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Chimie · Première · 15 min de lecture

Dissoudre un solide ionique : équation et concentrations

Équation de dissolution, concentration effective des ions, électroneutralité, solvatation des ions par l'eau polaire.

Chapitre du programme : Constitution et transformations de la matière

Bloc 1 sur 7 · Comprendre

Comprendre : un cristal qui se défait ion par ion

Un solide ionique n'est pas fait de molécules. Le chlorure de sodium NaCl\mathrm{NaCl} est un empilement régulier d'ions Na+\mathrm{Na^+} et d'ions Cl\mathrm{Cl^-}, tenus par l'attraction électrostatique entre charges opposées ; sa formule ne désigne pas une « molécule NaCl\mathrm{NaCl} » mais la proportion des ions dans le cristal, un Na+\mathrm{Na^+} pour un Cl\mathrm{Cl^-} — on parle d'unité de formule. Le chlorure de calcium CaCl2\mathrm{CaCl_2} contient un ion Ca2+\mathrm{Ca^{2+}} pour deux ions Cl\mathrm{Cl^-} : la formule est électriquement neutre, comme tout solide ionique.

Quand ce cristal entre dans l'eau, la leçon précédente a raconté ce qui se passe : les molécules d'eau, polaires, s'orientent autour des ions de surface et les arrachent au cristal (dissociation), les entourent d'une cage de molécules orientées (solvatation, ou hydratation), puis les dispersent dans tout le liquide (dispersion). Le résultat est une solution où les ions sont libres et séparés, chacun entouré d'eau, ce que la notation (aq)\mathrm{(aq)} signale.

On modélise la dissolution par une équation de dissolution :

NaCl(s)Na+(aq)+Cl(aq)CaCl2(s)Ca2+(aq)+2Cl(aq)\mathrm{NaCl(s) \rightarrow Na^+(aq) + Cl^-(aq)} \qquad\qquad \mathrm{CaCl_2(s) \rightarrow Ca^{2+}(aq) + 2\,Cl^-(aq)}

Le solide seul à gauche, ses ions séparés et chargés à droite, l'eau nulle part : c'est la forme de toute équation de dissolution.

Trois choses à lire dans ces équations. Le solide est à gauche, seul, à l'état solide ; l'eau n'y figure pas, parce qu'elle n'est pas consommée — elle est le solvant, elle fait le travail sans entrer dans le bilan. Les ions gardent leur charge : dissoudre ne transforme pas Na+\mathrm{Na^+} en atome de sodium, il n'y a aucun échange d'électron. Et les nombres stœchiométriques viennent de la formule du solide : CaCl2\mathrm{CaCl_2} libère deux ions chlorure par unité de formule, d'où le 22 devant Cl(aq)\mathrm{Cl^-(aq)}. On vérifie une équation de dissolution comme n'importe quelle équation : conservation des éléments, et conservation de la charge — à droite, (+2)+2×(1)=0(+2) + 2 \times (-1) = 0, comme à gauche.

Écrire « NaCl(aq)\mathrm{NaCl(aq)} » serait faux : cette notation suggère une entité NaCl\mathrm{NaCl} intacte flottant dans l'eau, alors qu'il n'y a en solution que des ions Na+(aq)\mathrm{Na^+(aq)} et Cl(aq)\mathrm{Cl^-(aq)} indépendants. C'est précisément cette indépendance qui oblige, au bloc suivant, à distinguer deux sortes de concentrations.

Bloc 2 sur 7 · Approfondir

Approfondir : concentrations effectives et neutralité

Deux concentrations pour une solution. Quand on dissout nn moles de chlorure de calcium dans un volume VV de solution, on définit d'abord la concentration en soluté apporté C=n/VC = n / V : c'est la concentration de la leçon précédente, celle qu'on calcule avec la masse pesée. Elle décrit ce qu'on a mis. Mais le solide n'existe plus dans la solution ; ce qui s'y trouve, ce sont des ions, et chacun a sa propre concentration, dite concentration effective, notée entre crochets : [Ca2+][\mathrm{Ca^{2+}}] et [Cl][\mathrm{Cl^-}].

L'équation de dissolution donne le lien, comme un tableau d'avancement le ferait : chaque unité de formule dissoute libère un Ca2+\mathrm{Ca^{2+}} et deux Cl\mathrm{Cl^-}. Si nn moles de CaCl2\mathrm{CaCl_2} se dissolvent, la solution contient nn moles de Ca2+\mathrm{Ca^{2+}} et 2n2n moles de Cl\mathrm{Cl^-} ; en divisant par VV :

[Ca2+]=Cet[Cl]=2C.[\mathrm{Ca^{2+}}] = C \qquad \text{et} \qquad [\mathrm{Cl^-}] = 2\,C.

La concentration effective d'un ion est le produit de la concentration en soluté apporté par le nombre stœchiométrique de cet ion dans l'équation de dissolution : [X]=ν×C[\mathrm{X}] = \nu \times C.

Pour le chlorure de sodium, ν=1\nu = 1 pour les deux ions et les concentrations effectives sont égales à CC : c'est le cas particulier qui fait croire que les crochets ne servent à rien. Dès que la stœchiométrie n'est plus 1:11 : 1Na2SO4\mathrm{Na_2SO_4}, FeCl3\mathrm{FeCl_3}, Al2(SO4)3\mathrm{Al_2(SO_4)_3} —, les concentrations effectives se distinguent de CC, et c'est elles que réclament les questions de chimie des solutions.

L'électroneutralité, un contrôle et un outil. Une solution est électriquement neutre : les charges positives portées par les cations compensent exactement les charges négatives portées par les anions. Pondérée par les concentrations, cette neutralité s'écrit

ionszi[Xi]=0,\sum_{\text{ions}} z_i\,[\mathrm{X}_i] = 0,

ziz_i est la charge de l'ion (en unités de charge élémentaire, avec son signe). Pour le chlorure de calcium : (+2)×[Ca2+]+(1)×[Cl]=2C2C=0(+2) \times [\mathrm{Ca^{2+}}] + (-1) \times [\mathrm{Cl^-}] = 2C - 2C = 0 ✔. Ce contrôle a deux usages. Il vérifie un calcul de concentrations effectives — un inventaire qui n'est pas neutre est faux. Et il permet de compléter un inventaire : si l'on connaît toutes les concentrations sauf une, la neutralité la donne.

Un solide ne se dissout pas sans limite. La seconde a introduit la solubilité : au-delà d'une certaine masse par litre, le solide ne se dissout plus et la solution est saturée. Le chlorure de sodium se dissout jusqu'à environ 360360 g par litre d'eau à 20 °C20\ °\mathrm{C}. Tous les calculs de cette leçon supposent une dissolution totale, c'est-à-dire une concentration en soluté apporté inférieure à la solubilité ; un énoncé sérieux s'en assure, et l'on peut le vérifier soi-même.

Ce que la 1re ne demande pas. Prévoir si deux ions mis en présence forment un précipité et calculer une solubilité à partir d'une constante relèvent de la terminale et du supérieur. En revanche, c'est dès cette année, avec la loi de Kohlrausch, que la conductivité d'une solution s'exprime à partir des concentrations effectives des ions — raison de plus pour les calculer juste. Ici : écrire l'équation, calculer les concentrations effectives, vérifier la neutralité.

Bloc 3 sur 7 · Exemple

Exemple guidé : 5,55 g de chlorure de calcium

Énoncé. On dissout une masse m=5,55m = 5{,}55 g de chlorure de calcium CaCl2\mathrm{CaCl_2} dans de l'eau distillée pour obtenir V=250,0V = 250{,}0 mL de solution. Données : M(Ca)=40,1M(\mathrm{Ca}) = 40{,}1 g/mol, M(Cl)=35,5M(\mathrm{Cl}) = 35{,}5 g/mol.

Écrire l'équation de dissolution ; calculer la concentration en soluté apporté, puis les concentrations effectives des ions ; vérifier l'électroneutralité.

---

1. L'équation de dissolution. Le solide est fait d'ions calcium Ca2+\mathrm{Ca^{2+}} et d'ions chlorure Cl\mathrm{Cl^-}, dans la proportion 1:21 : 2 imposée par la formule :

CaCl2(s)Ca2+(aq)+2Cl(aq).\mathrm{CaCl_2(s) \rightarrow Ca^{2+}(aq) + 2\,Cl^-(aq)}.

Contrôle : un calcium et deux chlores de chaque côté ; charge à droite (+2)+2×(1)=0(+2) + 2 \times (-1) = 0 ✔.

2. La quantité de solide dissous.

M(CaCl2)=40,1+2×35,5=111,1 g/mol,n=mM=5,55111,1=0,049954,996×102 mol.M(\mathrm{CaCl_2}) = 40{,}1 + 2 \times 35{,}5 = 111{,}1\ \text{g/mol}, \qquad n = \frac{m}{M} = \frac{5{,}55}{111{,}1} = 0{,}04995\ldots \approx 4{,}996 \times 10^{-2}\ \text{mol}.

On garde quatre chiffres pour ne pas dégrader la suite.

3. La concentration en soluté apporté. Volume en litres : V=0,2500V = 0{,}2500 L.

C=nV=0,049960,2500=0,19980,200 mol/L.C = \frac{n}{V} = \frac{0{,}04996}{0{,}2500} = 0{,}1998\ldots \approx 0{,}200\ \text{mol/L}.

4. Les concentrations effectives, lues dans l'équation. Chaque unité de formule libère un ion calcium et deux ions chlorure :

[Ca2+]=1×C=0,200 mol/L,[Cl]=2×C=0,400 mol/L.[\mathrm{Ca^{2+}}] = 1 \times C = 0{,}200\ \text{mol/L}, \qquad [\mathrm{Cl^-}] = 2 \times C = 0{,}400\ \text{mol/L}.

La solution contient 0,2000{,}200 mol/L d'ions calcium et 0,4000{,}400 mol/L d'ions chlorure — et plus aucun chlorure de calcium.

5. L'électroneutralité.

(+2)×[Ca2+]+(1)×[Cl]=2×0,2000,400=0.(+2) \times [\mathrm{Ca^{2+}}] + (-1) \times [\mathrm{Cl^-}] = 2 \times 0{,}200 - 0{,}400 = 0.

✔ L'inventaire est cohérent. Si l'on avait écrit [Cl]=0,200[\mathrm{Cl^-}] = 0{,}200 mol/L — l'oubli du 22 —, le bilan aurait donné +0,200+0{,}200 : une solution chargée positivement, impossible. La neutralité aurait dénoncé l'erreur.

6. En quantités, si la question le demande. Les ions chlorure présents : n(Cl)=2×n=2×0,04996=0,099929,99×102n(\mathrm{Cl^-}) = 2 \times n = 2 \times 0{,}04996 = 0{,}09992 \approx 9{,}99 \times 10^{-2} mol, soit très près de 0,1000{,}100 mol — le dixième de mole d'ions chlorure que le chimiste visait en pesant 5,555{,}55 g.

7. Vérifier la dissolution totale. La concentration en soluté apporté, 0,2000{,}200 mol/L, correspond à 0,200×111,1=22,20{,}200 \times 111{,}1 = 22{,}2 g/L : très loin de la solubilité du chlorure de calcium (plusieurs centaines de grammes par litre). Tout le solide s'est dissous, les calculs sont légitimes.

Bloc 4 sur 7 · Visualiser

Visualiser : dissociation, solvatation, dispersion

Figure (fig.chemistry.dissolution-ionic-compounds, SVG programmatique à produire) : une frise en trois temps pour le chlorure de calcium, et un diagramme en barres des concentrations.

  • Temps 1 — le cristal. Un fragment de réseau en damier : disques marqués « Ca2+\mathrm{Ca^{2+}} » et disques plus grands marqués « Cl\mathrm{Cl^-} », deux fois plus nombreux, régulièrement alternés. Étiquette : « solide ionique CaCl2\mathrm{CaCl_2} : un Ca2+\mathrm{Ca^{2+}} pour deux Cl\mathrm{Cl^-}, empilement neutre ».
  • Temps 2 — la dissociation et la solvatation. Au bord du cristal, des molécules d'eau coudées (petit V avec un O et deux H) qui s'orientent : l'oxygène (δ\delta^-) tourné vers un ion Ca2+\mathrm{Ca^{2+}}, les hydrogènes (δ+\delta^+) tournés vers un ion Cl\mathrm{Cl^-}. Deux ions déjà extraits, chacun au centre d'une couronne de molécules d'eau correctement orientées, étiquetés « Ca2+(aq)\mathrm{Ca^{2+}(aq)} » et « Cl(aq)\mathrm{Cl^-(aq)} ». Cartouche : « aucune liaison covalente ; les charges sont conservées ».
  • Temps 3 — la dispersion. Un bécher vu de face, contenant des ions solvatés répartis dans tout le liquide, dans la proportion visible d'un Ca2+\mathrm{Ca^{2+}} pour deux Cl\mathrm{Cl^-} (par exemple 44 et 88). Aucune unité « CaCl2\mathrm{CaCl_2} » n'y subsiste ; une mention barrée « CaCl2(aq)\mathrm{CaCl_2(aq)} » le rappelle. Sous le bécher, l'équation CaCl2(s)Ca2+(aq)+2Cl(aq)\mathrm{CaCl_2(s) \rightarrow Ca^{2+}(aq) + 2\,Cl^-(aq)}.
  • Le diagramme en barres, à droite : trois barres verticales sur une échelle en mol/L graduée de 00 à 0,50{,}5. Barre 1, « CC (soluté apporté) », hauteur 0,2000{,}200, en pointillés avec la mention « ce qu'on a mis — n'existe plus tel quel ». Barre 2, « [Ca2+][\mathrm{Ca^{2+}}] », hauteur 0,2000{,}200. Barre 3, « [Cl][\mathrm{Cl^-}] », hauteur 0,4000{,}400, avec une accolade « ×2\times 2 » depuis la barre 1. Sous les barres, le bilan de charges : « 2×0,2001×0,400=02 \times 0{,}200 - 1 \times 0{,}400 = 0 ».

Ce qu'il faut lire. La frise montre que dissoudre n'est pas réagir : les ions sortent du cristal tels qu'ils y étaient, chargés, et l'eau se contente de les entourer. Le diagramme montre pourquoi les crochets existent : la concentration en soluté apporté est une comptabilité de ce qu'on a pesé, tandis que les concentrations effectives décrivent ce qui est réellement en solution — et pour CaCl2\mathrm{CaCl_2}, il y a deux fois plus d'ions chlorure que d'unités de formule dissoutes.

La figure en détail : de gauche à droite, un cristal en damier où chaque ion calcium est entouré de deux fois plus d'ions chlorure ; puis le bord du cristal attaqué par des molécules d'eau orientées, l'oxygène vers les ions positifs et les hydrogènes vers les ions négatifs, avec deux ions déjà extraits, chacun entouré d'une couronne de molécules d'eau ; puis un bécher où les ions sont dispersés dans tout le liquide, un calcium pour deux chlorures, avec l'équation de dissolution écrite dessous et la notation du solide en solution barrée. À droite, trois barres : la concentration en soluté apporté à zéro virgule deux, en pointillés ; celle des ions calcium à zéro virgule deux ; celle des ions chlorure à zéro virgule quatre, deux fois plus haute ; et sous les barres, le calcul qui montre que les charges positives et négatives se compensent.

Dissolution du chlorure de calcium : dissociation, solvatation, dispersion — et les concentrations effectives — Une frise en trois temps pour le chlorure de calcium, et un diagramme en barres.

Bloc 5 sur 7 · Formules

Relations à retenir

  • ApBq(s)pAz+(aq)+qBz(aq)avec pz++qz=0\mathrm{A}_p\mathrm{B}_q(\mathrm{s}) \rightarrow p\,\mathrm{A}^{z_+}(\mathrm{aq}) + q\,\mathrm{B}^{z_-}(\mathrm{aq}) \qquad \text{avec } p\,z_+ + q\,z_- = 0
  • C=nV(soluteˊ apporteˊ)[X]=νX×C(concentration effective)C = \frac{n}{V} \quad (\text{soluté apporté}) \qquad [\mathrm{X}] = \nu_{\mathrm{X}} \times C \quad (\text{concentration effective})
  • eˊlectroneutraliteˊ : izi[Xi]=0\text{électroneutralité : } \sum_i z_i\,[\mathrm{X}_i] = 0
  • CaCl2(s)Ca2+(aq)+2Cl(aq):[Ca2+]=C, [Cl]=2C\mathrm{CaCl_2(s) \rightarrow Ca^{2+}(aq) + 2\,Cl^-(aq)} : \quad [\mathrm{Ca^{2+}}] = C,\ [\mathrm{Cl^-}] = 2C
Tableau : Relation, Énoncé, Domaine de validité
RelationÉnoncéDomaine de validité
Équation de dissolutionsolide (s) à gauche, ions (aq) à droite, coefficients lus dans la formulel'eau n'y figure pas ; éléments et charge conservés
Concentration en soluté apportéC=n/VC = n / Vnn de solide dissous, VV de solution en litres ; dissolution totale (sous la solubilité)
Concentrations effectives[X]=νX×C[\mathrm{X}] = \nu_{\mathrm{X}} \times CνX\nu_{\mathrm{X}} = nombre d'ions X\mathrm{X} par unité de formule
Électroneutralitézi[Xi]=0\sum z_i [\mathrm{X}_i] = 0toute solution ; vérifie ou complète un inventaire
Quantités d'ionsn(X)=νX×nn(\mathrm{X}) = \nu_{\mathrm{X}} \times nmême logique qu'un tableau d'avancement

Les unités et les notations. CC et [X][\mathrm{X}] en mol/L\mathrm{mol/L} ; les crochets désignent toujours une concentration effective d'espèce réellement présente — on n'écrit jamais [CaCl2][\mathrm{CaCl_2}] pour une solution, puisque le solide n'y est plus. Les charges ziz_i s'écrivent avec leur signe.

La démarche. Écrire la formule du solide et identifier ses ions ; en déduire l'équation de dissolution et la vérifier (éléments, charge) ; calculer CC depuis la masse ou la quantité pesée ; multiplier par chaque nombre stœchiométrique ; contrôler la neutralité. Cinq gestes, dans cet ordre.

Vers la suite. Les concentrations effectives sont celles qui entrent dans un tableau d'avancement en solution (précipitation, titrage) et, dès la première, la loi de Kohlrausch exprime la conductivité d'une solution directement à partir d'elles (dosage par étalonnage conductimétrique) ; le titrage suivi par conductimétrie attend la terminale.

Bloc 6 sur 7 · Pièges

Pièges fréquents

  1. Oublier que [Cl]=2C[\mathrm{Cl^-}] = 2C pour CaCl2\mathrm{CaCl_2}. Chaque unité de formule libère deux ions chlorure : leur concentration effective est le double de la concentration en soluté apporté. Le nombre stœchiométrique de l'équation de dissolution multiplie CC — et l'électroneutralité dénonce l'oubli.
  2. Écrire NaCl(aq)\mathrm{NaCl(aq)} au lieu de Na+(aq)+Cl(aq)\mathrm{Na^+(aq)} + \mathrm{Cl^-(aq)}. Un solide ionique dissous n'existe plus en unités de formule : il n'y a en solution que des ions séparés, chacun entouré d'eau. L'écriture correcte nomme les ions.
  3. Croire que les ions se « cassent » en atomes. Na+\mathrm{Na^+} reste Na+\mathrm{Na^+}, Cl\mathrm{Cl^-} reste Cl\mathrm{Cl^-} : la dissolution est une séparation, pas un transfert d'électrons. Une équation qui fait apparaître Na\mathrm{Na} ou Cl\mathrm{Cl} neutres viole la conservation de la charge.
  4. Faire figurer l'eau comme réactif. L'eau est le solvant : elle solvate les ions sans être consommée. « NaCl+H2O\mathrm{NaCl + H_2O \rightarrow \ldots} » ne conserve ni l'hydrogène ni l'oxygène.
  5. Diviser par le nombre stœchiométrique au lieu de multiplier. Chaque unité de formule libère plus d'ions, jamais moins : [Cl]=2C[\mathrm{Cl^-}] = 2C, pas C/2C/2. Se demander « y a-t-il plus ou moins d'ions chlorure que d'unités dissoutes ? » suffit à choisir l'opération.
  6. Confondre concentration en soluté apporté et concentration effective. CC décrit ce qu'on a pesé ; [X][\mathrm{X}] décrit ce qui est en solution. Elles ne coïncident que pour les ions de nombre stœchiométrique 11 — un cas particulier, pas la règle.
  7. Calculer au-delà de la solubilité. Si la concentration en soluté apporté dépasse la solubilité, le solide ne se dissout pas entièrement et les concentrations effectives calculées ne décrivent rien de réel. Un ordre de grandeur (le sel sature vers 360360 g/L) permet de s'en assurer.

Bloc 7 sur 7 · Vérifier

Vérifier : concentrations effectives des ions

Le modèle d'entraînement. L'exercice associé à cette leçon tire un solide ionique réel — le plus souvent de stœchiométrie non 1:11 : 1 — et demande la concentration effective d'un de ses ions à partir de la concentration en soluté apporté (donnée ou calculée depuis nn et VV), ou la quantité d'ions libérée depuis une quantité ou une masse de solide. Un QCM voisin fait choisir l'équation de dissolution correcte parmi des équations fausses (solide non dissocié, ions transformés en atomes, charges ou coefficients faux) et l'inventaire de concentrations qui respecte l'électroneutralité.

Énoncé type. On dissout du sulfate de sodium Na2SO4\mathrm{Na_2SO_4} dans l'eau : la solution obtenue a une concentration en soluté apporté C=0,050C = 0{,}050 mol/L. Calculer les concentrations effectives des ions sodium et des ions sulfate.

Corrigé complet.

1. L'équation de dissolution, depuis la formule. Le solide contient des ions sodium Na+\mathrm{Na^+} et des ions sulfate SO42\mathrm{SO_4^{2-}}, deux sodium pour un sulfate :

Na2SO4(s)2Na+(aq)+SO42(aq).\mathrm{Na_2SO_4(s) \rightarrow 2\,Na^+(aq) + SO_4^{2-}(aq)}.

Contrôle de la charge à droite : 2×(+1)+(2)=02 \times (+1) + (-2) = 0 ✔.

2. Les concentrations effectives. Chaque unité de formule libère deux ions sodium et un ion sulfate :

[Na+]=2×C=2×0,050=0,10 mol/L,[SO42]=1×C=0,050 mol/L.[\mathrm{Na^+}] = 2 \times C = 2 \times 0{,}050 = 0{,}10\ \text{mol/L}, \qquad [\mathrm{SO_4^{2-}}] = 1 \times C = 0{,}050\ \text{mol/L}.

[Na+]=0,10[\mathrm{Na^+}] = 0{,}10 mol/L et [SO42]=0,050[\mathrm{SO_4^{2-}}] = 0{,}050 mol/L.

3. Contrôler par l'électroneutralité.

(+1)×0,10+(2)×0,050=0,100,10=0.(+1) \times 0{,}10 + (-2) \times 0{,}050 = 0{,}10 - 0{,}10 = 0.

✔ Le bilan des charges est nul : les deux concentrations sont cohérentes.

4. Écarter les mauvaises réponses. « [Na+]=0,050[\mathrm{Na^+}] = 0{,}050 mol/L » oublie le 22 de la formule : le bilan de charges donnerait 0,050-0{,}050, une solution chargée négativement. « [Na+]=0,025[\mathrm{Na^+}] = 0{,}025 mol/L » divise au lieu de multiplier : il y a plus d'ions sodium que d'unités de formule, pas moins.

Auto-contrôle. Ai-je écrit l'équation de dissolution avant de calculer ? Ai-je multiplié CC par le nombre d'ions libérés, pour chaque ion ? Et mon inventaire est-il électriquement neutre ?

Sources

  • BO spécial n°1 du 22 janvier 2019 — programme de spécialité physique-chimie de première générale, « Constitution et transformations de la matière : cohésion et dissolution — équation de dissolution, concentration en soluté apporté, concentrations effectives des ions »
  • S. Zumdahl, S. Zumdahl, Chimie générale, De Boeck, chap. « Types de réactions chimiques et stœchiométrie des solutions » — dissolution des composés ioniques, électrolytes, concentrations des ions
  • P. Atkins, J. de Paula, Chimie physique, De Boeck — solvatation des ions, électroneutralité des solutions

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