Philosophie · Terminale · 4 min de lecture
Le bonheur : plaisir du moment ou fin de toute une vie ?
Interroger la notion de bonheur : plaisir, satisfaction et souverain bien ; le bonheur comme fin de l'existence et son rapport à la morale.
Chapitre du programme : Philosophie — enseignement commun
Bloc 1 sur 7 · Comprendre
Comprendre : plaisir, satisfaction, bonheur
Le bonheur est une notion du programme de la voie générale ; il ne figure pas parmi les sept notions de la voie technologique.
Trois mots se ressemblent et doivent être distingués :
- le plaisir est un état agréable, lié à un moment et souvent au corps ;
- la satisfaction est l'apaisement d'un désir précis, qui renaît ensuite ;
- le bonheur désigne un état durable, qui concerne la vie dans son ensemble.
Le problème. Tout le monde veut être heureux, mais personne ne s'accorde sur ce qu'est le bonheur. Faut-il le chercher dans l'accumulation des plaisirs, ou dans une manière de vivre ? Et peut-on faire du bonheur la règle de l'action morale ?
Bloc 2 sur 7 · Approfondir
Approfondir : trois thèses d'auteurs du programme
Aristote — le bonheur, souverain bien. Au livre I de l'Éthique à Nicomaque, Aristote soutient que le bonheur est le souverain bien : la seule fin que nous recherchons toujours pour elle-même, et jamais en vue d'autre chose. On veut la richesse pour autre chose ; on ne veut pas le bonheur pour autre chose.
Épicure — le plaisir comme absence de trouble. Dans la Lettre à Ménécée, Épicure fait du plaisir le principe et la fin de la vie heureuse. Mais ce plaisir est l'absence de douleur dans le corps et de trouble dans l'âme, non la course aux jouissances. Il ajoute que la mort n'est rien pour nous : la craindre, c'est se troubler pour rien.
Bentham — le bonheur comme mesure du juste. Dans la préface du Fragment sur le gouvernement (1776), Bentham fait du plus grand bonheur du plus grand nombre la mesure du juste et de l'injuste. Le bonheur n'est plus seulement mon affaire : il devient un critère pour juger les lois.
Bloc 3 sur 7 · Exemple
Exemple : « Le bonheur est-il la somme des plaisirs ? »
Ce que la question suppose. Que le bonheur se compte : plus de plaisirs, plus de bonheur.
Premier moment. Il semble que oui : une vie sans aucun plaisir paraît difficilement heureuse.
Deuxième moment. Mais Épicure, qui fait pourtant du plaisir le principe de la vie heureuse, le définit par l'absence de douleur et de trouble : certains plaisirs entraînent plus de peines qu'ils n'en valent. Il faut donc choisir ses plaisirs, et non les additionner.
Troisième moment. Aristote déplace la question : le bonheur est la fin de toute une vie, non la somme de ses moments. Le repère principe / cause / fin permet de le dire : le bonheur n'est pas un plaisir parmi d'autres, mais ce en vue de quoi nous agissons.
Bloc 4 sur 7 · Visualiser
Visualiser : trois conceptions du bonheur
| Auteur | Œuvre et passage | Le bonheur, c'est… |
|---|---|---|
| Aristote | Éthique à Nicomaque, livre I | le souverain bien, fin recherchée pour elle-même |
| Épicure | Lettre à Ménécée | une vie de plaisir, compris comme absence de douleur et de trouble |
| Bentham | Fragment sur le gouvernement (1776), préface | le critère du juste : le plus grand bonheur du plus grand nombre |
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Sources
- BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019 — annexe 1, programme de philosophie de terminale générale, « Notions » (le bonheur) et « Repères »
- Épicure, Lettre à Ménécée ; Aristote, Éthique à Nicomaque, livre I — textes du domaine public
- J. Bentham, Fragment sur le gouvernement (1776), préface — texte du domaine public
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