Aller au contenu principal

Chimie · Troisième · 17 min de lecture

Les ions : composition et bilan de charge

Cation et anion par perte ou gain d'électrons, ions monoatomiques et polyatomiques usuels (Na⁺, Cl⁻, SO₄²⁻…), solutions ioniques, tests d'identification.

Chapitre du programme : Organisation et transformations de la matière

Bloc 1 sur 7 · Comprendre

Comprendre : composition conservée du noyau

Un atome est électriquement neutre. Ce n'est pas une propriété magique : c'est un simple comptage. Son noyau contient ZZ protons, chacun portant une charge positive, et autour du noyau se répartissent exactement ZZ électrons, chacun portant une charge négative. Autant de ++ que de −- : le bilan est nul.

Un ion est un atome — ou un groupe d'atomes — qui a perdu ou gagné un ou plusieurs électrons. Il porte donc une charge électrique non nulle.

Ce qui reste inchangé dans l'ionisation chimique étudiée. Le noyau est environ 100 000 fois plus petit que l'atome, et ses protons y sont retenus par des forces bien plus intenses que tout ce qui se joue en chimie. Les électrons, eux, occupent tout le volume extérieur : c'est leur répartition et leur nombre autour d'un noyau qui peuvent changer lors de l'ionisation étudiée. Les noyaux peuvent évidemment se déplacer dans l'espace ; leur composition est conservée dans ce modèle chimique. D'où la règle qui commande tout le reste :

En chimie, le nombre de protons ne change jamais. Pour l'ion monoatomique étudié, le nombre d'électrons change, pas le nombre de protons du noyau.

Deux cas, deux noms :

  • l'atome perd des électrons : il lui reste plus de ++ que de −-, sa charge est positive. C'est un cation ;
  • l'atome gagne des électrons : il a plus de −- que de ++, sa charge est négative. C'est un anion.

La charge se note en exposant, à droite du symbole, et se compte en nombre de charges élémentaires : Na+\mathrm{Na^{+}}, Mg2+\mathrm{Mg^{2+}}, Cl−\mathrm{Cl^{-}}, O2−\mathrm{O^{2-}}. Quand il n'y a qu'une charge, on écrit seulement le signe.

Tableau : Atome, Z, Électrons de l'atome, Ion formé, Électrons de l'ion, Ce qui s'est passé
AtomeZZÉlectrons de l'atomeIon forméÉlectrons de l'ionCe qui s'est passé
sodium Na1111Na+\mathrm{Na^{+}}10perte de 1 électron
magnésium Mg1212Mg2+\mathrm{Mg^{2+}}10perte de 2 électrons
oxygène O88O2−\mathrm{O^{2-}}10gain de 2 électrons
chlore Cl1717Cl−\mathrm{Cl^{-}}18gain de 1 électron

Compare la troisième colonne et la cinquième : le nombre d'électrons diminue pour un ion positif et augmente pour un ion négatif. C'est déroutant la première fois, et c'est pourtant logique : enlever une charge négative rend le bilan positif.

Rien à apprendre par cœur ici. Le numéro atomique ZZ ne se retient pas : il est donné dans l'énoncé, ou se lit dans la classification périodique des éléments, ce tableau fourni avec le sujet où chaque case porte le symbole de l'élément, son nom et son numéro atomique — le petit nombre entier écrit à côté du symbole. Savoir y retrouver un élément à partir de son nom, et l'inverse, fait partie du programme. Une fois ZZ connu, tout le reste se déduit.

Bloc 2 sur 7 · Approfondir

Approfondir : ions polyatomiques et électroneutralité

1. Un ion n'est pas toujours un atome seul. Certains ions sont des groupes d'atomes liés entre eux qui portent globalement une charge : on les dit polyatomiques. Les plus utiles en 3e :

Tableau : Ion, Nom, Charge
IonNomCharge
HO−\mathrm{HO^{-}}ion hydroxyde1 charge négative
NO3−\mathrm{NO_3^{-}}ion nitrate1 charge négative
SO42−\mathrm{SO_4^{2-}}ion sulfate2 charges négatives
CO32−\mathrm{CO_3^{2-}}ion carbonate2 charges négatives
NH4+\mathrm{NH_4^{+}}ion ammonium1 charge positive

La charge appartient au groupe entier, pas à l'un de ses atomes. SO42−\mathrm{SO_4^{2-}} ne signifie pas « un soufre chargé 2−2- entouré de quatre oxygènes » : le groupe possède deux électrons de plus que le total des atomes neutres correspondants. C'est un bilan de composition et de charge, pas l'affirmation d'un mécanisme de formation par capture d'électrons par cinq atomes libres.

2. L'électroneutralité : une hypothèse du modèle des échantillons étudiés. Les solutions et solides ioniques de ces exercices sont supposés globalement neutres : les charges positives et négatives se compensent. Il existe aussi des objets chargés ; on ne teste jamais cette propriété avec le corps ou le doigt.

Pour un échantillon neutre contenant uniquement les deux espèces ioniques considérées, cette règle donne un outil de calcul. Si d'autres ions sont présents, leurs charges doivent aussi entrer dans le bilan. Chaque cation apporte un certain nombre de charges positives, chaque anion un certain nombre de charges négatives, et les deux totaux sont égaux :

ncations×∣qcation∣=nanions×∣qanion∣.n_{\text{cations}} \times |q_{\text{cation}}| = n_{\text{anions}} \times |q_{\text{anion}}|.

Conséquence à retenir : il n'y a pas forcément autant d'ions des deux sortes. Dans le chlorure de calcium, l'ion Ca2+\mathrm{Ca^{2+}} apporte deux charges positives alors que l'ion Cl−\mathrm{Cl^{-}} n'apporte qu'une charge négative : il faut donc deux fois plus d'ions chlorure que d'ions calcium.

3. Un solide ionique n'est pas fait de molécules. Le chlorure de sodium ne contient pas de « molécules NaCl » : c'est un empilement régulier d'ions Na+\mathrm{Na^{+}} et d'ions Cl−\mathrm{Cl^{-}}, alternés, qui se tiennent par attraction entre charges opposées. La formule NaCl\mathrm{NaCl} ne décrit donc pas un objet individuel : elle annonce une proportion, un ion sodium pour un ion chlorure. Établir cette formule à partir des charges des ions se travaille en seconde ; en 3e, elle t'est donnée.

4. Les solutions ioniques conduisent le courant. Quand un solide ionique se dissout dans l'eau, ses ions se séparent les uns des autres et deviennent libres de se déplacer. Comme ils sont chargés, leur déplacement d'ensemble est un courant électrique. C'est pour cela que l'eau salée conduit alors que l'eau distillée conduit très mal : dans une solution, ce sont les ions — et non des électrons libres comme dans un métal — qui transportent la charge.

5. Repérer un ion parmi des candidats. Dans les documents de cette leçon, on étudie des solutions simples à ions candidats connus et des tests encadrés, sans interférences. Un précipité est un solide qui apparaît dans le liquide ; sa couleur seule n'est pas une identification universelle. Les observations usuelles suivantes supposent des conditions adaptées, sans excès de soude pour les hydroxydes :

Tableau : Ion recherché, Réactif versé, Résultat observé
Ion recherchéRéactif verséRésultat observé
Cu2+\mathrm{Cu^{2+}} (cuivre II)hydroxyde de sodium (soude)précipité bleu
Fe2+\mathrm{Fe^{2+}} (fer II)hydroxyde de sodiumprécipité vert
Fe3+\mathrm{Fe^{3+}} (fer III)hydroxyde de sodiumprécipité rouille
Zn2+\mathrm{Zn^{2+}} (zinc)hydroxyde de sodiumprécipité blanc
Cl−\mathrm{Cl^{-}} (chlorure)nitrate d'argent, conditions du document contrôléesprécipité blanc, qui noircit à la lumière

Interprète le test avec le réactif, les candidats et les conditions. D'autres ions peuvent donner un précipité blanc. Le zinc peut redissoudre en excès de soude ; le test des chlorures est habituellement conduit dans un milieu préalablement adapté pour limiter des interférences. Ce tableau n'est pas un protocole à pratiquer seul.

Ce que tu verras au lycée. Pourquoi l'ion monoatomique usuel du sodium dans les composés étudiés est-il Na+\mathrm{Na^{+}} ? Pourquoi l'oxygène donne-t-il O2−\mathrm{O^{2-}} ? La réponse tient à la façon dont les électrons se rangent autour du noyau — la configuration électronique — qui s'étudie en seconde. En 3e, la charge des ions usuels t'est fournie.

Bloc 3 sur 7 · Exemple

Exemple guidé : compter les électrons, puis compter les ions

On étudie le sulfate d'aluminium, un solide ionique formé d'ions aluminium Al3+\mathrm{Al^{3+}} et d'ions sulfate SO42−\mathrm{SO_4^{2-}}. Données : Z(Al)=13Z(\mathrm{Al}) = 13, Z(S)=16Z(\mathrm{S}) = 16, Z(O)=8Z(\mathrm{O}) = 8.

1. L'atome d'aluminium. Son numéro atomique vaut 13 : son noyau contient 13 protons, donc l'atome neutre possède 13 électrons.

2. L'ion aluminium Al3+\mathrm{Al^{3+}}. L'exposant 3+3+ annonce trois charges positives de trop. Comme le noyau ne change pas, ces trois charges viennent d'électrons perdus :

Neˊlectrons=13−3=10.N_{\text{électrons}} = 13 - 3 = 10.

Vérification : 13 charges positives (les protons) et 10 charges négatives (les électrons) donnent bien un bilan de 13−10=+313 - 10 = +3. Et le nombre de protons est resté 13.

3. L'ion sulfate SO42−\mathrm{SO_4^{2-}}. Il regroupe 1 atome de soufre et 4 atomes d'oxygène. Les atomes neutres correspondants totalisent

16+4×8=16+32=48 eˊlectrons.16 + 4 \times 8 = 16 + 32 = 48\ \text{électrons}.

L'exposant 2−2- annonce deux charges négatives de trop : le groupe possède deux électrons supplémentaires par rapport à ce total neutre ; cela ne décrit pas son mécanisme réel de formation.

Neˊlectrons=48+2=50.N_{\text{électrons}} = 48 + 2 = 50.

Les protons, eux, restent au nombre de 16+4×8=4816 + 4 \times 8 = 48. Bilan : 48−50=−248 - 50 = -2. C'est bien la charge annoncée.

4. Combien d'ions de chaque sorte ? On modélise un très petit échantillon de sulfate d'aluminium qui contient 300 ions Al3+\mathrm{Al^{3+}}. Combien d'ions sulfate contient-il ?

Chaque ion aluminium porte 3 charges positives :

300×3=900 charges positives.300 \times 3 = 900\ \text{charges positives}.

Le solide est électriquement neutre : il faut exactement 900 charges négatives pour les compenser. Chaque ion sulfate en porte 2 :

900÷2=450 ions SO42−.900 \div 2 = 450\ \text{ions } \mathrm{SO_4^{2-}}.

5. Le résultat a-t-il du sens ? Il y a plus d'ions sulfate (450) que d'ions aluminium (300), et c'est normal : chaque sulfate n'apporte que 2 charges là où chaque aluminium en apporte 3, il en faut donc davantage. La proportion est de 450 pour 300, soit 3 ions sulfate pour 2 ions aluminium.

Réflexe d'auto-contrôle : après un calcul d'électroneutralité, demande-toi toujours quelle sorte d'ion devrait être la plus nombreuse. C'est celle qui porte le moins de charges par ion.

Bloc 4 sur 7 · Visualiser

Visualiser : la formation d'un cation et d'un anion

Figure (fig.chemistry.ion-formation, SVG existant ; schémas de comptage, sans orbites réelles) : deux transformations placées l'une au-dessus de l'autre, sur le même modèle, pour que la symétrie saute aux yeux.

  • Ligne du haut — un cation. À gauche, l'atome de sodium : un disque central étiqueté « noyau : 11 protons », entouré d'un nuage où sont dessinés 11 petits points marqués d'un signe −-, avec la légende « 11 électrons ». Sous le schéma, un bandeau de bilan : « 11 charges ++ / 11 charges −- → bilan 0 ». Au centre, une flèche horizontale portant l'étiquette « − 1-\,1 électron » et, sous elle, un électron isolé qui s'échappe vers le haut. À droite, l'ion sodium Na+\mathrm{Na^{+}} : le même disque central, toujours étiqueté « noyau : 11 protons » (souligné : inchangé), un nuage à 10 points, et le bandeau « 11 charges ++ / 10 charges −- → bilan +1+1 ».
  • Ligne du bas — un anion. Même mise en page. À gauche, l'atome de chlore : « noyau : 17 protons », 17 points, bilan 0. Flèche centrale « + 1+\,1 électron », avec un électron qui arrive de l'extérieur. À droite, l'ion chlorure Cl−\mathrm{Cl^{-}} : « noyau : 17 protons » (inchangé), 18 points, bandeau « 17 charges ++ / 18 charges −- → bilan −1-1 ».
  • Distinction sans couleur. Le disque du noyau du cation est bordé d'un trait plein, celui de l'anion d'un trait hachuré, et chaque bandeau de bilan porte le signe du résultat écrit en toutes lettres : aucune information n'est portée par la seule couleur.
  • Encadré en bas de figure : « Le noyau ne change jamais. Seul le nombre d'électrons change. Électrons de l'ion monoatomique =Z−= Z - charge. »

Ce qu'il faut lire. Les deux disques centraux d'une même ligne sont identiques : c'est le message principal de la figure. Ce qui change d'un côté à l'autre de la flèche, c'est uniquement le nombre de points du nuage. Et le sens de la flèche contredit l'intuition : celle qui retire un électron produit l'ion positif.

La figure en détail : deux schémas superposés. Dans le premier, un atome de sodium à gauche (noyau de 11 protons, 11 électrons, bilan de charge nul) devient, après le départ d'un électron, un ion sodium à droite (noyau de 11 protons inchangé, 10 électrons, bilan plus un). Dans le second, un atome de chlore à gauche (noyau de 17 protons, 17 électrons, bilan nul) devient, après l'arrivée d'un électron, un ion chlorure à droite (noyau de 17 protons inchangé, 18 électrons, bilan moins un). Un encadré final rappelle que le noyau ne change jamais et que le nombre d'électrons d'un ion vaut Z moins sa charge.

Formation d'un cation et d'un anion : le noyau ne change pas, seul le nombre d'électrons change — Deux ionisations monoatomiques du modèle chimique. Les points sont un schéma de comptage, sans orbites réelles.
Formation d'un cation et d'un anion : le noyau ne change pas, seul le nombre d'électrons change · Ouvrir la figure en grand

Continuez sur votre lancée

Vous avez découvert l’essentiel et un exemple. Retrouvez la suite du cours et les points à retenir, puis passez à l’entraînement guidé dans votre compte.

  • Les formules et les repères à retenir
  • Les erreurs fréquentes expliquées
  • Un exercice avec des aides et sa correction

L’accès gratuit comprend les cours et exercices de votre niveau choisi.

Sources

  • OpenStax Chemistry 2e §2.3, ions et bilans de charge ; https://openstax.org/books/chemistry-2e/pages/2-3-atomic-structure-and-symbolism, consulté le 23 octobre 2026
  • RSC Education, Testing salts for anions and cations, couleurs des hydroxydes et chlorure ; https://edu.rsc.org/experiments/testing-salts-for-anions-and-cations/464.article ; passages primaires indexés lus le 23 octobre 2026, accès direct sous vérification JavaScript
  • BO n°31 du 30 juillet 2020 — programme du cycle 4 (5e, 4e, 3e), physique-chimie, thème « Organisation et transformations de la matière » : molécules, atomes et ions ; tests d'identification d'ions
  • BO spécial n°1 du 22 janvier 2019 — programme de physique-chimie de seconde générale et technologique (repère de niveau : la configuration électronique et la formule d'un solide ionique relèvent de la seconde, pas du cycle 4)
  • IUPAC, Compendium of Chemical Terminology (« Gold Book »), 2e édition, 1997 — entrées « ion », « cation », « anion »
  • S. Zumdahl, S. Zumdahl, Chimie générale, De Boeck — chapitre consacré aux atomes, aux molécules et aux ions

Vous pensez avoir trouvé une erreur dans cette leçon ? Signalez-la par e-mail.

Explorer les autres cours

Accès rapide