Humanités, littérature et philosophie · Première · 4 min de lecture
Les pouvoirs de la parole : art, autorité, séduction
Étudier le rôle du langage et de la parole dans les sociétés humaines, de l'Antiquité à l'Âge classique : l'art de la parole (rhétorique, genres et parties du discours), l'autorité de la parole, les séductions de la parole.
Chapitre du programme : Humanités, littérature et philosophie
Bloc 1 sur 7 · Comprendre
Comprendre : trois questions sur une même parole
Le programme de première étudie les pouvoirs de la parole selon trois entrées : l’art de la parole, l’autorité de la parole et les séductions de la parole. Elles permettent d’examiner un même discours sous plusieurs angles ; ce ne sont pas trois boîtes exclusives.
L’art porte notamment sur les choix de composition, de mots et de présentation. L’autorité concerne les conditions dans lesquelles une parole est reçue comme digne de crédit ou capable de faire agir : fonction de l’orateur, compétence, institutions, preuves. La séduction concerne les effets d’attrait, d’émotion ou d’identification. Une émotion peut soutenir une argumentation ; elle ne prouve pas sa conclusion et n’est pas toujours une tromperie.
Le cadre de référence va de l’Antiquité à l’âge classique. Cet ancrage historique n’interdit pas les comparaisons avec d’autres époques et cultures, explicitement permises par le programme.
Bloc 2 sur 7 · Approfondir
Approfondir : rhétorique et examen critique
Dans De l’invention, Cicéron distingue trois genres de causes : démonstratif, tourné vers l’éloge ou le blâme ; délibératif, vers une décision à prendre ; judiciaire, vers l’accusation et la défense. Ces catégories éclairent des fonctions du discours. Un discours réel peut combiner plusieurs fonctions : un hommage peut préparer une décision.
Cicéron présente aussi six parties : exorde, narration, division, confirmation, réfutation et conclusion. Il s’agit d’un modèle rhétorique situé, non d’un plan obligatoire de tout texte ou de toute prise de parole actuelle. Il distingue même l’ordre de recherche des arguments de leur ordre de présentation.
Évaluer un discours exige de séparer le statut de celui qui parle, les raisons apportées et les effets produits. Une personne compétente peut se tromper ; une parole agréable peut être vraie ; une affirmation peu séduisante peut être mal justifiée. Aucun de ces indices ne dispense de l’examen du contenu.
Bloc 3 sur 7 · Exemple
Exemple guidé : examiner une proposition publique
Dossier fictif. Dans un conseil de quartier, une habitante déclare : « Lors de la crue, mon atelier a été inondé. Tout le monde approuve donc mon projet. Réservons une partie du budget à des protections, afin que personne ne revive cette peur. » Le dossier ne contient ni enquête auprès des habitants ni estimation du coût.
1. Distinguer les appuis. Le témoignage porte sur une expérience vécue ; il ne suffit pas à établir l’accord de tous. La proposition budgétaire concerne une décision future. L’évocation de la peur cherche à rendre le risque sensible.
2. Croiser les entrées. La progression du témoignage vers la proposition relève de la composition ; l’expérience de la locutrice peut contribuer à son crédit ; l’émotion intervient dans l’appel final. Ces observations peuvent coexister sans classer tout le passage dans une catégorie unique.
3. Chercher ce qui manque. On peut reconnaître la souffrance exprimée tout en demandant une consultation et une comparaison des coûts et de l’efficacité. L’insuffisance d’une généralisation ne prouve pas que le projet est mauvais ; elle indique quelles raisons supplémentaires il faudrait examiner.
Bloc 4 sur 7 · Visualiser
Visualiser : quatre éléments à ne pas confondre
| Élément du dossier | Question d’analyse |
|---|---|
| Expérience de la crue | Que permet d’attester ce témoignage précis ? |
| Accord de tous annoncé | Quelle enquête ou quel relevé le justifie ? |
| Répartition du budget | Quels choix et quelles conséquences comparer ? |
| Évocation de la peur | Quel effet est recherché sur l’auditoire ? |
Cette grille relie des indices à des questions. Elle ne déclare ni toute émotion illégitime ni tout témoignage suffisant. Il faut revenir aux formulations et au contexte.
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Sources
- Programme HLP première, BO 2019 : https://eduscol.education.gouv.fr/sites/default/files/document/spe578annexe1063002pdf-83919.pdf
- Cicéron, De inventione I, 7 et 19, texte latin : https://www.thelatinlibrary.com/cicero/inventione1.shtml
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