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Sciences économiques et sociales · Seconde · 5 min de lecture

Le taux de variation cumulé

Calculer le taux de variation cumulé de plusieurs variations successives en multipliant les coefficients multiplicateurs ; montrer que les taux successifs ne s’additionnent pas.

Chapitre du programme : Données quantitatives et représentations graphiques

Bloc 1 sur 7 · Comprendre

Comprendre : des évolutions qui s’enchaînent

Cadre. La même grandeur, unité et définition sont conservées entre les dates. On part d’une valeur positive ; les taux successifs et réciproques usuels supposent des bases non nulles. Les taux sont donnés et restent fixés lorsqu’on compare des ordres d’application ; une règle dépendant de la date ou du niveau demanderait une autre analyse.

Une grandeur évolue souvent en plusieurs étapes : +12+12 % une année, −8-8 % la suivante, +5+5 % la troisième. Le taux de variation cumulé mesure l’évolution globale entre la première et la dernière date.

Chaque taux s’applique à une valeur déjà modifiée par les évolutions précédentes. On ne peut donc pas additionner les taux ; on multiplie les coefficients multiplicateurs :

CMglobal=CM1×CM2×CM3,tcumuleˊ=(CMglobal−1)×100.CM_{global} = CM_1 \times CM_2 \times CM_3, \qquad t_{\text{cumulé}} = (CM_{global} - 1) \times 100.

Exemple : deux hausses successives de 1010 % donnent 1,1×1,1=1,211{,}1 \times 1{,}1 = 1{,}21, soit +21+21 %. Le point supplémentaire vient de ce que la seconde hausse porte aussi sur les 1010 % gagnés la première année.

Bloc 2 sur 7 · Approfondir

Approfondir : hausses, baisses et taux réciproque

Une hausse et une baisse de même taux ne se compensent pas. +15+15 % puis −15-15 % donnent 1,15×0,85=0,97751{,}15 \times 0{,}85 = 0{,}9775, soit −2,25-2{,}25 % : la baisse porte sur une valeur plus grande que la hausse.

Même produit, trajectoires différentes. Pour des coefficients donnés et inchangés, la multiplication étant commutative, −8-8 % puis +12+12 % donnent le même résultat global que +12+12 % puis −8-8 %. Les niveaux intermédiaires diffèrent ; on ne peut pas en déduire une trésorerie ou une moyenne identique.

Le taux réciproque. Quel taux faut-il appliquer pour revenir au niveau de départ ? Si le coefficient initial est strictement positif, il faut un coefficient CMretourCM_{retour} tel que CM×CMretour=1CM \times CM_{retour} = 1, donc

CMretour=1CM,tretour=(1CM−1)×100.CM_{retour} = \dfrac{1}{CM}, \qquad t_{retour} = \left(\dfrac{1}{CM} - 1\right) \times 100.

Après une baisse de 2020 % (CM=0,8CM = 0{,}8), il faut 10,8=1,25\dfrac{1}{0{,}8} = 1{,}25, soit une hausse de 2525 %. Après une hausse de 2525 %, il faut une baisse de 2020 %. Le taux réciproque d’une hausse est toujours une baisse plus faible en valeur absolue ; celui d’une baisse partielle, une hausse plus forte. Après une baisse de 100 %, aucun taux fini appliqué à zéro ne rétablit un niveau initial positif.

Bloc 3 sur 7 · Exemple

Exemple guidé : deux trajectoires et un retour

Deux trajectoires fictives, un même point d’arrivée. On suit un montant initial de 200 €.

Tableau : Étape, Parcours A, Parcours B
ÉtapeParcours AParcours B
Départ200 €200 €
Première évolution+25 % : 250 €−20 % : 160 €
Deuxième évolution−20 % : 200 €+25 % : 200 €

Dans les deux cas, 1,25×0,8=11{,}25\times0{,}8=1 : le taux cumulé est nul. Pourtant le niveau intermédiaire n’est pas le même. Un besoin de trésorerie au milieu du parcours pourrait donc différer ; la commutativité du produit ne rend pas toutes les situations économiques interchangeables.

La limite du retour. Un troisième parcours perd 100 % du montant : il arrive à zéro. Tout coefficient fini appliqué ensuite donne encore zéro. Le taux réciproque n’existe pas ici : on ne divise pas par CM=0CM=0.

Bloc 4 sur 7 · Visualiser

Visualiser : suivre une valeur de 100

Partez d’une valeur de 100100 et appliquez chaque coefficient à la valeur de l’étape précédente :

Tableau : Étape, Coefficient, Valeur
ÉtapeCoefficientValeur
Départ (2019)—100
Après +12+12 %1,12112
Après −8-8 %0,92103,04
Après +5+5 %1,05108,192

La valeur finale, 108,192108{,}192, se lit directement comme un indice : +8,192+8{,}192 % par rapport au départ. On voit que la baisse de 88 % retire 8,968{,}96 et non 88 : elle s’applique à 112112, pas à 100100.

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Sources

  • Arrêté du 17-1-2019, BO spécial n°1 du 22 janvier 2019 (NOR MENE1901638A) — programme de sciences économiques et sociales de seconde générale et technologique, annexe (https://eduscol.education.fr/document/23149/download)
  • Arrêté du 17-1-2019, BO spécial n°1 du 22 janvier 2019 (NOR MENE1901639A) — programme de spécialité sciences économiques et sociales de première générale, annexe (https://cache.media.education.gouv.fr/file/SP1-MEN-22-1-2019/54/4/spe639_annexe_1063544.pdf)
  • Arrêté du 19-7-2019, BO spécial n°8 du 25 juillet 2019 (NOR MENE1921253A) — programme de spécialité sciences économiques et sociales de terminale générale, annexe (https://cache.media.education.gouv.fr/file/SPE8_MENJ_25_7_2019/82/1/spe253_annexe_1158821.pdf)
  • Ministère de l’Éducation nationale — SES seconde, savoir-faire quantitatifs, page 3 : https://eduscol.education.fr/document/23149/download

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