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Mathématiques · Quatrième · 16 min de lecture

Résoudre une équation du premier degré

Résoudre ax + b = cx + d par transformations équivalentes ; mise en équation d'un problème ; vérification d'une solution.

À quoi sert la résolution d’équations ? Des exemples dans la vie quotidienne

Chapitre du programme : Nombres et calculs

Bloc 1 sur 7 · Comprendre

Comprendre : une équation est une balance

Une équation est une égalité qui contient un nombre inconnu, désigné par une lettre — le plus souvent xx. Cette lettre s'appelle l'inconnue.

5x−8=75x - 8 = 7

Cette égalité n'est ni vraie ni fausse en soi : tout dépend de la valeur de xx. Pour x=1x = 1, le membre de gauche vaut −3-3 et l'égalité est fausse. Pour x=3x = 3, il vaut 15−8=715 - 8 = 7 : l'égalité est vraie. On dit que 33 est solution de l'équation.

Résoudre une équation, c'est trouver toutes les valeurs de l'inconnue qui rendent l'égalité vraie.

Le signe == partage l'équation en deux membres : le membre de gauche et le membre de droite. Ne les confonds pas avec les deux côtés d'un calcul ordinaire : ici, ils sont égaux, et tout ce que tu feras devra préserver cette égalité.

L'image de la balance. Imagine une balance à deux plateaux, en équilibre. Le plateau de gauche porte 5x−85x - 8, celui de droite porte 77. L'équilibre traduit le signe ==.

Que peux-tu faire sans rompre l'équilibre ?

  • Ajouter ou retirer la même masse des deux côtés. Si tu ajoutes 88 à gauche, tu dois ajouter 88 à droite. La balance reste en équilibre.
  • Multiplier ou diviser les deux plateaux par un même nombre non nul. Si tu divises tout le contenu de gauche par 55, tu dois diviser tout le contenu de droite par 55.

Ces deux gestes suffisent ici, avec les réécritures algébriques exactes, à transformer l’équation en une équation équivalente, c'est-à-dire qui a exactement les mêmes solutions. Toute la résolution consiste à les enchaîner jusqu'à obtenir x=quelque chosex = \text{quelque chose}.

Le mécanisme, sur l'exemple. On veut isoler xx, c'est-à-dire le laisser seul d'un côté.

Étape 1 — faire disparaître le −8-8. On ajoute 88 aux deux membres :

5x−8+8=7+8⟹5x=15.5x - 8 + 8 = 7 + 8 \quad \Longrightarrow \quad 5x = 15.

Étape 2 — faire disparaître le facteur 55. On divise les deux membres par 55 :

5x5=155⟹x=3.\frac{5x}{5} = \frac{15}{5} \quad \Longrightarrow \quad x = 3.

Étape 3 — vérifier. On remplace xx par 33 dans l'équation de départ : 5×3−8=15−8=75 \times 3 - 8 = 15 - 8 = 7. C'est bien le membre de droite. La solution est 33.

Un ordre pratique. Ici, enlever d’abord le terme constant (le −8-8), puis diviser par le coefficient de xx (le 55), évite des fractions intermédiaires. Diviser d’abord tous les termes par 55, puis ajouter 8/58/5, serait aussi valable. C'est l'ordre inverse de celui dans lequel on lit l'expression : 5x−85x - 8 se lit « multiplier par 55, puis retirer 88 », donc pour défaire, on remet d'abord le 88, puis on divise par 55. Comme pour se déshabiller : on enlève d'abord le manteau.

Bloc 2 sur 7 · Approfondir

Approfondir : x des deux côtés, mise en équation

Quand l'inconnue apparaît dans les deux membres. L'équation générale du premier degré s'écrit

ax+b=cx+d.ax + b = cx + d.

Le principe ne change pas : on garde les deux gestes autorisés, et on s'organise pour rassembler les termes en xx d'un côté et les nombres seuls de l'autre. Sur 7x−3=4x+127x - 3 = 4x + 12 :

1. On retire 4x4x aux deux membres, pour vider le membre de droite de son xx :

7x−3−4x=4x+12−4x⟹3x−3=12.7x - 3 - 4x = 4x + 12 - 4x \quad \Longrightarrow \quad 3x - 3 = 12.

2. On ajoute 33 aux deux membres :

3x=15.3x = 15.

3. On divise par 33 :

x=5.x = 5.

« Changer de membre, changer de signe » : d'où ça vient. Tu entendras souvent ce raccourci. Il est juste, mais ce n'est pas une règle magique : c'est le résumé du geste « je retire la même chose des deux côtés ». Retirer 4x4x à gauche et à droite fait effectivement passer le 4x4x de droite à gauche, en −4x-4x. Si tu appliques le raccourci sans comprendre, tu risques d’oublier tôt ou tard de changer le signe. En cas de doute, écris le geste en entier.

Un choix qui simplifie la vie. Rassemble les xx du côté où le coefficient est le plus grand, pour éviter de finir avec un coefficient négatif. Sur 2x+9=6x−32x + 9 = 6x - 3, il vaut mieux retirer 2x2x des deux côtés (on obtient 9=4x−39 = 4x - 3) que retirer 6x6x (on obtiendrait −4x+9=−3-4x + 9 = -3). Le résultat est le même, mais le second chemin multiplie les occasions de se tromper de signe.

Diviser par un nombre négatif. Si tu arrives à −3x=12-3x = 12, tu divises les deux membres par −3-3 :

x=12−3=−4.x = \frac{12}{-3} = -4.

Le signe change parce qu'on divise par un négatif — et il change des deux côtés à la fois, puisqu'on divise les deux membres. Écris le nombre négatif entre parenthèses au dénominateur, 12(−3)\dfrac{12}{(-3)}, pour ne pas accoler deux signes.

La solution n'est pas toujours entière. 4x=104x = 10 donne x=104=52=2,5x = \dfrac{10}{4} = \dfrac{5}{2} = 2{,}5. Une fraction irréductible est une réponse parfaitement acceptable, souvent préférable à une valeur décimale approchée.

Mettre un problème en équation. C'est la compétence la plus utile, et la plus exigeante. Quatre étapes, toujours les mêmes :

  1. Choisir l'inconnue et la nommer, en une phrase précise : « Soit xx la largeur du rectangle, en centimètres. »
  2. Exprimer les autres grandeurs en fonction de xx : « la longueur vaut alors x+4x + 4 ».
  3. Traduire l'énoncé par une égalité : « le périmètre vaut 3636 cm » devient 2×(x+(x+4))=362 \times \left(x + (x + 4)\right) = 36.
  4. Résoudre, puis revenir à la question posée : xx est la largeur, mais si la question demande la longueur, il reste un calcul à faire.

Ne saute pas l'étape 1. Une équation dont on ne sait plus ce que représente xx ne se relit pas, et sa solution ne s'interprète pas.

Vérifier n'est pas facultatif. Reporter la valeur trouvée dans l'équation de départ — pas dans une ligne intermédiaire, qui pourrait contenir l'erreur — prouve que cette valeur est bien une solution. Pour montrer qu’on les a toutes trouvées, on s’appuie en plus sur les transformations équivalentes de la résolution et, ici, sur le coefficient non nul.

Un cas particulier, pour ta curiosité. Il arrive que l'inconnue disparaisse en cours de route. Si l'on obtient une égalité fausse comme 0=50 = 5, aucune valeur de xx ne convient : l'équation n'a pas de solution. Si l'on obtient une égalité toujours vraie comme 0=00 = 0, tous les nombres conviennent. Ces situations sont rares au collège, mais si elles se présentent, elles ne signifient pas que tu as fait une erreur.

Bloc 3 sur 7 · Exemple

Exemple guidé : comparer deux formules de location

Énoncé. Pour louer du matériel d’atelier, la formule A coûte 1111 € de frais fixes puis 44 € par séance. La formule B coûte 2929 € de frais fixes puis 22 € par séance. Pour quel nombre de séances les coûts sont-ils égaux ? On suppose qu’il n’existe aucun autre frais ni réduction.

Choisir l’inconnue et son domaine. On note nn le nombre de séances : dans la situation concrète, c’est un entier positif ou nul. Les coûts sont 11+4n11+4n et 29+2n29+2n, en euros.

Traduire l’égalité puis conserver les solutions.

11+4n=29+2n.11+4n=29+2n.

On soustrait 2n2n aux deux membres, puis 1111 :

11+2n=29,2n=18.11+2n=29,\qquad 2n=18.

On divise enfin les deux membres par le nombre non nul 22 :

n=9.n=9.

Ces transformations sont réversibles ; l’équation a donc cette unique solution réelle, qui appartient bien au domaine concret.

Vérifier dans les deux formules. Pour 99 séances, A coûte 11+4×9=4711+4\times9=47 € et B coûte 29+2×9=4729+2\times9=47 €. Les tarifs sont égaux pour 9 séances.

Contrôle de sens. Pour 33 séances, A coûte 2323 € et B coûte 3535 € : les frais fixes et le prix par séance agissent différemment. Cette comparaison ne démontre pas l’égalité à 99 ; la résolution et la substitution la justifient.

Bloc 4 sur 7 · Visualiser

Visualiser : la balance qui reste en équilibre

Figure (fig.math.equation-balance, SVG programmatique existant) : la résolution de 5x−8=75x - 8 = 7 représentée en trois états de balance empilés verticalement, plus un encart sur le geste interdit.

  • État 1, en haut — la situation de départ. Une balance à fléau horizontal, parfaitement équilibrée. Sur le plateau gauche : cinq sachets identiques marqués xx, et une case creuse marquée −8-8, dessinée en creux (contour en tirets, fond vide) pour signifier une masse retirée. Sur le plateau droit : un bloc marqué 77. Sous la balance, l'équation 5x−8=75x - 8 = 7.
  • État 2, au milieu — après avoir ajouté 88 des deux côtés. Même balance, toujours équilibrée. À gauche, la case creuse −8-8 est comblée par un bloc +8+8 : les deux s'annulent, il ne reste que les cinq sachets xx. À droite, un bloc +8+8 a été ajouté à côté du bloc 77, formant 1515. Deux flèches identiques, une de chaque côté, portent l'annotation « +8+8 » — le point clé est qu'elles sont identiques et simultanées. Sous la balance, 5x=155x = 15.
  • État 3, en bas — après avoir divisé par 55. Le plateau gauche ne porte plus qu'un sachet xx ; le plateau droit un bloc 33. Les quatre autres sachets et les douze unités correspondantes sont dessinés en gris pâle à côté de la balance, avec l'annotation « on garde un cinquième de chaque côté ». Sous la balance, x=3x = 3. Un cadre épais entoure ce dernier état : c'est la solution.
  • Encart d'avertissement, à droite des trois états, séparé par un filet vertical : la même balance avec +8+8 ajouté seulement à gauche. Le fléau est nettement penché, et la mention barrée « on n'agit jamais d'un seul côté » figure sous le dessin. Le déséquilibre est visible sans lire le texte.
  • Une bande de contrôle, tout en bas, montre la vérification : le sachet xx remplacé par un bloc 33 dans la balance de l'état 1, et le calcul 5×3−8=75 \times 3 - 8 = 7, avec les deux plateaux de nouveau au même niveau.

Ce qu'il faut lire. Le fléau horizontal illustre les transformations valables pour la solution considérée. L’équivalence signifie plus précisément que l’ensemble des solutions est conservé ; la balance est une analogie, notamment avec sa case virtuelle −8-8. Les deux flèches +8+8 sont jumelles, jamais solitaires — c'est la seule chose à retenir des transformations autorisées. Et l'encart montre, sans calcul, ce que produit le geste interdit : la balance penche, l’équation obtenue n’est plus justifiée comme équivalente ; une égalité vraie pourrait réapparaître plus loin, mais cela ne réparerait pas la démonstration.

La figure en détail : trois balances à deux plateaux empilées verticalement. Sur la première, le plateau gauche porte cinq sachets identiques marqués x et une case creuse marquée moins huit, le plateau droit porte un bloc marqué sept, et le fléau est horizontal ; l'équation cinq x moins huit égale sept figure dessous. Sur la deuxième, un bloc plus huit a comblé la case creuse à gauche et un bloc plus huit a été ajouté à droite ; deux flèches identiques annotées plus huit désignent les deux plateaux, le fléau reste horizontal, et l'équation cinq x égale quinze figure dessous. Sur la troisième, le plateau gauche porte un seul sachet x et le plateau droit un bloc trois, les éléments retirés étant dessinés en gris à côté ; l'équation x égale trois figure dessous dans un cadre épais. À droite, séparé par un filet, un encart montre la même balance avec un bloc ajouté seulement à gauche : le fléau penche nettement, sous la mention barrée on n'agit jamais d'un seul côté. En bas, une bande de vérification remplace le sachet x par un bloc trois et montre les deux plateaux de nouveau à égalité.

Résoudre 5x − 8 = 7 : la balance qui reste en équilibre — Trois balances à deux plateaux empilées verticalement, le fléau horizontal sur chacune.
Résoudre 5x − 8 = 7 : la balance qui reste en équilibre · Ouvrir la figure en grand

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Sources

  • OpenStax, Elementary Algebra2e, section2.4 — stratégie de résolution, équations équivalentes, vérification et cas dégénérés — https://openstax.org/books/elementary-algebra-2e/pages/2-4-use-a-general-strategy-to-solve-linear-equations
  • BO n°31 du 30 juillet 2020 — programme du cycle 4 (5e, 4e, 3e), thème A « Nombres et calculs », mise en équation et résolution algébrique
  • Éduscol — Attendus de fin d'année de 4e et repères annuels de progression, mathématiques, cycle 4 (2019)
  • J.-P. Kahane (dir.), L'enseignement des sciences mathématiques, Odile Jacob, 2002 — rapport de la Commission de réflexion sur l'enseignement des mathématiques, chapitre sur le calcul et l'algèbre

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