Philosophie · Terminale · 4 min de lecture
La justice : le juste, le légal et l'équitable
Interroger la notion de justice : juste et légal, égalité et équité, justice comme idéal et comme institution.
Chapitre du programme : Philosophie — enseignement commun
Bloc 1 sur 7 · Comprendre
Comprendre : un idéal et une institution
La justice est une notion commune aux voies générale et technologique : elle figure parmi les sept notions de la voie technologique et parmi les dix-sept de la voie générale.
Le mot a deux sens :
- la justice comme idéal : ce qui est juste, ce que chacun mérite ;
- la justice comme institution : les tribunaux, les juges, les lois qui tranchent les conflits.
Deux distinctions guident la réflexion :
- juste / légal : est légal ce que la loi autorise ; est juste ce qui mérite d'être fait. Une loi peut être injuste ;
- égalité / équité : l'égalité traite tout le monde de la même façon ; l'équité tient compte des situations.
Le problème. Si la justice n'est que ce que disent les lois, on ne pourrait jamais critiquer une loi. Mais si elle est au-dessus des lois, qui décide de ce qui est juste ?
Bloc 2 sur 7 · Approfondir
Approfondir : trois thèses d'auteurs du programme
Aristote — l'équité corrige la loi. Au livre V de l'Éthique à Nicomaque, consacré à la justice, Aristote distingue le juste selon la loi et l'équitable. La loi est générale : elle ne peut pas prévoir tous les cas. Quand son application à la lettre trahirait son intention, l'équité la corrige.
Bentham — le plus grand bonheur du plus grand nombre. Dans la préface du Fragment sur le gouvernement (1776), Bentham fait du plus grand bonheur du plus grand nombre la mesure du juste et de l'injuste. Une loi est juste si elle augmente le bonheur total.
Rawls — le voile d'ignorance. Dans Théorie de la justice (1971), Rawls soutient que les principes de la justice sont ceux que choisiraient des personnes placées sous un voile d'ignorance, ignorant la place qu'elles occuperont dans la société. Ne sachant pas si je serai riche ou pauvre, je choisirai des règles acceptables pour tous.
Bloc 3 sur 7 · Exemple
Exemple : « Faut-il traiter tout le monde également ? »
Premier moment. L'égalité semble la forme même de la justice : la même loi pour tous, sans privilège.
Deuxième moment. Mais appliquer la même règle à des situations très différentes peut produire une injustice. Aristote le montre : la loi, parce qu'elle est générale, manque certains cas, et l'équité doit la corriger.
Troisième moment. Faut-il alors s'en remettre au calcul du bonheur total (Bentham) ? Le risque est de sacrifier quelques-uns au bonheur du plus grand nombre. Le voile d'ignorance de Rawls propose une autre voie : des règles que chacun accepterait sans savoir quelle sera sa place.
Le repère identité / égalité / différence permet de conclure : l'égalité n'est pas l'identité de traitement ; elle peut exiger de tenir compte des différences.
Bloc 4 sur 7 · Visualiser
Visualiser : trois critères du juste
| Auteur | Œuvre et passage | Critère du juste |
|---|---|---|
| Aristote | Éthique à Nicomaque, livre V | l'équité, qui corrige la généralité de la loi |
| Bentham | Fragment sur le gouvernement (1776), préface | le plus grand bonheur du plus grand nombre |
| Rawls | Théorie de la justice (1971) | les principes choisis sous un voile d'ignorance |
| Distinction | Premier terme | Second terme |
|---|---|---|
| juste / légal | ce qui mérite d'être fait | ce que la loi autorise |
| égalité / équité | même traitement pour tous | traitement qui tient compte des situations |
Continuez sur votre lancée
Vous avez découvert l’essentiel et un exemple. Retrouvez la suite du cours et les points à retenir, puis passez à l’entraînement guidé dans votre compte.
- Les formules et les repères à retenir
- Les erreurs fréquentes expliquées
- Un exercice avec des aides et sa correction
L’accès gratuit comprend les cours et exercices de votre niveau choisi.
Sources
- BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019 — annexes 1 et 2, programmes de philosophie de terminale générale et technologique, « Notions » (la justice) et « Repères »
- Aristote, Éthique à Nicomaque, livre V ; J. Bentham, Fragment sur le gouvernement (1776), préface — textes du domaine public
- J. Rawls, Théorie de la justice (1971)
Vous pensez avoir trouvé une erreur dans cette leçon ? Signalez-la par e-mail.