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Sciences économiques et sociales · Terminale · 6 min de lecture

Lire mobilité ascendante, reproduction et déclassement

À partir de tables de mobilité, mettre en évidence des situations de mobilité ascendante, de reproduction sociale et de déclassement, et retrouver les spécificités de la mobilité des hommes et des femmes.

Chapitre du programme : Sociologie et science politique

Bloc 1 sur 7 · Comprendre

Comprendre : situer chaque case de la table

Une table de mobilité croise le groupe socioprofessionnel des individus et celui de leur père. Pour y lire des situations de mobilité, il faut pouvoir dire si un groupe est « au-dessus » d’un autre. Dans cette leçon, on retient pour trois groupes la convention de lecture suivante, qu’il faut toujours expliciter :

cadres et professions intellectuelles supérieures > professions intermédiaires > employés et ouvriers.

Dans ce modèle hiérarchisé à trois groupes, chaque case relève alors d’une des trois situations. Hors de ce modèle, un changement entre groupes non hiérarchisés peut être horizontal ; ce n’est pas un classement universel de toutes les PCS :

  • reproduction sociale (immobilité) : l’individu appartient au même groupe que son père — ce sont les cases de la diagonale ;
  • mobilité ascendante : l’individu appartient à un groupe situé au-dessus de celui de son père ;
  • déclassement (mobilité descendante) : l’individu appartient à un groupe situé en dessous de celui de son père.

Une case hors de la diagonale n’est donc pas automatiquement une ascension : il faut regarder dans quel sens va le changement.

Bloc 2 sur 7 · Approfondir

Approfondir : les filles comparées à leur père

Hommes et femmes. Le programme demande de retrouver les spécificités de la mobilité des hommes et des femmes. Une table qui compare des filles à leur père mêle deux choses : la mobilité sociale proprement dite et les différences entre la structure des emplois occupés par les femmes et celle des emplois occupés par les hommes. Les différences de structure peuvent contribuer aux mobilités individuelles observées ; leur origine structurelle ne supprime pas leur classement comme ascendantes ou descendantes dans la hiérarchie retenue.

Lire les marges. Comparez les effectifs des enquêtées classées selon leur origine et selon leur propre groupe. Une même personne intervient dans chacun des deux classements. La marge des origines ne compte donc pas nécessairement autant de pères distincts : des sœurs peuvent avoir le même père. Un excédent de positions dans un groupe sur les origines de ce groupe impose un apport depuis les autres origines, sans identifier quelles personnes seraient individuellement contraintes.

Comparer ce qui est comparable. Comparer les filles à leur mère ou les fils et filles d’une même origine apporte des éclairages complémentaires. Aucun de ces rapprochements ne suffit à isoler toutes les causes : champs, générations, activité et catégories doivent rester comparables.

Rester prudent. Une table ne voit que les changements entre groupes : une ascension à l’intérieur d’un groupe lui échappe, et la hiérarchie des groupes reste une convention.

Bloc 3 sur 7 · Exemple

Exemple guidé : une table fictive de filles

Dossier de comparaison fictif à deux groupes. Chaque tableau porte sur 100 individus et utilise la même hiérarchie limitée : cadres au-dessus des ouvriers. Origines en lignes, positions en colonnes.

Tableau : Table A, Cadres, Ouvriers, Total
Table ACadresOuvriersTotal
Origine cadres45550
Origine ouvriers54550
Total5050100
Tableau : Table B, Cadres, Ouvriers, Total
Table BCadresOuvriersTotal
Origine cadres54550
Origine ouvriers45550
Total5050100
  1. A : maintien 45+45=9045+45=90 %, ascension 55 %, déclassement 55 %.
  2. B : maintien 5+5=105+5=10 %, ascension 4545 %, déclassement 4545 %.
  3. Les marges sont identiques dans les deux tables. L’écart entre marges n’impose ici aucune mobilité minimale ; cela ne signifie pas que la mobilité observée est nulle. A et B ont respectivement 10 % et 90 % de changements de groupe.
  4. Ce contraste ne suffit pas à conclure que B réalise l’égalité des chances : dans B, les origines ont encore des destinées très différentes, simplement inversées. La mobilité observée n’est pas à elle seule une mesure de fluidité.

La table à deux groupes sert au raisonnement ; elle ne remplace pas une enquête réelle ni l’ensemble des PCS.

Bloc 4 sur 7 · Visualiser

Visualiser : la table en trois zones

Découpez la table en trois zones, repérées par leur position par rapport à la diagonale :

Tableau : Père ↓ / fille →, Cadres, Prof. intermédiaires, Employées et ouvrières
Père ↓ / fille →CadresProf. intermédiairesEmployées et ouvrières
Cadresreproductiondéclassementdéclassement
Prof. intermédiairesascensionreproductiondéclassement
Employés et ouvriersascensionascensionreproduction

La diagonale (de haut à gauche à bas à droite) rassemble la reproduction. Le triangle en dessous rassemble les ascensions, le triangle au-dessus les déclassements. Cette disposition ne vaut que si les groupes sont rangés du plus haut au plus bas, en ligne comme en colonne.

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Sources

  • Ministère, ressource SES mobilité sociale : https://eduscol.education.gouv.fr/sites/default/files/document/ra25lyceegtsescaracteristiquescontemporainesfacteursmobilitesocialepdf-82821.pdf
  • INSEE, nomenclature PCS : https://www.insee.fr/fr/metadonnees/definition/c1493

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