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Philosophie · Terminale · 5 min de lecture

La liberté : faire ce que l'on veut, ou se donner sa loi ?

Interroger la notion de liberté : libre arbitre et déterminisme, liberté et loi, liberté politique.

Chapitre du programme : Philosophie — enseignement commun

Bloc 1 sur 7 · Comprendre

Comprendre : agir, choisir et vivre sous des lois

La liberté peut désigner une possibilité d’agir sans entrave, la maîtrise de ses décisions ou des libertés garanties dans une société. Le libre arbitre pose la question de la détermination de la volonté ; toutes les théories de la liberté ne supposent pas une volonté sans causes.

Une obligation s’adresse à un sujet auquel une règle demande d’agir ; une contrainte impose ou empêche matériellement une conduite. Les deux peuvent être associées : une obligation juridique ne cesse pas d’exister lorsque la personne la désapprouve, et la menace d’une sanction ne suffit pas à rendre la règle légitime.

Le problème est de savoir si une règle diminue toujours la liberté ou si certaines règles en garantissent les conditions.

Bloc 2 sur 7 · Approfondir

Approfondir : trois problèmes, trois arguments

Spinoza critique, dans l’Éthique III, scolie de la proposition 2, le passage du sentiment de décider à l’affirmation d’une volonté indépendante de toute cause. Le seul sentiment de liberté ne tranche donc pas le problème.

Rousseau, dans Du contrat social I, chapitre VIII, distingue liberté naturelle, civile et morale. Il oppose la dépendance au seul appétit à l’obéissance à une loi que l’on s’est prescrite. Cela ne légitime ni tout ordre existant ni le caprice individuel : le problème politique concerne les conditions d’une loi commune légitime, distincte de chaque préférence particulière.

Mill, dans On Liberty I, défend une limite à la coercition : prévenir un tort à autrui, plutôt qu’imposer à un individu ce que d’autres jugent bon pour lui. Il vise les personnes ayant atteint la maturité de leurs facultés et distingue explicitement les enfants ; ce n’est pas une règle universelle d’absence de protection. Ses exclusions historiques de certaines sociétés sont contestables et ne sont pas reprises comme norme. Le principe demande aussi de discuter ce qui compte comme tort, obligation envers autrui et coercition.

Bloc 3 sur 7 · Exemple

Exemple guidé : une règle commune peut-elle libérer ?

Dossier fictif. Un atelier partagé accueille des adultes capables de décider. Sans règle, certains occupent toutes les machines. Une proposition limite la réservation à deux créneaux par personne, avec une procédure de contestation et révision. Une seconde interdirait la couleur préférée d’une participante, uniquement parce que la majorité la trouve laide ; aucun tort à autrui n’est avancé.

1. Distinguer les effets. La limite des créneaux réduit une possibilité immédiate pour certains, mais peut garantir à chacun un accès effectif. Elle n’est donc pas décrite complètement par « il y a une limite, donc il n’y a plus de liberté ».

2. Examiner la légitimité. La participation, l’égalité des conditions, les besoins particuliers et les recours demandent examen. Un vote majoritaire ne suffit pas, à lui seul, à prouver que toute règle est juste. Ce petit atelier éclaire une question ; il n’est pas assimilé au contrat social de Rousseau.

3. Opposer une limite au pouvoir collectif. Dans la seconde proposition, le seul déplaisir esthétique des autres ne fournit pas le tort invoqué par le principe de Mill. Cela ne prouve pas que tout usage d’une machine serait sans conséquence : les effets doivent être précisés, pas supposés.

Conclusion conditionnelle. Une règle peut soutenir des possibilités communes sans que toute règle soit libératrice. Il faut expliquer ce qu’elle protège, à qui elle s’applique et comment elle peut être discutée.

Bloc 4 sur 7 · Visualiser

Visualiser : une même règle sous plusieurs questions

Tableau : Question, Limite des créneaux, Interdiction esthétique
QuestionLimite des créneauxInterdiction esthétique
Qu’empêche-t-elle ?Réserver sans borneChoisir une couleur
Quel intérêt d’autrui est invoqué ?Accès aux machinesAucun tort indiqué
Quelles garanties examiner ?Révision, égalité, besoinsJustification de la coercition

Le tableau compare des raisons, non des verdicts juridiques. Une préférence minoritaire n’est pas illégitime du seul fait qu’elle déplaît ; une exigence de protection ne dispense pas de justifier la mesure choisie.

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Sources

  • Programme de philosophie, terminale générale, BO du 25 juillet 2019 : https://eduscol.education.gouv.fr/sites/default/files/document/spe238annexe11159159pdf-83640.pdf
  • Programme de philosophie, terminale technologique, BO du 25 juillet 2019 : https://eduscol.education.gouv.fr/sites/default/files/document/spe238annexe21159161pdf-83643.pdf
  • Spinoza, Éthique, partie III, scolie de la proposition 2, traduction Saisset 1861 : https://fr.wikisource.org/wiki/Éthique_(Saisset,_1861)/Partie_III
  • Rousseau, Du contrat social, livre I, chapitre VIII, édition Beaulavon 1903 : https://fr.wikisource.org/wiki/Du_contrat_social_(Édition_Beaulavon_1903)/Texte_entier
  • Mill, On Liberty, chapitre I : https://www.gutenberg.org/files/34901/34901-h/34901-h.htm

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