Chimie · Première · 7 min de lecture
Spectroscopie UV-visible : doser par la lumière
Absorbance, spectre d'absorption, longueur d'onde au maximum, couleur perçue et couleur absorbée, A = ε ℓ C, dosage par étalonnage.
Chapitre du programme : Constitution et transformations de la matière
Bloc 1 sur 7 · Comprendre
Comprendre : la couleur vue, la couleur absorbée
Une solution laisse parvenir au détecteur ou à l’œil une partie de la lumière incidente. L’absorption dépend de la longueur d’onde. La couleur observée dépend de l’ensemble du spectre transmis, de l’éclairage et des conditions d’observation : un seul maximum ne suffit pas toujours à la déterminer.
Le spectrophotomètre compare des puissances lumineuses dans une bande spectrale étroite. Avec une référence appropriée, la transmittance est et l’absorbance décadique est . Toutes deux sont sans unité. Dans le modèle idéal, T = 1 correspond à A = 0 ; A = 1 correspond à T = 0,1, et non à une disparition totale de la lumière.
Le blanc prend en compte notamment le solvant et la cuve dans des conditions comparables. Une perte par réflexion ou diffusion n’est pas automatiquement l’absorption de l’espèce dosée ; ces effets doivent être contrôlés.
Un spectre d’absorption représente A en fonction de la longueur d’onde dans les conditions de mesure. Il renseigne sur l’échantillon mais ne garantit pas son identité : des espèces ou mélanges peuvent présenter des bandes proches.
Dans un milieu homogène, pour une bande spectrale suffisamment étroite, une chimie inchangée et sans diffusion notable, le modèle mono-espèce peut s’écrire . Le coefficient dépend de l’espèce et des conditions, dont la longueur d’onde et le milieu. La relation doit être validée dans le domaine de la méthode ; aucune absorbance limite de 1,5 n’est universelle.
Bloc 2 sur 7 · Approfondir
Approfondir : de la loi au dosage par étalonnage
Unités. Avec un trajet en cm et C en mol/L, le coefficient s’exprime en L·mol⁻¹·cm⁻¹. D’autres systèmes cohérents conviennent. Une cuve de 10 mm a un trajet de 1 cm.
Plusieurs contributions. Des absorbeurs indépendants peuvent contribuer de façon additive : . Une seule mesure ne sépare généralement pas plusieurs concentrations inconnues. Une espèce invisible à l’œil peut interférer à la longueur d’onde choisie ; une espèce incolore peut être dosée directement en UV si elle y absorbe et si la méthode convient.
Étalonner. Des étalons de concentrations connues sont mesurés dans des conditions comparables. Les points expérimentaux comportent des incertitudes : ils ne sont pas garantis parfaitement alignés. Une méthode peut conduire à , avec un intercept évalué, plutôt qu’à une droite exactement par l’origine. Un point discordant peut provenir de la préparation, de la contamination, d’un effet instrumental ou d’un écart au modèle ; il n’en prouve pas la cause à lui seul.
Dans le modèle idéal à blanc corrigé, intercept nul et , . Une longueur d’onde sans sensibilité à C ne permet pas cette inversion. Avec une relation affine validée et , . L’inconnue est recherchée dans la gamme validée ; l’extrapolation nécessite une validation supplémentaire.
Choisir la longueur d’onde. Un maximum de l’espèce peut augmenter la sensibilité de pente, sans garantir la meilleure précision : bruit, saturation, lumière parasite et interférences comptent. La limite exploitable dépend de l’instrument et de la méthode.
Couleur. Le modèle d’une bande visible dominante peut suggérer une couleur complémentaire sous éclairage blanc. C’est une approximation du spectre transmis. Un maximum à 810 nm, dans le proche infrarouge, ne donne pas directement une couleur complémentaire visible.
Bloc 3 sur 7 · Exemple
Exemple guidé : exploiter un étalonnage affine
Dossier fictif. Une méthode a validé la relation , avec C en mol/L, pour C entre 0,00010 et 0,00030 mol/L. L’intercept 0,030 appartient à cette relation fournie ; on ne retranche pas une seconde fois un blanc déjà pris en compte. L’inconnue donne A = 0,390.
1. Situer la mesure. Les bornes correspondent à A = 0,210 et A = 0,570. L’inconnue se trouve entre ces bornes.
2. Isoler C. mol/L. Le contrôle inverse donne .
3. Critiquer une formule. Utiliser directement C = A/1800 donnerait environ 0,000217 mol/L : ce calcul ignore l’intercept et ne suit pas la relation fournie.
4. Une mesure A = 0,900. Elle se situe hors gamme de cette méthode. Cela ne prouve pas une rupture universelle de Beer-Lambert à 0,900. Il faut une dilution suivie d’une nouvelle mesure, ou une autre gamme validée. Retrouver la concentration initiale par un facteur de dilution suppose conservation de l’espèce sans perte ni réaction parasite.
Les données de ce dossier sont idéalisées ; aucun résultat expérimental réel n’est prétendu.
Bloc 4 sur 7 · Visualiser
La figure en détail
À gauche, la largeur de cuve représente le trajet optique. La perte de lumière est interprétée comme absorption dans le modèle illustré après contrôle des autres pertes. L’épaisseur dessinée des faisceaux ne mesure pas une puissance.
Au centre, la bosse à 530 nm est une courbe schématique, pas un spectre expérimental reproduit. Vert absorbé et magenta perçu illustrent le modèle d’une bande dominante sous éclairage blanc ; la couleur générale dépend du spectre transmis.
À droite, quatre données idéales sont exactement proportionnelles, de pente 2300 L/mol. La lecture A = 0,460 donne C = 0,000200 mol/L dans cette gamme. Ces repères de connaissances ne sont pas des données métrologiques certifiées de permanganate.
La zone A > 1,5 est une borne fournie pour ce schéma pédagogique, pas une frontière universelle. La prolongation en tirets rappelle que tracer une droite n’étend pas la gamme validée. Le dossier précédent utilise une relation affine différente afin de montrer le rôle d’un intercept.
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Sources
- BO spécial n°1 du 22 janvier 2019 — programme de spécialité physique-chimie de première générale, « Constitution et transformations de la matière : dosage par étalonnage — spectroscopie UV-visible, absorbance, spectre d'absorption, loi de Beer-Lambert »
- IUPAC, Gold Book, Beer–Lambert law B00626 : https://goldbook.iupac.org/terms/view/B00626
- Shimadzu, How does stray light influence high absorbance measurements? : https://www.ssi.shimadzu.com/service-support/faq/uv-vis/resolution-and-stray-light/4/index.html
- P. Atkins, J. de Paula, Chimie physique, De Boeck — loi de Beer-Lambert, coefficient d'absorption molaire (données de l'ion permanganate)
- E. Hecht, Physique, De Boeck, chap. « La lumière et la couleur » — couleurs complémentaires, absorption sélective
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