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Physique · Troisième · 16 min de lecture

Énergie cinétique et énergie de position : le carré qui change tout

E_c = ½ m v², E_pp = m g h, formes et conversions d'énergie, unité joule, distance d'arrêt d'un véhicule.

Chapitre du programme : L'énergie et ses conversions

Bloc 1 sur 7 · Comprendre

Comprendre : deux façons de stocker de l'énergie

Un objet possède de l'énergie quand il est capable de produire un effet : mettre quelque chose en mouvement, le déformer, le chauffer. L'énergie se mesure en joules (symbole J), et ses multiples usuels sont le kilojoule (1 kJ=1000 J1\ \text{kJ} = 1000\ \text{J}) et le mégajoule (1 MJ=106 J1\ \text{MJ} = 10^{6}\ \text{J}).

Deux formes d'énergie t'intéressent ici.

1. L'énergie cinétique : l'énergie du mouvement. Un objet qui se déplace peut, en heurtant un obstacle, le déformer ou le déplacer. Cette énergie vaut

Ec=12×m×v2,E_c = \frac{1}{2} \times m \times v^2,

avec EcE_c en joules (J), mm en kilogrammes (kg) et vv en mètres par seconde (m/s).

Elle dépend de deux choses seulement : la masse et la vitesse. Un camion à l'arrêt n'a aucune énergie cinétique ; un ballon lancé fort en a plus qu'un ballon lancé mollement.

Le mécanisme le plus important de cette leçon : la vitesse est au carré. Ce n'est pas un détail d'écriture. Si la vitesse est multipliée par 2, v2v^2 est multiplié par 22=42^2 = 4 : l'énergie cinétique est quadruplée, pas doublée. Multipliée par 3, elle est multipliée par 9.

Une image pour comprendre pourquoi : un objet deux fois plus rapide frappe deux fois plus fort et parcourt deux fois plus de chemin pendant le même temps. Deux effets qui se multiplient, d'où le facteur 4. L'explication complète, avec la notion de travail d'une force, t'attend en première.

2. L'énergie potentielle de pesanteur : l'énergie de la position. Un objet placé en hauteur peut tomber, et sa chute le mettra en mouvement. Il possède donc déjà de l'énergie, avant même de bouger. Cette énergie est donnée par la relation

Epp=m×g×h,E_{pp} = m \times g \times h,

avec EppE_{pp} en joules (J), mm en kilogrammes (kg), gg en newtons par kilogramme (N/kg) et hh la hauteur en mètres (m).

Cette relation t'est toujours fournie dans l'énoncé au collège : tu dois savoir l'utiliser, pas la réciter. Seule Ec=12mv2E_c = \frac{1}{2} m v^2 est à connaître par cœur.

Le mécanisme du lien entre les deux. Quand l'objet tombe, sa hauteur diminue donc EppE_{pp} diminue ; sa vitesse augmente donc EcE_c augmente. L'énergie n'apparaît pas et ne disparaît pas : elle se convertit d'une forme dans l'autre.

Deux réflexes à installer : la vitesse se met en m/s avant tout calcul, et la hauteur se compte à partir d'une référence qu'on précise.

Bloc 2 sur 7 · Approfondir

Approfondir : conversions, référence, distance de freinage

La conversion km/h → m/s est la première étape, toujours. Les vitesses de la vie courante sont en km/h, la formule exige des m/s :

vm/s=vkm/h3,6.v_{\text{m/s}} = \frac{v_{\text{km/h}}}{3{,}6}.

Oublier cette division ne fait pas une petite erreur : elle donne un résultat 3,62133{,}6^2 \approx 13 fois trop grand.

Le carré de la vitesse, en chiffres. Pour une voiture de 1200 kg :

Tableau : Vitesse, v en m/s, E_c, Comparé à 45 km/h
Vitessevv en m/sEcE_cComparé à 45 km/h
45 km/h12,593,8 kJ×1
90 km/h25,0375 kJ×4
135 km/h37,5844 kJ×9

La vitesse est multipliée par 2, l'énergie par 4 ; par 3, l'énergie par 9. Multiplier la masse par 2, en revanche, ne multiplie l'énergie que par 2 : la masse n'est pas au carré.

La conséquence : la distance de freinage. Pour arrêter un véhicule, les freins doivent « absorber » toute son énergie cinétique, en la convertissant en chaleur dans les disques et les pneus. La force de freinage étant à peu près la même quelle que soit la vitesse, il faut une distance proportionnelle à l'énergie, donc proportionnelle au carré de la vitesse. Rouler deux fois plus vite, ce n'est pas freiner sur deux fois plus de mètres : c'est freiner sur quatre fois plus de mètres. (La distance de freinage réelle dépend aussi de l'état de la route, des pneus et du véhicule ; et pour obtenir la distance d'arrêt, il faut encore lui ajouter la distance parcourue pendant le temps de réaction du conducteur.)

La référence de l'énergie potentielle. hh n'est pas « la hauteur de l'objet » dans l'absolu : c'est sa hauteur au-dessus d'un niveau que l'on choisit et que l'on annonce. Un plongeur sur un plongeoir est à 5 m au-dessus de l'eau, mais à 8 m au-dessus du fond du bassin. Selon la référence choisie, EppE_{pp} n'a pas la même valeur — et ce n'est pas gênant, parce que ce qui compte physiquement, c'est la variation de EppE_{pp} pendant le mouvement. Une règle simple : la référence est le niveau où l'objet finira, et c'est là que Epp=0E_{pp} = 0.

Les chaînes énergétiques. Écrire une conversion, c'est indiquer le réservoir de départ, le réservoir d'arrivée et la forme transférée :

  • une chute libre : EppEcE_{pp} \longrightarrow E_c ;
  • un freinage : EcE_c \longrightarrow énergie thermique (les freins chauffent) ;
  • un vélo qui monte une côte : énergie du cycliste Epp\longrightarrow E_{pp} ;
  • un barrage hydroélectrique : EppE_{pp} de l'eau Ec\longrightarrow E_c de l'eau \longrightarrow énergie électrique.

Tant qu'on peut négliger les frottements, la somme Ec+EppE_c + E_{pp} reste constante pendant la chute : ce que l'un perd, l'autre le gagne. Avec des frottements (l'air, l'eau), une partie part en énergie thermique et cette somme diminue. Le bilan complet, avec la notion d'énergie mécanique, se formalisera en première.

Ordres de grandeur (à garder en tête pour repérer un résultat aberrant) : un ballon de football tiré à 100 km/h, environ 170 J ; un piéton qui marche, environ 70 J ; une voiture à 90 km/h, environ 375 kJ ; un camion de 12 t à 80 km/h, environ 3000 kJ, soit plusieurs dizaines de milliers de fois l'énergie du piéton.

Bloc 3 sur 7 · Exemple

Exemple guidé : un caillou qui tombe d'une falaise

Un caillou de masse m=1,50m = 1{,}50 kg est posé au bord d'une falaise, à h=12,0h = 12{,}0 m au-dessus du sol. Il bascule et tombe. On donne g=9,81g = 9{,}81 N/kg et la relation Epp=m×g×hE_{pp} = m \times g \times h. On néglige les frottements de l'air, et on prend le sol comme référence des hauteurs.

1. Son énergie potentielle de pesanteur au départ. Toutes les grandeurs sont déjà en unités SI : m=1,50m = 1{,}50 kg, h=12,0h = 12{,}0 m.

Epp=m×g×h=1,50×9,81×12,0=176,58177 J.E_{pp} = m \times g \times h = 1{,}50 \times 9{,}81 \times 12{,}0 = 176{,}58 \approx 177\ \text{J}.

2. Son énergie cinétique au départ. Le caillou est immobile, donc v=0v = 0 et

Ec=12×1,50×02=0 J.E_c = \frac{1}{2} \times 1{,}50 \times 0^2 = 0\ \text{J}.

Toute son énergie est « en réserve », sous forme d'énergie de position.

3. À mi-hauteur (h=6,00h = 6{,}00 m).

Epp=1,50×9,81×6,00=88,2988,3 J.E_{pp} = 1{,}50 \times 9{,}81 \times 6{,}00 = 88{,}29 \approx 88{,}3\ \text{J}.

Il a perdu la moitié de son énergie de position ; comme rien ne se perd (frottements négligés), elle est devenue énergie cinétique :

Ec=176,5888,29=88,2988,3 J.E_c = 176{,}58 - 88{,}29 = 88{,}29 \approx 88{,}3\ \text{J}.

On en déduit sa vitesse en isolant vv dans Ec=12mv2E_c = \frac{1}{2} m v^2 :

v2=2Ecm=2×88,291,50=117,72doncv=117,7210,8 m/s.v^2 = \frac{2 E_c}{m} = \frac{2 \times 88{,}29}{1{,}50} = 117{,}72 \quad \text{donc} \quad v = \sqrt{117{,}72} \approx 10{,}8\ \text{m/s}.

4. Juste avant de toucher le sol (h=0h = 0).

Epp=1,50×9,81×0=0 J,Ec=176,58177 J.E_{pp} = 1{,}50 \times 9{,}81 \times 0 = 0\ \text{J}, \qquad E_c = 176{,}58 \approx 177\ \text{J}.

Toute l'énergie de position est devenue énergie cinétique. La vitesse d'arrivée :

v2=2×176,581,50=235,44doncv=235,4415,3 m/s.v^2 = \frac{2 \times 176{,}58}{1{,}50} = 235{,}44 \quad \text{donc} \quad v = \sqrt{235{,}44} \approx 15{,}3\ \text{m/s}.

En km/h, à partir de la valeur non arrondie (235,44=15,344\sqrt{235{,}44} = 15{,}344\ldots m/s) : 15,344×3,655,215{,}344 \times 3{,}6 \approx 55{,}2 km/h. Si tu repars de 15,3 déjà arrondi, ta calculatrice affiche 55,1 : c'est exactement l'effet d'un arrondi intermédiaire, et la raison pour laquelle on n'arrondit qu'à la fin. Un caillou d'un kilo et demi arrivant à 55 km/h : on comprend les panneaux « chutes de pierres ».

5. Le bilan dans un tableau.

Tableau : Position, h (m), E_{pp} (J), E_c (J), E_{pp} + E_c (J), v (m/s)
Positionhh (m)EppE_{pp} (J)EcE_c (J)Epp+EcE_{pp} + E_c (J)vv (m/s)
au sommet12,017701770
à mi-hauteur6,0088,388,317710,8
juste avant le sol0017717715,3

La dernière colonne de somme ne bouge pas : c'est la signature d'une conversion d'énergie, et non d'une création. La chaîne s'écrit EppEcE_{pp} \longrightarrow E_c.

6. Et à l'impact ? L'énergie cinétique ne disparaît pas davantage : elle se convertit en déformation du sol, en son, et en énergie thermique. Elle change encore de forme, elle ne s'évanouit pas.

Vérification par une autre voie : la vitesse finale peut se retrouver sans passer par l'énergie du caillou, car sa masse se simplifie. En effet 12mv2=mgh\frac{1}{2} m v^2 = m g h donne v=2gh=2×9,81×12,0=235,4415,3v = \sqrt{2gh} = \sqrt{2 \times 9{,}81 \times 12{,}0} = \sqrt{235{,}44} \approx 15{,}3 m/s. Même résultat — et la conclusion est frappante : un caillou de 1,5 kg et un rocher de 150 kg arrivent à la même vitesse, seule leur énergie diffère.

Bloc 4 sur 7 · Visualiser

Visualiser : les deux réservoirs pendant la chute

Figure (fig.physics.kinetic-potential-energy, SVG programmatique à produire) : la falaise de l'exemple, avec trois arrêts sur image et, en face de chacun, deux barres d'énergie.

  • À gauche, la scène. Une falaise verticale graduée de 0 à 12 m, un trait horizontal en bas légendé « référence : le sol, Epp=0E_{pp} = 0 ». Le caillou est dessiné trois fois, aux altitudes 12,0 m, 6,00 m et 0 m, chaque position étiquetée avec sa vitesse : « v=0v = 0 », « v=10,8v = 10{,}8 m/s », « v=15,3v = 15{,}3 m/s ». Une flèche verticale descendante relie les trois positions.
  • À droite, trois paires de barres horizontales, une paire par position, toutes à la même échelle (10 J par unité de largeur) :
  • position 12,0 m : barre EppE_{pp} pleine longueur (177 J), barre EcE_c de longueur nulle (un simple trait avec la mention « 0 J ») ;
  • position 6,00 m : barre EppE_{pp} à mi-longueur (88,3 J), barre EcE_c à mi-longueur (88,3 J) ;
  • position 0 m : barre EppE_{pp} de longueur nulle, barre EcE_c pleine longueur (177 J). Les barres EppE_{pp} sont en aplat uni ; les barres EcE_c sont hachurées en diagonale, pour se distinguer sans dépendre de la couleur. Chaque barre porte sa valeur en joules.
  • Sous chaque paire, la somme encadrée : « 177 J » les trois fois, avec la mention « Epp+EcE_{pp} + E_c ».
  • En bas de la figure, la chaîne énergétique : « EppE_{pp}EcE_c », et la remarque « frottements de l'air négligés ».

Ce qu'il faut lire. Les trois cadres de somme affichent le même nombre : c'est la conversion, vue d'un seul coup d'œil. La barre pleine passe de gauche à droite d'une paire à l'autre, comme un liquide qui se viderait d'un réservoir dans l'autre. Attention à un point que la figure rend visible : entre le sommet et la mi-hauteur, l'énergie cinétique passe de 0 à la moitié, mais la vitesse ne passe pas de 0 à la moitié de 15,3 — elle vaut 10,8 m/s, soit environ 71 % de la vitesse finale. C'est encore le carré : la moitié de l'énergie ne fait pas la moitié de la vitesse.

La figure en détail : à gauche, une falaise graduée de 0 à 12 mètres, avec le sol comme référence où l'énergie potentielle est nulle. Un caillou apparaît à trois altitudes : 12,0 mètres avec une vitesse nulle, 6,00 mètres avec une vitesse de 10,8 mètres par seconde, et 0 mètre avec une vitesse de 15,3 mètres par seconde. À droite, trois paires de barres d'énergie à la même échelle. En haut : énergie potentielle 177 joules, énergie cinétique 0 joule. Au milieu : 88,3 joules et 88,3 joules. En bas : 0 joule et 177 joules. Les barres d'énergie cinétique sont hachurées. Sous chaque paire, la somme encadrée vaut 177 joules dans les trois cas. En bas, la chaîne énergétique énergie potentielle vers énergie cinétique, avec la mention que les frottements de l'air sont négligés.

Chute d'un caillou de 1,50 kg depuis 12,0 m : énergie potentielle, énergie cinétique et leur somme constante de 177 J — À gauche, une falaise graduée de 0 à 12 m (30 px par mètre), le sol comme référence où Epp = 0.

Bloc 5 sur 7 · Formules

Relations et conversions à retenir

  • Ec=12mv2(Ec en J, m en kg, v en m/s)E_c = \frac{1}{2}\, m\, v^2 \quad (E_c \text{ en J},\ m \text{ en kg},\ v \text{ en m/s})
  • v=2Ecmv = \sqrt{\frac{2 E_c}{m}}
  • Epp=mgh(relation donneˊe, non exigible au cycle 4)E_{pp} = m\, g\, h \quad (\text{relation donnée, non exigible au cycle 4})
  • vm/s=vkm/h3,61 kJ=1000 Jv_{\mathrm{m/s}} = \frac{v_{\mathrm{km/h}}}{3{,}6} \qquad 1\ \mathrm{kJ} = 1000\ \mathrm{J}
Tableau : Grandeur, Relation, Unités SI, Domaine de validité
GrandeurRelationUnités SIDomaine de validité
Énergie cinétiqueEc=12mv2E_c = \dfrac{1}{2} m v^2J, kg, m/stout objet en mouvement — à connaître par cœur
Vitesse à partir de EcE_cv=2Ecmv = \sqrt{\dfrac{2 E_c}{m}}m/s, J, kgmême relation, retournée
Énergie potentielle de pesanteurEpp=m×g×hE_{pp} = m \times g \times hJ, kg, N/kg, mprès de la surface (gg constant), hh mesurée depuis une référence annoncée — relation donnée dans l'énoncé
Conversion de vitessevm/s=vkm/h3,6v_{\text{m/s}} = \dfrac{v_{\text{km/h}}}{3{,}6}toujours, avant d'utiliser EcE_c

Facteurs à connaître de tête. Vitesse ×2 ⇒ EcE_c ×4. Vitesse ×3 ⇒ EcE_c ×9. Masse ×2 ⇒ EcE_c ×2. De façon générale, vitesse ×kkEcE_c ×k2k^2.

Unités d'énergie. 1 kJ=1000 J1\ \text{kJ} = 1000\ \text{J}, 1 MJ=1000 kJ1\ \text{MJ} = 1000\ \text{kJ}. Le joule est l'unité SI d'énergie ; il sert pour toutes les formes d'énergie, mécanique, thermique, électrique ou chimique.

Ce qui n'est pas au programme du collège. Le théorème de l'énergie cinétique, le travail d'une force et l'énergie mécanique Em=Ec+EppE_m = E_c + E_{pp} comme grandeur nommée : tu les rencontreras en première. Au collège, on raisonne avec des bilans chiffrés, exactement comme dans l'exemple ci-dessus.

Bloc 6 sur 7 · Pièges

Pièges fréquents

  1. Croire que doubler la vitesse double l'énergie cinétique. Elle est quadruplée. C'est l'erreur la plus fréquente et la plus lourde de conséquences : à 100 km/h, une voiture n'a pas deux fois l'énergie qu'elle avait à 50 km/h, elle en a quatre fois plus, et sa distance de freinage est quatre fois plus longue.
  2. Calculer EcE_c avec une vitesse en km/h. La formule exige des m/s. Diviser par 3,6 d'abord, toujours. Sinon le résultat est environ 13 fois trop grand, ce qui ne se voit pas toujours : c'est bien pour cela que l'erreur passe inaperçue.
  3. Oublier le 12\frac{1}{2} ou le carré. Ec=mvE_c = m v, Ec=mv2E_c = m v^2 et Ec=12mvE_c = \frac{1}{2} m v sont trois formules fausses. Écris la relation en entier avant de remplacer les nombres.
  4. Élever au carré après avoir multiplié. 12mv2\frac{1}{2} m v^2 signifie « la moitié de mm, multipliée par vv au carré », et non « (12mv)2(\frac{1}{2} m v)^2 ». Calcule v2v^2 à part, puis multiplie.
  5. Oublier de préciser la référence de EppE_{pp}. « Le plongeur est à 5 m de haut » ne veut rien dire tant qu'on n'a pas dit « au-dessus de l'eau » ou « au-dessus du sol ». La valeur de EppE_{pp} en dépend.
  6. Apprendre Epp=mghE_{pp} = m g h comme une formule exigible. Elle t'est fournie au collège ; ce qui compte, c'est de savoir l'utiliser et d'y mettre les bonnes unités. En revanche, Ec=12mv2E_c = \frac{1}{2} m v^2 est bien à connaître.
  7. Mélanger joules et kilojoules dans un même calcul. Convertis tout en joules, calcule, puis convertis le résultat si l'énoncé demande des kilojoules.
  8. Croire qu'un objet lourd tombe plus vite. À la même hauteur, tous les objets arrivent à la même vitesse (frottements négligés) : v=2ghv = \sqrt{2gh} ne contient pas mm. C'est leur énergie qui diffère, pas leur vitesse.

Bloc 7 sur 7 · Vérifier

Vérifier : calculer une énergie, ou remonter à la vitesse

Exercice type. L'exercice tire l'inconnue parmi EcE_c, vv, EppE_{pp}, mm et hh, sur une banque de mobiles aux plages réalistes (piéton, cycliste, voiture, camion, ballon) ou de corps en hauteur (caillou au bord d'une falaise, plongeur sur un plongeoir). La vitesse est donnée en km/h : la conversion fait partie de l'exercice. Pour les variantes d'énergie de position, la relation Epp=m×g×hE_{pp} = m \times g \times h est rappelée dans l'énoncé. Un second exercice est un QCM entièrement consacré au facteur k2k^2.

Énoncé. Un camion de masse 12,0 t roule à la vitesse de 80,0 km/h. Calculer son énergie cinétique, en kilojoules, avec 3 chiffres significatifs.

Correction complète.

Étape 1 — convertir la masse en kilogrammes.

m=12,0 t=12,0×1000=12000 kg.m = 12{,}0\ \text{t} = 12{,}0 \times 1000 = 12\,000\ \text{kg}.

Étape 2 — convertir la vitesse en mètres par seconde. C'est la conversion sans laquelle tout le reste est faux :

v=80,03,622,22 m/s.v = \frac{80{,}0}{3{,}6} \approx 22{,}22\ \text{m/s}.

Étape 3 — calculer le carré de la vitesse, à part.

v222,222493,7 m2/s2.v^2 \approx 22{,}22^2 \approx 493{,}7\ \text{m}^2/\text{s}^2.

Étape 4 — appliquer la relation.

Ec=12×12000×493,72,96×106 J.E_c = \frac{1}{2} \times 12\,000 \times 493{,}7 \approx 2{,}96 \times 10^{6}\ \text{J}.

Étape 5 — convertir dans l'unité demandée.

Ec2,96×10610002960 kJ.E_c \approx \frac{2{,}96 \times 10^{6}}{1000} \approx 2960\ \text{kJ}.

Étape 6 — interpréter. Près de 3 millions de joules. À 40,0 km/h, ce camion n'aurait que 2960/4=7402960 / 4 = 740 kJ : diviser sa vitesse par deux divise son énergie par quatre. C'est la raison physique des limitations de vitesse imposées aux poids lourds.

Auto-contrôle en trois questions. La vitesse est-elle en m/s ? Le carré a-t-il bien été pris avant la multiplication ? Le résultat est-il du bon ordre de grandeur (un camion lancé, c'est quelques milliers de kJ ; si tu trouves quelques joules ou quelques milliards, une conversion a sauté) ?

Sources

  • BO n°31 du 30 juillet 2020 — programme du cycle 4, physique-chimie, « L'énergie et ses conversions : identifier les différentes formes d'énergie, relation Ec = ½ m v² »
  • BIPM, Brochure sur le Système international d'unités (SI), 9e édition, 2019 — le joule, unité dérivée d'énergie
  • D. Halliday, R. Resnick, J. Walker, Physique, vol. 1, Dunod, chap. « Énergie cinétique et travail » et « Énergie potentielle »
  • E. Hecht, Physique, De Boeck, chap. « L'énergie »

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