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Management, sciences de gestion et numérique · Terminale · 4 min de lecture

Accepter une commande supplémentaire : le raisonnement au coût marginal

Mesurer l’impact d’une commande supplémentaire sur le résultat : la commande est intéressante si son prix couvre son coût marginal (coût des seules unités supplémentaires, charges fixes inchangées dans la structure existante).

Chapitre du programme : enseignement spécifique de gestion et finance — thème 3 : Accompagner la prise de décision

Bloc 1 sur 7 · Comprendre

Comprendre : seul compte ce que la commande ajoute

Un client propose une commande supplémentaire, souvent à un prix plus bas que d’habitude. Faut-il l’accepter ?

La bonne question n’est pas « ce prix couvre-t-il le coût complet ? », mais « de combien la commande change-t-elle le résultat ? ».

Si l’entreprise peut produire avec ses capacités actuelles, ses charges fixes existantes ne changent pas : elles sont payées, que la commande soit acceptée ou non. Ce que la commande ajoute, c’est son coût marginal : le coût des seules unités supplémentaires, c’est-à-dire leurs charges variables, plus d’éventuelles charges fixes nouvelles qu’elle rend nécessaires (louer un équipement, par exemple).

La commande est intéressante si son prix couvre ce coût marginal.

Bloc 2 sur 7 · Approfondir

Approfondir : le calcul et l’erreur du coût complet

Le calcul.

Δreˊsultat=quantiteˊ×(prix−couˆt variable unitaire)−charges fixes suppleˊmentaires.\Delta \text{résultat} = \text{quantité} \times (\text{prix} - \text{coût variable unitaire}) - \text{charges fixes supplémentaires}.

C’est la marge sur coût variable de la commande, diminuée des charges fixes qu’elle crée.

L’erreur classique. Le coût complet unitaire (coût variable unitaire + charges fixes actuelles ÷ production actuelle) contient une part de charges fixes que la commande ne fait pas varier. Comparer le prix à ce coût complet revient à faire supporter à la commande des charges fixes qui existent déjà et qu’elle ne fait pas varier. Ce raisonnement donne un montant faux et peut conduire à refuser une commande qui augmente le résultat.

Les limites. Le raisonnement suppose que la commande ne dépasse pas les capacités existantes, sauf charges nouvelles chiffrées, et qu’elle ne perturbe pas les ventes habituelles. Si l’une de ces conditions tombe, il faut ajouter au calcul ce qu’elle coûte.

Bloc 3 sur 7 · Exemple

Exemple guidé : choisir entre deux commandes

Dossier fictif, montants hors taxes. Un atelier dispose d'une capacité supplémentaire de 500500 unités sur la période. Son coût variable est 2020 € par unité et ses charges fixes existantes, déjà engagées, ne changent pas. Deux commandes sont proposées : elles sont indivisibles, leur exécution est certaine dans ce modèle et l'atelier ne peut pas sous-traiter.

Tableau : Commande, Quantité, Prix unitaire, Charges fixes nouvelles propres à la commande
CommandeQuantitéPrix unitaireCharges fixes nouvelles propres à la commande
A420 unités34 €1 800 €
B300 unités36 €1 200 €

Calculer les effets séparés. A ajouterait 420×(34−20)−1 800=4 080420\times(34-20)-1\,800=4\,080 € au résultat. B ajouterait 300×(36−20)−1 200=3 600300\times(36-20)-1\,200=3\,600 €. Les charges fixes existantes ne sont pas retranchées une seconde fois, car elles sont les mêmes avec ou sans ces commandes.

Vérifier la capacité avant d'additionner. Les deux commandes demanderaient 420+300=720420+300=720 unités, au-delà des 500500 disponibles. Le gain de 4 080+3 600=7 6804\,080+3\,600=7\,680 € n'est donc pas réalisable dans ce dossier.

Décider sous les hypothèses données. Chacune peut être réalisée seule. A apporte le gain le plus élevé, 480480 € de plus que B ; elle est donc retenue si le seul critère est le résultat de cette période. Son prix unitaire inférieur ne suffit pas à la rendre moins intéressante.

Portée. Cette conclusion ne vaut pas automatiquement si les commandes deviennent fractionnables, si leur risque diffère ou si un autre objectif intervient. Le calcul marginal éclaire une décision dans un contexte : il ne remplace pas la lecture de ses contraintes.

Bloc 4 sur 7 · Visualiser

Visualiser : avec ou sans la commande

Tableau : Sans la commande, Avec la commande, Écart
Sans la commandeAvec la commandeÉcart
Ventes de la commande0 €24 000 €+24 000 €
Coûts variables de la commande0 €18 000 €+18 000 €
Charges fixes existantes60 000 €60 000 €0 €
Charges fixes supplémentaires0 €2 000 €+2 000 €
Effet sur le résultat+4 000 €

La ligne des charges fixes existantes a un écart nul : c’est pourquoi elle ne doit pas entrer dans le calcul.

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Sources

  • Arrêté du 19-7-2019, BO spécial n°8 du 25 juillet 2019 (NOR MENE1921262A) — annexe 2, programme de management, sciences de gestion et numérique de terminale STMG (https://eduscol.education.fr/document/25018/download) — gestion et finance, thème 3, question 3.4 (capacité : « mesurer l’impact d’une commande supplémentaire sur le résultat de l’entreprise »)
  • Arrêté du 19-7-2019, BO spécial n°8 du 25 juillet 2019 (NOR MENE1921262A) — annexe 2, programme de management, sciences de gestion et numérique de terminale STMG (https://eduscol.education.fr/document/25018/download) — gestion et finance, thème 3, question 3.4 (coûts partiels : charges variables, charges fixes)

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