Philosophie · Terminale · 5 min de lecture
La conscience : se savoir soi-même
Interroger la notion de conscience : conscience de soi, certitude de soi, identité personnelle, limites de la transparence à soi.
Chapitre du programme : Philosophie — enseignement commun
Bloc 1 sur 7 · Comprendre
Comprendre : éprouver et réfléchir sur soi
La conscience psychologique désigne notre rapport à ce que nous éprouvons, percevons ou pensons. On peut distinguer une expérience vécue et le retour réflexif par lequel on la prend pour objet : regarder une scène et se demander comment on la regarde ne sont pas la même activité. Cette distinction n’impose pas que toute expérience commence par une réflexion explicite.
La conscience morale concerne l’évaluation de nos actes en termes de bien, de mal ou de devoir. Se rendre compte qu’on ment n’est pas encore juger ce mensonge, et le juger mauvais ne suffit pas à s’en empêcher.
La question centrale est celle de la connaissance de soi : avoir un accès à sa pensée permet-il de connaître complètement ses motifs, son histoire et son identité ?
Bloc 2 sur 7 · Approfondir
Approfondir : certitude de penser et connaissance de soi
Dans la quatrième partie du Discours de la méthode, Descartes pousse le doute jusqu’aux sens et aux raisonnements. L’acte même de douter suppose cependant que celui qui pense soit : « je pense, donc je suis ». Cette certitude ne fournit pas, à elle seule, un portrait complet de la personne. Descartes développe ensuite une thèse sur la substance pensante ; il ne faut donc pas prétendre qu’il renonce à toute question sur ce qu’est le moi.
Dans la préface des Nouveaux essais, Leibniz distingue les perceptions et leur aperception : des impressions peuvent contribuer à une expérience sans être remarquées séparément. Il l’illustre par le bruit d’ensemble de la mer. C’est une thèse de son système philosophique, pas l’énoncé d’un seuil expérimental universel.
Freud, dans Une difficulté de la psychanalyse, soutient que l’accès conscient à la vie psychique est incomplet. On peut comparer cette limite à celle discutée par Leibniz, sans identifier les petites perceptions à la théorie psychanalytique du refoulement.
Bloc 3 sur 7 · Exemple
Exemple guidé : trois conclusions sur un carnet
Dossier fictif. Iris écrit : « Je doute de l’exactitude de mon souvenir. » Elle retrouve ensuite deux carnets : l’un atteste qu’elle avait choisi une activité, l’autre indique qu’elle hésitait et voulait faire plaisir à une amie. Aujourd’hui, elle se décrit comme ayant toujours choisi seule, sans hésitation.
1. Distinguer les objets. Le doute actuel est un acte de pensée. Dans le raisonnement cartésien étudié, cet acte ne peut établir que celle qui pense n’existe pas pendant qu’elle pense. Il ne garantit pas la vérité du souvenir.
2. Examiner l’inférence. Les carnets donnent des éléments qui contestent « toujours, seule, sans hésitation ». Ils ne prouvent pas que chaque choix d’Iris était imposé ni que les carnets disent toute la vérité. Il faut interpréter leurs circonstances et les comparer à d’autres traces.
3. Problématiser. Être consciente de son jugement présent ne rend pas infaillible sur son passé ou ses motifs. Mais l’erreur sur un souvenir ne supprime pas toute connaissance de soi : la comparaison des traces permet de réviser une description. Le dossier distingue certitude d’un acte et enquête sur une personne ; il ne démontre aucune théorie clinique.
Bloc 4 sur 7 · Visualiser
Visualiser : trois niveaux à ne pas confondre
| Question | Élément du dossier | Conclusion limitée |
|---|---|---|
| Y a-t-il une pensée actuelle ? | Iris doute | Le doute est lui-même un acte de pensée |
| Le souvenir est-il exact ? | Carnets divergents | Il faut examiner les traces et leur contexte |
| Tous les motifs sont-ils connus ? | Description présente contredite | La description de soi est révisable |
Une flèche allant directement de « je pense » à « je sais tout de moi » sauterait deux problèmes. La conscience donne un point de départ à l’enquête ; elle n’en fournit pas automatiquement toutes les réponses.
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Sources
- Programme de philosophie, terminale générale, BO du 25 juillet 2019 : https://eduscol.education.gouv.fr/sites/default/files/document/spe238annexe11159159pdf-83640.pdf
- Descartes, Discours de la méthode, quatrième partie, édition Cousin : https://fr.wikisource.org/wiki/Discours_de_la_méthode_(éd._Cousin)/Quatrième_partie
- Leibniz, Nouveaux essais sur l’entendement humain, préface, édition Alcan 1900 : https://fr.wikisource.org/wiki/Œuvres_philosophiques_de_Leibniz,_Alcan,_1900/Nouveaux_essais_sur_l’entendement_humain/Préface
- Freud, Eine Schwierigkeit der Psychoanalyse, Imago 1917, texte allemand : https://www.gutenberg.org/files/29097/29097-h/29097-h.htm
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