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Sciences économiques et sociales · Seconde · 5 min de lecture

Chiffre d’affaires, valeur ajoutée, bénéfice

Connaître et calculer les principaux indicateurs de création de richesses de l’entreprise : chiffre d’affaires (montant hors taxes des ventes), valeur ajoutée (production diminuée des consommations intermédiaires), bénéfice.

Chapitre du programme : Science économique

Bloc 1 sur 7 · Comprendre

Comprendre : trois indicateurs, trois questions

Pour savoir ce qu’une entreprise produit et gagne, on utilise trois indicateurs qui répondent à trois questions différentes.

  • Combien a-t-elle vendu ? C’est le chiffre d’affaires : selon l’INSEE, le montant des affaires, hors taxes, réalisées par l’entreprise avec les tiers dans son activité normale et courante.
  • Quelle richesse a-t-elle créée ? C’est la valeur ajoutée : selon l’INSEE, la valeur de la production diminuée de la consommation intermédiaire, c’est-à-dire des biens et services transformés ou entièrement consommés au cours de la production (matières premières, énergie, emballages, services achetés).
  • Que lui reste-t-il ? C’est le bénéfice : ce qui reste à l’entreprise une fois payées toutes ses charges.
valeur ajouteˊe=production−consommations intermeˊdiaires.\text{valeur ajoutée} = \text{production} - \text{consommations intermédiaires}.

La valeur ajoutée se calcule sur la production, pas sur les ventes. Dans cette leçon, comme dans l’exercice, on suppose que toute la production de l’année est vendue : production et chiffre d’affaires sont alors égaux. Sous cette hypothèse, le chiffre d’affaires dépasse la valeur ajoutée dès que l’entreprise achète quelque chose pour produire : une partie de ce qu’elle vend a été produite par d’autres.

Bloc 2 sur 7 · Approfondir

Approfondir : à quoi sert la valeur ajoutée

Ce qui est une consommation intermédiaire, et ce qui n’en est pas. Le bois d’un fabricant de meubles, l’électricité de ses machines, le transport de ses colis sont transformés ou détruits dans la production : ce sont des consommations intermédiaires. Les salaires, eux, n’en sont pas : ils rémunèrent le travail, et ils sont payés à partir de la valeur ajoutée.

Le partage de la valeur ajoutée. La richesse créée par l’entreprise rémunère ceux qui ont contribué à la produire : les salariés (salaires et cotisations sociales), l’État et les administrations (impôts), les prêteurs (intérêts), et enfin l’entreprise et ses propriétaires.

Le bénéfice, un solde. Le bénéfice est ce qui reste au bout de ce partage. Une entreprise peut avoir un gros chiffre d’affaires, créer beaucoup de valeur ajoutée… et faire peu de bénéfice, si elle verse beaucoup de salaires ou d’intérêts. Elle peut même être en perte : le solde est alors négatif.

Trois indicateurs, trois usages. Le chiffre d’affaires renseigne sur l’activité commerciale ; la valeur ajoutée, sur la richesse créée (c’est elle que l’on additionne pour obtenir le PIB) ; le bénéfice, sur ce que l’entreprise garde pour investir ou rémunérer ses propriétaires.

Bloc 3 sur 7 · Exemple

Exemple guidé : un atelier de meubles fictif

Énoncé (données fictives, exemple simplifié). Sur une année, un atelier de meubles fictif vend des meubles pour 900900 milliers d’euros ; toute la production de l’année est vendue (production = ventes). Pour produire, il achète du bois pour 310310 milliers d’euros et de l’énergie, de la quincaillerie et des transports pour 7070 milliers d’euros. Il verse 300300 milliers d’euros de salaires et cotisations, 4040 milliers d’euros d’impôts et 2525 milliers d’euros d’intérêts.

1) Le chiffre d’affaires. 900900 milliers d’euros.

2) Les consommations intermédiaires. 310+70=380310 + 70 = 380 milliers d’euros.

3) La valeur ajoutée. Production (900900, puisque tout est vendu) moins consommations intermédiaires : 900−380=520900 - 380 = 520 milliers d’euros. On ne retranche pas les salaires.

4) Le solde après partage. 520−300−40−25=155520 - 300 - 40 - 25 = 155 milliers d’euros. Dans cet exemple simplifié, ce solde tient lieu de bénéfice ; dans les comptes réels d’une entreprise, d’autres charges s’y ajoutent, comme l’usure du matériel.

Bloc 4 sur 7 · Visualiser

Visualiser : du chiffre d’affaires au bénéfice

Imaginez une barre de hauteur 900900 que l’on découpe de haut en bas :

Tableau : Tranche, Montant (milliers d’euros), À qui elle revient
TrancheMontant (milliers d’euros)À qui elle revient
Consommations intermédiaires380aux fournisseurs (bois, énergie, transports)
Salaires et cotisations300aux salariés
Impôts40à l’État et aux administrations
Intérêts25aux prêteurs
Solde (bénéfice, exemple simplifié)155à l’entreprise et à ses propriétaires
Total = chiffre d’affaires900

La valeur ajoutée (520520) est tout ce qui se trouve sous la tranche des consommations intermédiaires : elle se partage entre les quatre dernières lignes.

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Sources

  • Arrêté du 17-1-2019, BO spécial n°1 du 22 janvier 2019 (NOR MENE1901638A) — programme de sciences économiques et sociales de seconde générale et technologique, annexe (https://eduscol.education.fr/document/23149/download)
  • INSEE, définition « Chiffre d’affaires », mise à jour du 08/02/2021 (https://www.insee.fr/fr/metadonnees/definition/c1703)
  • INSEE, définition « Valeur ajoutée », mise à jour du 14/05/2020 (https://www.insee.fr/fr/metadonnees/definition/c1950)
  • INSEE, définition « Consommation intermédiaire », mise à jour du 03/09/2021 (https://www.insee.fr/fr/metadonnees/definition/c1052)

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