : “La paix est définitivement acquise.”
- Identifier l’acquis. La suspension négociée des tirs est un engagement utile, dont il faut vérifier le respect. Elle n’est pas, à elle seule, un règlement politique complet.
- Chercher les conditions de mise en œuvre. Quels groupes obéissent aux délégations ? Les observateurs peuvent-ils accéder aux lieux concernés ? Comment les incidents sont-ils documentés et traités ? Un accord des dirigeants ne garantit pas tous les consentements locaux.
- Distinguer les problèmes. Retour des personnes déplacées, sécurité, justice et institutions demandent des dispositions propres. Le silence du texte ne prouve ni leur résolution ni leur impossibilité.
- Conclure avec mesure. “Un cessez-le-feu ouvre une possibilité de négociation ; sa durée et le règlement durable restent à construire.” La mission d’observation ne peut être créditée à l’avance d’un résultat qui dépend de son mandat, de ses moyens et du comportement des parties.
Bloc 4 sur 7 · Visualiser
Visualiser : plusieurs étapes, plusieurs instruments
| Instrument | Fonction possible | Limite à examiner |
|---|---|---|
| Cessez-le-feu | Suspendre les combats dans un cadre donné | Respect effectif et périmètre des signataires |
| Négociation et traité | Définir des engagements et des règles | Représentation, garanties et mise en œuvre |
| Mesures de sécurité collective | Répondre ensemble à une menace | Décision politique et moyens disponibles |
| Maintien de la paix | Soutenir un processus et un mandat | Consentement, accès, moyens, protection des civils |
| Reconstruction politique et sociale | Rendre un règlement durable | Institutions, droits, ressources et confiance |
Il ne s’agit pas d’une succession automatique : plusieurs instruments peuvent être utilisés simultanément et des retours à la violence restent possibles.
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Sources
- Éducation nationale — Programme HGGSP de terminale : https://www.education.gouv.fr/bo/19/Special8/MENE1921254A.htm
- Université de Perpignan — Digithèque des traités de Westphalie : https://mjp.univ-perp.fr/traites/1648westphalie.htm
- Nations unies — Chapitre VII de la Charte : https://www.un.org/fr/about-us/un-charter/chapter-7
- Nations unies — Principes du maintien de la paix : https://peacekeeping.un.org/fr/principles-of-peacekeeping
- Nations unies — Informations de vote au Conseil de sécurité : https://research.un.org/fr/docs/sc/voting
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