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Santé et social · Première · 4 min de lecture

Mesurer l’état de santé : incidence et prévalence

Mobiliser l’indicateur adapté pour décrire l’état de santé d’une population : taux d’incidence (nouveaux cas apparus pendant une période, rapportés à la population) et prévalence (ensemble des cas, anciens et nouveaux, rapportés à la population) ; calculer ces indicateurs et les exprimer pour 1 000 ou pour 100 000 habitants, ou en pourcentage.

Chapitre du programme : Sciences et techniques sanitaires et sociales

Bloc 1 sur 7 · Comprendre

Comprendre : pourquoi des indicateurs ?

Le programme de sciences et techniques sanitaires et sociales part d’une nécessité : mesurer l’état de santé d’une population, pour repérer ses besoins et envisager des actions adaptées. Un indicateur résume une situation par un nombre. Sa comparaison exige des définitions, des périodes et des méthodes de recueil compatibles ; rapporter les cas à la population ne neutralise pas à lui seul les différences d’âge ou de dépistage.

Deux indicateurs de l’épidémiologie répondent à deux questions différentes :

  • Combien de personnes tombent malades ? C’est l’incidence : les nouveaux cas apparus pendant une période donnée, dans une population déterminée.
  • Combien de personnes sont malades ? C’est la prévalence : tous les cas présents dans la population, sans distinction entre anciens et nouveaux, à un moment précis (ou sur une période).

Bloc 2 sur 7 · Approfondir

Approfondir : des nombres aux taux

Un nombre de cas seul ne permet pas de comparer une grande ville et un village. Pour le taux brut annuel simplifié étudié ici, on le rapporte à une population supposée stable pendant l’année, représentant le dénominateur de référence :

taux d’incidence=nouveaux cas pendant la peˊriodepopulation×100 000,\text{taux d’incidence} = \dfrac{\text{nouveaux cas pendant la période}}{\text{population}} \times 100\,000,

exprimé en nouveaux cas pour 100 000 habitants (par an, si la période est l’année) ;

preˊvalence=cas preˊsents aˋ la date choisiepopulation×1000,\text{prévalence} = \dfrac{\text{cas présents à la date choisie}}{\text{population}} \times 1000,

exprimée ici en cas pour 1000 habitants ; on la donne aussi en pourcentage.

Le facteur (100 000100\,000, 10001000 ou 100100) ne change pas la mesure : il rend le nombre lisible. Il faut toujours l’écrire avec le résultat.

Cette convention n’est pas la seule mesure de l’incidence. Une densité d’incidence utilise le temps cumulé de suivi des personnes exposées au risque (personnes-années) ; un risque d’apparition sur une période se rapporte aux personnes non malades au départ. Il ne faut pas confondre ces dénominateurs. Le nombre de premiers diagnostics est ici l’événement enregistré ; il ne date pas nécessairement le début biologique de la maladie.

Lien entre les deux. Pour une maladie qui dure longtemps (maladie chronique), les cas s’accumulent : la prévalence peut être grande même si l’incidence de l’année est faible.

Bloc 3 sur 7 · Exemple

Exemple guidé (commune fictive)

Une commune fictive compte 12 50012\,500 habitants, effectif supposé stable pendant l’année. Pour une maladie chronique, 3030 personnes ont été diagnostiquées pour la première fois dans l’année ; au 31 décembre, 410410 habitants sont atteints, y compris ces 3030 nouveaux malades.

  • Incidence : on ne prend que les 3030 nouveaux cas.
3012 500×100 000=240 nouveaux cas pour 100 000 habitants (dans l’anneˊe).\dfrac{30}{12\,500} \times 100\,000 = 240 \text{ nouveaux cas pour } 100\,000 \text{ habitants (dans l’année)}.
  • Prévalence au 31 décembre : on prend les 410410 cas présents.
41012 500×1000=32,8 cas pour 1000 habitants, soit 3,28 %.\dfrac{410}{12\,500} \times 1000 = 32{,}8 \text{ cas pour } 1000 \text{ habitants, soit } 3{,}28\ \%.

Bloc 4 sur 7 · Visualiser

Visualiser : le robinet et la baignoire

Une image pour fixer les idées (ce n’est qu’une image) :

Tableau : Image, Indicateur, Ce que l’on compte
ImageIndicateurCe que l’on compte
l’eau qui entre par le robinet pendant l’annéeincidenceles nouveaux cas de la période
l’eau présente dans la baignoire à une dateprévalencetous les cas présents, anciens et nouveaux
l’eau qui sort par la bonde—les personnes qui ne sont plus malades (guérison) ou qui sont décédées

Si les cas durent longtemps et si les sorties (dont les décès) sont peu nombreuses, l’eau sort lentement dans cette image : à population et définition des cas constantes, un excédent des entrées sur les sorties augmente le nombre de cas présents et leur proportion. Des migrations et changements de dénominateur peuvent modifier ce bilan ; le schéma simplifie ces mouvements.

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Sources

  • Insee — Taux d’incidence : https://www.insee.fr/fr/metadonnees/definition/c1060
  • Santé publique France — Bulletin épidémiologique, méthodes de calcul incidence et prévalence : https://beh.santepubliquefrance.fr/beh/2018/8-9/2018_8-9_1.html
  • DREES — La morbidité hospitalière, définitions et méthodes : https://www.drees.solidarites-sante.gouv.fr/ressources-et-methodes/la-morbidite-hospitaliere-definitions-et-methodes

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