Sciences économiques et sociales · Seconde · 5 min de lecture
Valeur nominale et valeur réelle
Distinguer une grandeur en valeur (prix courants) et en volume (prix constants, corrigée de la variation des prix) ; déduire une évolution réelle du rapport des coefficients multiplicateurs nominal et des prix.
Chapitre du programme : Données quantitatives et représentations graphiques
Bloc 1 sur 7 · Comprendre
Comprendre : euros courants et euros constants
Cadre. Les montants et l’indice des prix portent sur la même période et le même périmètre. Le coefficient des prix est strictement positif. Pour un revenu, le calcul mesure un pouvoir d’achat selon l’indice retenu ; ce n’est pas le nombre exact de biens achetés par chaque ménage, dont les dépenses peuvent différer du panier moyen.
Un salaire qui passe de € à € a augmenté de %. Mais si, dans le même temps, les prix ont augmenté de %, ce salaire permet d’acheter moins qu’avant.
L’INSEE distingue deux façons d’exprimer une grandeur :
- en valeur, ou à prix courants (on dit aussi en valeur nominale) : la grandeur telle qu’elle est observée, en euros de chaque date ;
- à prix constants (valeur réelle ; on parle notamment de volume pour une production) : la grandeur corrigée de la variation des prix, exprimée en euros d’une date de référence.
La hausse générale et durable des prix, l’inflation, fait perdre du pouvoir d’achat à la monnaie : avec un même billet, on achète moins de biens. Pour savoir si un revenu permet d’acheter davantage, il faut raisonner en valeur réelle.
Pour passer de l’évolution nominale à l’évolution réelle, on divise les coefficients multiplicateurs :
Bloc 2 sur 7 · Approfondir
Approfondir : pourquoi diviser, et pas soustraire
L’idée. Le revenu nominal est multiplié par ; les prix sont multipliés par . La quantité de biens que l’on peut acheter est le revenu divisé par les prix : elle est donc multipliée par .
L’approximation. On entend souvent « évolution réelle ≈ taux nominal − taux d’inflation ». C’est une approximation, dont la précision dépend des deux taux. Avec des taux décimaux n et p, l’évolution réelle exacte vaut (n−p)/(1+p) ; l’écart avec n−p dépend aussi de leur différence, pas seulement de leur taille. Avec % en valeur et % pour les prix, la soustraction donne % ; le calcul exact donne %.
Exprimer un montant en euros constants. Pour exprimer un montant final en euros de la date de départ, on retire l’effet de la hausse des prix en le divisant par . On peut alors comparer directement ce montant au montant de départ : s’il est plus élevé, le pouvoir d’achat a augmenté.
Une évolution nominale positive ne suffit pas à un gain réel. Un revenu qui augmente en euros courants peut baisser en euros constants, dès que les prix augmentent plus vite que lui.
Bloc 3 sur 7 · Exemple
Exemple guidé : désinflation, déflation et revenu fixe
Données fictives : la désinflation n’annule pas la hausse passée. Un indice des prix vaut 100 à la date A. Sur deux périodes de même durée, il monte de 10 % de A à B, puis de 2 % de B à C.
- À B : .
- À C : . Les prix augmentent moins vite, mais ils ne baissent pas : il s’agit ici d’une désinflation.
- Un revenu maintenu à 2 000 € vaut à C € de A, arrondi à l’euro. Son pouvoir d’achat a reculé selon cet indice.
Autre hypothèse, à ne pas confondre. Si les prix baissaient de 10 % à partir de A, leur coefficient serait 0,9. Le même revenu nominal de 2 000 € vaudrait alors € de A. La division par le coefficient traite aussi une déflation ; soustraire une baisse de prix comme si c’était une hausse inverserait le diagnostic.
Bloc 4 sur 7 · Visualiser
Visualiser : trois colonnes, une conclusion
| Date de départ | Date d’arrivée | Évolution | |
|---|---|---|---|
| Salaire en euros courants | 2 000 € | 2 120 € | % |
| Indice des prix (base 100 au départ) | 100 | 109 | % |
| Salaire en euros constants du départ | 2 000 € | environ 1 945 € | environ % |
La première ligne seule ferait conclure à un gain. La deuxième montre que les prix ont augmenté plus vite. La troisième, obtenue en divisant la première par la deuxième (et en multipliant par 100), répond à la vraie question : que peut-on acheter avec ce salaire ?
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Sources
- Arrêté du 17-1-2019, BO spécial n°1 du 22 janvier 2019 (NOR MENE1901638A) — programme de sciences économiques et sociales de seconde générale et technologique, annexe (https://eduscol.education.fr/document/23149/download)
- Arrêté du 17-1-2019, BO spécial n°1 du 22 janvier 2019 (NOR MENE1901639A) — programme de spécialité sciences économiques et sociales de première générale, annexe (https://cache.media.education.gouv.fr/file/SP1-MEN-22-1-2019/54/4/spe639_annexe_1063544.pdf)
- Arrêté du 19-7-2019, BO spécial n°8 du 25 juillet 2019 (NOR MENE1921253A) — programme de spécialité sciences économiques et sociales de terminale générale, annexe (https://cache.media.education.gouv.fr/file/SPE8_MENJ_25_7_2019/82/1/spe253_annexe_1158821.pdf)
- INSEE, définitions « Prix courants - prix constants » (13/05/2020) et « Pouvoir d’achat de la monnaie » (12/10/2016) (https://www.insee.fr/fr/metadonnees/definition/c1086, c1299)
- INSEE, définition « Inflation », mise à jour du 09/02/2021 (https://www.insee.fr/fr/metadonnees/definition/c1473)
- Ministère de l’Éducation nationale — tableaux de savoir-faire SES ; INSEE prix courants/prix constants : https://eduscol.education.fr/document/23149/download ; https://www.insee.fr/fr/metadonnees/definition/c1086
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