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Sciences économiques et sociales · Seconde · 7 min de lecture

Mesurer une évolution : taux de variation, coefficient multiplicateur, indices

Calculer et interpréter un taux de variation entre deux dates : (valeur d’arrivée − valeur de départ) / valeur de départ × 100 ; distinguer un taux de variation d’une variation absolue et d’un écart en points de pourcentage.

Chapitre du programme : Données quantitatives et représentations graphiques

Bloc 1 sur 7 · Comprendre

Comprendre : une évolution se mesure en proportion

Une grandeur économique ou sociale (un chiffre d’affaires, une population, un salaire) change d’une date à l’autre. Dire qu’elle a augmenté de 300300 unités ne suffit pas : 300300 de plus sur 1 0001\,000, ce n’est pas la même chose que 300300 de plus sur 100 000100\,000. On mesure donc l’évolution en proportion de la valeur de départ.

Domaine. On compare ici des grandeurs de même définition, unité et périmètre, avec un départ strictement positif et une arrivée non négative. Un départ nul rend le taux usuel indéfini. Pour un solde pouvant être négatif, une lecture mécanique « hausse/baisse » du coefficient serait trompeuse ; indiquer d’abord les niveaux et leur variation absolue.

Le taux de variation rapporte la variation absolue à la valeur de DÉPART :

t=Varriveˊe−VdeˊpartVdeˊpart×100.t = \dfrac{V_{\text{arrivée}} - V_{\text{départ}}}{V_{\text{départ}}} \times 100.

Exemple fictif : le budget d’une association fictive passe de 4 0004\,000 € à 4 6004\,600 €. Variation absolue : 600600 €. Taux de variation : 6004 000×100=15\dfrac{600}{4\,000} \times 100 = 15 %. Une baisse donne un taux négatif.

Le coefficient multiplicateur dit par combien la valeur de départ a été multipliée :

CM=VarriveˊeVdeˊpart=1+t100.CM = \dfrac{V_{\text{arrivée}}}{V_{\text{départ}}} = 1 + \dfrac{t}{100}.

Une hausse de 1515 % correspond à CM=1,15CM = 1{,}15 ; une baisse de 1515 % à CM=0,85CM = 0{,}85. Le coefficient est supérieur à 11 pour une hausse, strictement compris entre 00 et 11 pour une baisse partielle ; CM=0CM=0 signifie une baisse de 100100 % vers zéro.

Taux et coefficient disent la même chose sous deux formes. Le coefficient a un avantage décisif : il se multiplie, ce qui permet d’enchaîner les évolutions et de remonter le temps sans erreur.

Bloc 2 sur 7 · Approfondir

Approfondir : cumuler, indexer, corriger des prix

Taux de variation cumulé. Quand une grandeur connaît plusieurs évolutions successives, chaque taux s’applique à une valeur déjà modifiée. On multiplie donc les coefficients :

CMglobal=CM1×CM2×…tcumuleˊ=(CMglobal−1)×100.CM_{global} = CM_1 \times CM_2 \times \dots \qquad t_{\text{cumulé}} = (CM_{global} - 1) \times 100.

Deux hausses successives de 1010 % donnent 1,1×1,1=1,211{,}1 \times 1{,}1 = 1{,}21, soit +21+21 % et non +20+20 %. Une hausse de 2020 % suivie d’une baisse de 2020 % donne 1,2×0,8=0,961{,}2 \times 0{,}8 = 0{,}96 : on ne revient pas au point de départ.

Remonter le temps. Avec un coefficient non nul, si l’on connaît la valeur d’arrivée et le taux, la valeur de départ s’obtient en divisant par le coefficient : Vdeˊpart=VarriveˊeCMV_{\text{départ}} = \dfrac{V_{\text{arrivée}}}{CM}.

Indice simple. Un indice base 100 rapporte chaque valeur à celle d’une année de référence : Ianneˊe=VanneˊeVbase×100I_{\text{année}} = \dfrac{V_{\text{année}}}{V_{base}} \times 100. Un indice de 132,9132{,}9 signifie une hausse de 32,932{,}9 % depuis l’année de base. Entre deux autres années, on compare les indices comme des valeurs : de 110110 à 125125, le taux de variation est (125110−1)×100≈13,6\left(\dfrac{125}{110} - 1\right) \times 100 \approx 13{,}6 %, et non 1515 % : 1515 est un écart en points d’indice.

Indice synthétique. L’INSEE définit un indice synthétique comme la mesure de la variation d’une grandeur complexe qui agrège des grandeurs élémentaires ; c’est une moyenne pondérée des indices élémentaires. L’indice des prix à la consommation en est l’exemple : une hausse de l’indice ne signifie pas que chaque prix a augmenté d’autant.

Valeur nominale, valeur réelle. L’INSEE distingue les prix courants (valeurs nominales, telles qu’elles sont observées) et les prix constants (valeurs réelles, corrigées de la variation des prix). Une évolution en valeur est mesurée à prix courants ; une évolution en volume, à prix constants. Pour passer de l’une à l’autre, on divise les coefficients :

CMreˊel=CMnominalCMprix.CM_{\text{réel}} = \dfrac{CM_{nominal}}{CM_{prix}}.

Avec un indice des prix pertinent pour la comparaison, un salaire nominal qui augmente de 1010 % pendant que les prix augmentent de 88 % progresse en pouvoir d’achat, selon cet indice, de (1,101,08−1)×100≈1,85\left(\dfrac{1{,}10}{1{,}08} - 1\right) \times 100 \approx 1{,}85 %. La soustraction 10−8=210 - 8 = 2 n’est qu’une approximation, d’autant moins bonne que les taux sont élevés.

Bloc 3 sur 7 · Exemple

Exemple guidé : budgets, parts et base nulle

Deux associations fictives, même gain absolu. Le budget A passe de 1 000 à 1 200 € ; B passe de 10 000 à 10 200 €. Chacun gagne 200 €, mais les taux valent respectivement 200/1 000×100=20200/1\,000\times100=20 % et 200/10 000×100=2200/10\,000\times100=2 %. Dire « la même progression » sans préciser l’indicateur est ambigu.

Un pourcentage qui varie. Dans une autre série, la part d’un poste passe de 2 % à 3 %. L’écart est un point de pourcentage ; son évolution relative vaut (3/2−1)×100=50(3/2-1)\times100=50 %. Ce sont deux réponses à deux questions différentes.

Contrôle du domaine. Un projet sans budget initial passe de 0 à 200 €. Le gain absolu est connu, mais aucun taux de variation usuel ne peut être calculé à partir de zéro. Écrire « +200 % » ou « multiplié par 200 » inventerait une base inexistante.

Bloc 4 sur 7 · Visualiser

Visualiser : le même mouvement sous trois formes

Une même évolution peut s’écrire de trois façons, qu’il faut savoir traduire l’une dans l’autre :

Tableau : Forme, Hausse de 25 %, Baisse de 20 %
FormeHausse de 25 %Baisse de 20 %
Taux de variation+25+25 %−20-20 %
Coefficient multiplicateur1,251{,}250,80{,}8
Indice (base 100 au départ)1251258080

Lire le tableau en colonne montre une propriété utile : une hausse de 2525 % puis une baisse de 2020 % ramènent exactement au départ, car 1,25×0,8=11{,}25 \times 0{,}8 = 1. Les taux, eux, ne se compensent pas : +25+25 et −20-20 ne s’annulent pas en apparence, et pourtant le mouvement global est nul.

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Sources

  • Arrêté du 17-1-2019, BO spécial n°1 du 22 janvier 2019 (NOR MENE1901638A) — programme de SES de seconde, « Objectifs d’apprentissage concernant l’utilisation des données quantitatives » : proportion, pourcentage de répartition ; taux de variation, taux de variation cumulé, coefficient multiplicateur, indice simple ; valeur nominale, valeur réelle
  • Arrêtés du 17-1-2019 (NOR MENE1901639A) et du 19-7-2019 (NOR MENE1921253A) — programmes de spécialité SES de première et de terminale, même tableau de savoir-faire quantitatifs
  • INSEE, définitions « Prix courants - prix constants » (13/05/2020) et « Pouvoir d’achat de la monnaie » (12/10/2016), https://www.insee.fr/fr/metadonnees/definition/c1086 et c1299
  • INSEE, définition « Indice synthétique » (10/08/2026), https://www.insee.fr/fr/metadonnees/definition/c1205
  • Ministère de l’Éducation nationale — SES seconde, savoir-faire quantitatifs, page 3 : https://eduscol.education.fr/document/23149/download

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