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Chimie · Première · 8 min de lecture

Spectroscopie infrarouge : reconnaître les groupes

Nombre d'onde (cm⁻¹), bandes caractéristiques (O–H, C=O, N–H, C–H), identification de groupes caractéristiques à partir d'un spectre.

Chapitre du programme : Constitution et transformations de la matière

Bloc 1 sur 7 · Comprendre

Comprendre : des vibrations aux bandes

La spectroscopie infrarouge étudie les absorptions associées aux vibrations moléculaires. Une vibration peut absorber une radiation de fréquence adaptée si elle modifie le moment dipolaire de la molécule : toute vibration n’est donc pas nécessairement visible en IR. Les mouvements sont couplés ; le spectre n’est pas une liste exhaustive de liaisons indépendantes.

Dans cette progression, on utilise une table simplifiée pour reconnaître quelques groupes. La technique complète peut aussi servir à comparer des spectres de référence et, avec une méthode adaptée, à réaliser une analyse quantitative. La limite de notre activité n’est pas une limite universelle de l’IR.

Lire les axes. Le nombre d’onde est σ=1/λ\sigma=1/\lambda. Si λ\lambda est exprimée en centimètres, σ\sigma l’est en cm−1\mathrm{cm^{-1}}. Le schéma couvre une zone usuelle du moyen IR, de 40004000 à 400 cm−1400\ \mathrm{cm^{-1}}, décroissante vers la droite. D’autres présentations existent.

En transmittance, T=I/I0T=I/I_0 est une fraction ; l’axe peut afficher 100T100T en pourcentage. Une absorption produit alors un creux. Un spectre en absorbance présente au contraire des pics vers le haut. Une bande se décrit par sa position, son intensité et sa largeur, à croiser avec les conditions de mesure.

Tableau : Repère de la table simplifiée, Zone indicative (\mathrm{cm^{-1}}), Aspect retenu
Repère de la table simplifiéeZone indicative (cm−1\mathrm{cm^{-1}})Aspect retenu
O–H d’alcool associé3200–3600forte, large
O–H d’acide carboxylique associé2500–3200forte, très large
N–H dans les exemples choisis3100–3500moyenne, relativement fine
C–H porté par un carbone saturé sp32800–3000fine, moyenne à forte
C=O dans le corpus choisi1650–1750forte, fine

Ces intervalles servent de données locales. Ils ne couvrent pas toutes les familles : C–H d’alcène, aromatique ou d’alcyne terminal, ainsi que certains carbonyles, peuvent se trouver ailleurs.

Bloc 2 sur 7 · Approfondir

Approfondir : raisonner dans un corpus borné

Une méthode en quatre étapes.

  1. Vérifiez la zone enregistrée, le type d’axe, les conditions et la liste des candidats.
  2. Décrivez les bandes observées avant de leur donner un nom : position, intensité, largeur.
  3. Comparez-les à la table adaptée aux candidats. Plusieurs groupes peuvent partager une zone.
  4. Croisez les indices avec la formule et les autres données. Concluez « compatible parmi ces candidats » si c’est tout ce que le dossier permet.

Dans le corpus élémentaire alcool/amine/aldéhyde/cétone/acide carboxylique, un carbonyle avec une très large bande O–H peut orienter vers un acide. Hors de ce corpus, d’autres familles doivent être considérées : un ester ou un amide porte aussi un carbonyle ; un phénol porte O–H. On n’étend pas automatiquement la table limitée à toute molécule organique.

La largeur dépend des conditions. Les liaisons hydrogène contribuent à élargir la bande O–H des alcools associés. Un O–H libre, notamment dans des conditions limitant l’association, peut donner une bande plus fine. N–H peut aussi participer à des liaisons hydrogène : « large = toujours O–H » et « fin = toujours N–H » ne sont pas des lois.

Absence de bande. Une absence n’est exploitable que si la zone est enregistrée, la table pertinente, la sensibilité suffisante et la bande attendue non masquée dans les conditions annoncées. Même une bande habituellement forte ne justifie pas une absence universelle du groupe. Les exercices simplifiés supposent ces conditions de visibilité pour leurs signatures.

Reconnaître et identifier. Une seule bande C=O ne suffit généralement pas à nommer une molécule. Un spectre plus complet, notamment sa région d’empreinte, peut en revanche contribuer à une identification par comparaison avec des références prises dans des conditions compatibles. Aldéhyde et cétone n’ont pas nécessairement un maximum C=O exactement au même nombre d’onde.

Bloc 3 sur 7 · Exemple

Exemple guidé : conclure sans surinterpréter

Dossier. Deux candidats seulement sont envisagés : le butanal et la butan-2-one. Les deux contiennent un groupe carbonyle. Le compte rendu disponible indique uniquement « bande forte dans la zone C=O de la table simplifiée » et des bandes C–H ; il ne fournit ni la position précise du maximum, ni les bandes faibles, ni la région d’empreinte.

1. Énoncer l’information positive. L’indice est compatible avec la présence d’un carbonyle pour les deux candidats. Il ne démontre pas que leurs spectres complets sont identiques.

2. Refuser un choix non justifié. Avec ces seules données résumées, on ne peut pas sélectionner un nom. La règle de décision proposée « carbonyle, donc butanal » ajoute une information qui n’a pas été mesurée ou fournie.

3. Définir une donnée utile. Un spectre complet comparé à des références appropriées, ou une information indépendante, pourrait aider à trancher. On ne préjuge pas du résultat de cette comparaison absente du dossier.

Conclusion bornée. Les deux candidats restent compatibles avec le compte rendu. Cette tâche critique n’est pas la sélection d’un candidat unique proposée par le modèle d’entraînement : elle apprend à reconnaître une information insuffisante.

Bloc 4 sur 7 · Visualiser

Visualiser : lire le schéma et ses limites

Le SVG existant présente des courbes schématiques, pas des spectres expérimentaux numérisés. Les creux sont construits sur une ligne de base proche de 97 % ; l’empreinte sous 1500 cm−11500\ \mathrm{cm^{-1}} n’est pas tracée. On ne lit donc pas une absence d’absorption dans cette région volontairement omise.

Le panneau du butan-1-ol illustre une bande O–H large et une bande C–H. Celui de la butan-2-one montre un carbonyle. Les cartouches disent désormais « dans ce schéma » ou « dans ce modèle » : les absences illustrées ne forment pas une règle universelle d’analyse.

Les vignettes O–H/N–H comparent deux largeurs choisies. Elles montrent l’intérêt de croiser position et allure, sans garantir que toutes les bandes réelles de ces groupes aient ces mêmes largeurs.

Le rappel final précise que la seule bande C=O du schéma ne suffit pas à distinguer aldéhyde et cétone, tandis qu’un spectre IR complet peut contribuer à identifier une molécule par comparaison avec une référence.

Spectres infrarouges schématiques du butan-1-ol et de la butan-2-one : position, intensité, allure des bandes O–H, C–H et C=O — Deux graphiques superposés qui partagent le même axe horizontal, gradué en nombre d'onde de 4 000 à gauche…
Spectres infrarouges schématiques du butan-1-ol et de la butan-2-one : position, intensité, allure des bandes O–H, C–H et C=O · Ouvrir la figure en grand

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Sources

  • NIST Chemistry WebBook, Quantitative Infrared Database : https://webbook.nist.gov/chemistry/quant-ir/
  • OpenStax, Organic Chemistry, 12.6 Infrared Spectroscopy : https://openstax.org/books/organic-chemistry/pages/12-6-infrared-spectroscopy
  • OpenStax, Organic Chemistry, 12.7 Interpreting Infrared Spectra : https://openstax.org/books/organic-chemistry/pages/12-7-interpreting-infrared-spectra
  • BO spécial n° 1 du 22 janvier 2019, programme de spécialité physique-chimie de première générale — référence historique de cette progression

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