Chimie · Première · 8 min de lecture
Dissoudre un solide ionique : équation et concentrations
Équation de dissolution, concentration effective des ions, électroneutralité, solvatation des ions par l'eau polaire.
Chapitre du programme : Constitution et transformations de la matière
Bloc 1 sur 7 · Comprendre
Comprendre : un cristal qui se défait ion par ion
Un cristal ionique tel que NaCl est un réseau d'ions, pas un ensemble de molécules NaCl isolées. Une unité de formule indique les proportions d'ions dans ce réseau. Pour CaCl₂, le modèle contient un calcium Ca²⁺ pour deux chlorures Cl⁻ ; les charges se compensent.
Lors de la dissolution dans l'eau, les interactions entre l'eau polaire et les ions favorisent leur séparation du réseau, leur hydratation et leur dispersion. L'oxygène de l'eau s'oriente préférentiellement vers un cation, les hydrogènes vers un anion. Les couronnes dessinées sont des représentations simplifiées et dynamiques, pas des cages rigides ni des distances à mesurer.
Dans le modèle de dissociation sans réaction secondaire étudié ici, on écrit par exemple :
Les charges des ions sont conservées ; il ne s'agit pas de fabriquer des atomes neutres par transfert d'électrons. Le symbole (aq) signifie que l'espèce est en solution aqueuse, solvatée.
La notation formelle CaCl₂(aq) se rencontre aussi pour décrire un apport ou une solution sans détailler les ions. Elle ne prouve pas l'existence de molécules intactes. Si l'on demande une équation ionique explicitée, il faut en revanche faire apparaître les ions et leurs coefficients.
L'absence d'eau dans ce bilan concerne le modèle choisi : le solvant n'y est pas consommé. Elle n'interdit pas toute réaction d'un soluté avec l'eau, ni les écritures adaptées à des hydrates ou à d'autres transformations.
Bloc 2 sur 7 · Approfondir
Approfondir : concentrations effectives et neutralité
Apport et espèces présentes. La concentration apportée C décrit la quantité de composé introduite par volume final de solution. La concentration effective [X] décrit une espèce précise. Si une unité de formule dissoute donne ν ions X, on peut écrire dans les conditions suivantes : dissolution complète, volume final homogène, un seul apport significatif de X et absence de réaction secondaire, complexation ou précipitation significative modifiant X.
Ces conditions sont essentielles. Par exemple, certains ions métalliques réagissent avec l'eau : la concentration analytique totale de l'élément ne coïncide alors pas nécessairement avec celle d'une seule forme libre. Le calcul simplifié reste un modèle explicite, pas une propriété universelle de tous les sels.
Électroneutralité. Dans un volume macroscopique de solution, les charges se compensent : , en comptant les espèces pertinentes et leurs charges signées. Ce contrôle est nécessaire, pas suffisant. Des concentrations multipliées toutes deux par le même facteur erroné peuvent encore satisfaire la neutralité. Il faut aussi contrôler les apports de chaque élément ou groupe conservé.
Si toutes les espèces chargées sauf une sont connues et le modèle complet, la neutralité peut aider à déterminer la dernière. Elle ne justifie pas d'oublier des espèces présentes ni d'inventer un mécanisme.
Solubilité. Une limite de solubilité dépend du solide, du solvant, de la température et de la convention de concentration. Avant toute comparaison, vérifiez les unités et le volume ou la masse de référence : un litre d'eau n'est pas un litre de solution. Aucun nombre universel en g/L ne convient à tous les sels. À saturation, tout le solide apporté peut aussi être juste dissous ; une inégalité stricte n'est pas une définition générale de la dissolution complète.
Cette introduction n'étudie pas tous les équilibres secondaires. La loi de Kohlrausch figure dans le programme de terminale de 2019 ; son emploi n'est pas déclaré ici une exigence générale de première.
Bloc 3 sur 7 · Exemple
Exemple guidé : neutre ne veut pas dire correct
Dossier hypothétique. Un solide AB₂ se dissocie en A²⁺ et B⁻. La dissolution est complète, il n'existe aucun autre apport de ces ions ni réaction secondaire, et la concentration apportée vaut C=0,200 mol/L. Un brouillon annonce [A²⁺]=0,300 mol/L et [B⁻]=0,600 mol/L, puis conclut « l'inventaire est correct puisque les charges se compensent ».
1. Tester la neutralité. Le bilan est bien nul. Le brouillon passe ce contrôle.
2. Tester les apports. Le modèle introduit une unité A par unité AB₂. Le brouillon attribue à A un rapport au lieu de 1 ; il invente donc 50 % d'A supplémentaire. Le même facteur erroné frappe B. La compensation des charges ne peut pas détecter ce facteur commun.
3. Conclure. L'inventaire est électriquement neutre mais incompatible avec la matière apportée. Corriger uniquement la charge d'un ion ou supposer un autre coefficient ne répare pas le dossier : la formule, les charges et les apports sont donnés. Il faut vérifier tous les bilans, pas choisir celui que le calcul satisfait.
Ce cas est un test de raisonnement sur un composé hypothétique ; il ne propose pas de synthèse ou de manipulation réelle.
Bloc 4 sur 7 · Visualiser
Visualiser : dissociation, solvatation, dispersion
La figure présente trois aspects de la dissolution : le réseau ionique, l'orientation de l'eau autour d'ions séparés et leur dispersion dans le liquide. Les nombres visibles illustrent le rapport d'un Ca²⁺ pour deux Cl⁻ ; les positions et tailles des disques ne sont pas une maille cristalline à mesurer.
La couronne autour d'un ion est une simplification de l'hydratation. Le dessin ne décrit pas toutes les interactions de coordination ni tous les équilibres en solution. La mention barrée concerne l'absence d'ions explicités dans la représentation demandée, sans interdire toute notation formelle du composé en solution.
À droite, les barres symboliques C, C et 2C illustrent la concentration apportée et les deux concentrations ioniques dans le modèle de dissociation complète sans réactions secondaires. La première barre est une référence analytique, pas la concentration de molécules CaCl₂ intactes. Le calcul de charges contrôle la neutralité sans prouver à lui seul les valeurs absolues.
Le bilan sous la figure garde la même hypothèse. Il ne justifie pas de transposer automatiquement cette représentation à un sel hydrolysable, à plusieurs apports communs ou à une solution saturée avec excès de solide.
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Sources
- OpenStax, Chemistry 2e — 4.2 Classifying Chemical Reactions : https://openstax.org/books/chemistry-2e/pages/4-2-classifying-chemical-reactions
- OpenStax, Chemistry 2e — 14.4 Hydrolysis of Salts : https://openstax.org/books/chemistry-2e/pages/14-4-hydrolysis-of-salts
- Ministère de l’Éducation nationale — programme de première générale (2019) : https://eduscol.education.fr/document/22666/download
- Ministère de l’Éducation nationale — programme de terminale générale (2019) : https://www.education.gouv.fr/sites/default/files/imported_files/document/spe249_annexe_1158929.pdf
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