Aller au contenu principal
ESPRIT VIFSe connecterMon compte

Mathématiques · Première · 19 min de lecture

Fonctions polynômes du second degré : la parabole et son sommet

Parabole, sommet, axe de symétrie, forme canonique, variations, signe ; lien avec l'équation du second degré.

Chapitre du programme : Algèbre

Bloc 1 sur 7 · Comprendre

Comprendre : toute parabole vient de la fonction carré

En seconde, tu as étudié la fonction carré xx2x \mapsto x^2 : sa courbe est une parabole, symétrique par rapport à l'axe des ordonnées, qui descend sur ] ; 0]]-\infty\ ;\ 0] et monte sur [0 ; +[[0\ ;\ +\infty[, avec un minimum 00 atteint en 00. Une fonction polynôme du second degré est une fonction de la forme

f(x)=ax2+bx+c,a0,f(x) = ax^2 + bx + c, \qquad a \neq 0,

définie sur R\mathbb{R}. Elle contient la fonction carré comme cas particulier (a=1a = 1, b=c=0b = c = 0), et la leçon tient en une idée : sa courbe est toujours une parabole, obtenue à partir de celle du carré en la déplaçant et en l'étirant. La forme canonique dit exactement comment.

La forme canonique, lue comme une transformation. La leçon précédente a montré que tout trinôme s'écrit

f(x)=a(xα)2+β,f(x) = a(x - \alpha)^2 + \beta,

avec α=b2a\alpha = -\dfrac{b}{2a} et β=f(α)\beta = f(\alpha). Lis cette écriture de l'intérieur vers l'extérieur, en partant de xx :

  • xαx - \alpha : on décale l'abscisse de α\alpha — la courbe glisse horizontalement, de α\alpha vers la droite si α>0\alpha > 0 ;
  • (xα)2(x - \alpha)^2 : on élève au carré — c'est la parabole de référence, centrée en α\alpha au lieu de 00 ;
  • a(xα)2a(x - \alpha)^2 : on multiplie par aa — la parabole est étirée verticalement si a>1|a| > 1, aplatie si a<1|a| < 1, et retournée si a<0a < 0 ;
  • a(xα)2+βa(x - \alpha)^2 + \beta : on ajoute β\beta — la courbe glisse verticalement de β\beta.

Le point (0 ; 0)(0\ ;\ 0) de la parabole de référence, son point le plus bas, est donc envoyé sur le point S(α ; β)S(\alpha\ ;\ \beta) : c'est le sommet de la parabole. Et l'axe de symétrie x=0x = 0 du carré devient la droite verticale x=αx = \alpha, axe de symétrie de la parabole : f(α+t)=f(αt)f(\alpha + t) = f(\alpha - t) pour tout tt, puisque (t)2=(t)2(t)^2 = (-t)^2.

D'où vient α=b2a\alpha = -\dfrac{b}{2a} ? Il suffit de développer la forme canonique et de comparer avec la forme développée :

a(xα)2+β=ax22aαx+aα2+β.a(x - \alpha)^2 + \beta = ax^2 - 2a\alpha\,x + a\alpha^2 + \beta.

Le coefficient de xx doit être bb, donc 2aα=b-2a\alpha = b, soit α=b2a\alpha = -\dfrac{b}{2a}. Et β\beta est la valeur de ff au sommet, β=f(α)\beta = f(\alpha) : une fois α\alpha connu, il se calcule par simple substitution. (On peut aussi montrer que β=Δ4a\beta = -\dfrac{\Delta}{4a}, mais la substitution est plus sûre et ne demande pas le discriminant.)

Le sens de la parabole ne dépend que du signe de aa : tournée vers le haut si a>0a > 0 (le sommet est le point le plus bas), vers le bas si a<0a < 0 (le sommet est le point le plus haut). Ni bb ni cc n'y changent rien.

Bloc 2 sur 7 · Approfondir

Approfondir : variations, extremum, signe

Les variations, démontrées sans dérivée. Le carré (xα)2(x - \alpha)^2 est nul en x=αx = \alpha et d'autant plus grand que xx s'éloigne de α\alpha, dans un sens ou dans l'autre : il décroît sur ] ; α]]-\infty\ ;\ \alpha] et croît sur [α ; +[[\alpha\ ;\ +\infty[ — c'est le sens de variation de la fonction carré, transporté en α\alpha. Multiplier par a>0a > 0 conserve l'ordre des images ; multiplier par a<0a < 0 le renverse ; ajouter β\beta ne change rien aux variations. D'où le résultat :

  • si a>0a > 0 : ff est décroissante sur ] ; α]]-\infty\ ;\ \alpha] puis croissante sur [α ; +[[\alpha\ ;\ +\infty[ ; elle admet un minimum, égal à β\beta, atteint en x=αx = \alpha ;
  • si a<0a < 0 : ff est croissante sur ] ; α]]-\infty\ ;\ \alpha] puis décroissante sur [α ; +[[\alpha\ ;\ +\infty[ ; elle admet un maximum, égal à β\beta, atteint en x=αx = \alpha.

Remarque la place de chaque nombre : α\alpha est une abscisse (là où le sens change), β\beta une ordonnée (la valeur extrême). Les échanger est l'erreur la plus fréquente sur ce chapitre.

Le signe de f(x)f(x). C'est la question « pour quels xx la courbe est-elle au-dessus de l'axe des abscisses ? », et la leçon précédente y a déjà répondu :

  • si Δ>0\Delta > 0, ff a deux racines x1<x2x_1 < x_2, et f(x)f(x) est du signe de aa à l'extérieur de [x1 ; x2][x_1\ ;\ x_2], du signe contraire entre les racines ;
  • si Δ=0\Delta = 0, f(x)f(x) est du signe de aa pour tout xx0x \neq x_0, et f(x0)=0f(x_0) = 0 : la parabole touche l'axe en son sommet ;
  • si Δ<0\Delta < 0, f(x)f(x) est du signe de aa pour tout réel xx : la parabole ne rencontre jamais l'axe.

La forme canonique et les racines sont cohérentes : l'axe de symétrie passe au milieu des racines, α=x1+x22\alpha = \dfrac{x_1 + x_2}{2}. C'est un contrôle gratuit dans les deux sens — des racines vers α\alpha, ou de α\alpha vers la plausibilité des racines.

Quelle forme pour quelle question ? C'est la compétence centrale du chapitre : choisir l'écriture adaptée avant de calculer.

Tableau : La question porte sur…, La forme qui répond, Sans calcul, elle donne…
La question porte sur…La forme qui répondSans calcul, elle donne…
l'image de 00, le sens de la paraboledéveloppée ax2+bx+cax^2 + bx + cf(0)=cf(0) = c, le signe de aa
le sommet, l'extremum, les variations, l'axecanonique a(xα)2+βa(x - \alpha)^2 + \betaS(α ; β)S(\alpha\ ;\ \beta), l'axe x=αx = \alpha
les racines, le signe, les points sur l'axefactorisée a(xx1)(xx2)a(x - x_1)(x - x_2)x1x_1, x2x_2, le tableau de signes

Un énoncé qui donne f(x)=2(x3)2+8f(x) = -2(x - 3)^2 + 8 et demande le maximum de ff se traite en une ligne : a=2<0a = -2 < 0, maximum 88 atteint en 33. Développer, puis recalculer α\alpha et β\beta, serait défaire pour refaire. À l'inverse, pour trouver ff s'annule, on résout 2(x3)2+8=0    (x3)2=4    x=1-2(x - 3)^2 + 8 = 0 \iff (x - 3)^2 = 4 \iff x = 1 ou x=5x = 5, sans discriminant : la forme canonique se prête directement à cette résolution.

Ce que dit un tableau de variations, et comment le décrire. Le tableau résume : les intervalles où ff monte ou descend, et la valeur de l'extremum. En mots, pour a>0a > 0 et α=2\alpha = 2 : « ff est décroissante sur ] ; 2]]-\infty\ ;\ 2] puis croissante sur [2 ; +[[2\ ;\ +\infty[ ; son minimum est β\beta, atteint en 22 ». Le bornage des intervalles en α\alpha est fermé des deux côtés — α\alpha appartient aux deux intervalles, la fonction y est à la fois « fin de descente » et « début de montée ».

Bloc 3 sur 7 · Exemple

Exemple guidé : une parabole tournée vers le bas

Énoncé. Soit ff la fonction définie sur R\mathbb{R} par f(x)=2x2+8x3f(x) = -2x^2 + 8x - 3.

  1. Déterminer le sommet de sa parabole et sa forme canonique. 2) Donner les variations de ff et son extremum. 3) Étudier le signe de f(x)f(x) selon les valeurs de xx.

1) Le sommet et la forme canonique.

Étape 1 — lire aa. a=2<0a = -2 < 0 : la parabole est tournée vers le bas ; le sommet sera un maximum. On note b=8b = 8 et c=3c = -3.

Étape 2 — l'abscisse du sommet. Avec le signe « moins » devant :

α=b2a=82×(2)=84=2.\alpha = -\frac{b}{2a} = -\frac{8}{2 \times (-2)} = -\frac{8}{-4} = 2.

Étape 3 — l'ordonnée du sommet. C'est l'image de α\alpha :

β=f(2)=2×22+8×23=8+163=5.\beta = f(2) = -2 \times 2^2 + 8 \times 2 - 3 = -8 + 16 - 3 = 5.

Le sommet est S(2 ; 5)S(2\ ;\ 5), et la forme canonique s'écrit

f(x)=2(x2)2+5.f(x) = -2(x - 2)^2 + 5.

Étape 4 — contrôler en développant. 2(x2)2+5=2(x24x+4)+5=2x2+8x8+5=2x2+8x3-2(x - 2)^2 + 5 = -2(x^2 - 4x + 4) + 5 = -2x^2 + 8x - 8 + 5 = -2x^2 + 8x - 3 ✔. Le développement doit redonner exactement l'expression de départ ; c'est le contrôle le plus sûr d'une forme canonique.

2) Les variations. Comme a<0a < 0, ff est croissante sur ] ; 2]]-\infty\ ;\ 2] puis décroissante sur [2 ; +[[2\ ;\ +\infty[. Elle admet un maximum, égal à 55, atteint en x=2x = 2 : pour tout réel xx, f(x)5f(x) \leqslant 5. On peut le lire directement sur la forme canonique : 2(x2)20-2(x - 2)^2 \leqslant 0, donc f(x)5f(x) \leqslant 5, avec égalité si et seulement si x=2x = 2.

3) Le signe de f(x)f(x).

Étape 1 — les racines, par la forme canonique. f(x)=0    2(x2)2+5=0    (x2)2=52f(x) = 0 \iff -2(x - 2)^2 + 5 = 0 \iff (x - 2)^2 = \dfrac{5}{2}, donc

x=252oux=2+52,c’est-aˋ-direx1=2102,x2=2+102,x = 2 - \sqrt{\tfrac{5}{2}} \quad \text{ou} \quad x = 2 + \sqrt{\tfrac{5}{2}}, \qquad \text{c'est-à-dire} \qquad x_1 = 2 - \frac{\sqrt{10}}{2}, \quad x_2 = 2 + \frac{\sqrt{10}}{2},

puisque 52=52=102\sqrt{\dfrac{5}{2}} = \dfrac{\sqrt{5}}{\sqrt{2}} = \dfrac{\sqrt{10}}{2}. Valeurs approchées : 1021,581\dfrac{\sqrt{10}}{2} \approx 1{,}581, donc x10,42x_1 \approx 0{,}42 et x23,58x_2 \approx 3{,}58. On aurait aussi pu calculer Δ=824×(2)×(3)=6424=40\Delta = 8^2 - 4 \times (-2) \times (-3) = 64 - 24 = 40 et x=8±404x = \dfrac{-8 \pm \sqrt{40}}{-4} : même résultat, avec un signe de plus à surveiller.

Étape 2 — le signe, en tenant compte de aa. a=2<0a = -2 < 0 : f(x)f(x) est négatif à l'extérieur des racines et positif entre elles.

f(x)<0f(x) < 0 pour x<x1x < x_1 et pour x>x2x > x_2 ; f(x)>0f(x) > 0 pour x1<x<x2x_1 < x < x_2 ; f(x1)=f(x2)=0f(x_1) = f(x_2) = 0.

Étape 3 — contrôler. f(0)=3<0f(0) = -3 < 0, et 00 est bien à l'extérieur des racines ✔. f(2)=5>0f(2) = 5 > 0, et 22 est entre elles ✔. Le milieu des racines est x1+x22=2=α\dfrac{x_1 + x_2}{2} = 2 = \alpha ✔.

Le moment décisif : à l'étape 2 du point 3, la tentation est d'écrire « positif à l'extérieur, négatif entre », par réflexe de la parabole tournée vers le haut. Le signe de aa inverse cette lecture. Un contrôle par une valeur simple (f(0)=3f(0) = -3) suffit à trancher.

Bloc 4 sur 7 · Visualiser

Visualiser : sommet, axe, signe

Figure (SVG programmatique à produire) : trois panneaux qui suivent l'ordre de la leçon — la parabole de l'exemple avec tout ce qu'on y lit, la transformation depuis la fonction carré, puis les deux orientations possibles.

  • Panneau 1 — la parabole de f(x)=2x2+8x3f(x) = -2x^2 + 8x - 3. Repère orthogonal, xx de 1-1 à 55, yy de 6-6 à 66. La courbe, tournée vers le bas, passe par les points cotés (0 ; 3)(0\ ;\ -3), (1 ; 3)(1\ ;\ 3), (2 ; 5)(2\ ;\ 5), (3 ; 3)(3\ ;\ 3), (4 ; 3)(4\ ;\ -3). Le sommet S(2 ; 5)S(2\ ;\ 5) est marqué d'un disque plein et d'un cartouche « maximum 55, atteint en 22 ». L'axe de symétrie x=2x = 2 est tracé en tirets, avec deux flèches horizontales de même longueur reliant (1 ; 3)(1\ ;\ 3) et (3 ; 3)(3\ ;\ 3) à l'axe, mention « f(2t)=f(2+t)f(2 - t) = f(2 + t) ». Les deux racines x10,42x_1 \approx 0{,}42 et x23,58x_2 \approx 3{,}58 sont marquées sur l'axe des abscisses, avec leurs valeurs exactes 21022 \mp \dfrac{\sqrt{10}}{2} en petit. Sous le repère, deux bandes : une bande de variations (flèche montante jusqu'à 22, flèche descendante après) et une bande de signes- », « 00 », « ++ », « 00 », « - »), alignées sur les abscisses x1x_1, 22, x2x_2. La portion de courbe au-dessus de l'axe est tramée.
  • Panneau 2 — depuis la fonction carré. Sur un même repère, en trois traits de plus en plus foncés : la parabole y=x2y = x^2 (trait fin), puis y=2x2y = -2x^2 (retournée et étirée, trait moyen), puis y=2(x2)2+5y = -2(x - 2)^2 + 5 (trait épais). Deux flèches de déplacement partent du sommet (0 ; 0)(0\ ;\ 0) de la parabole retournée : l'une horizontale, cotée « +2+2 », l'autre verticale, cotée « +5+5 », jusqu'à S(2 ; 5)S(2\ ;\ 5). Cartouche : « a(xα)2+βa(x - \alpha)^2 + \beta : retourner et étirer (aa), décaler (α\alpha, β\beta) ».
  • Panneau 3 — a>0a > 0 contre a<0a < 0. Deux vignettes miniatures côte à côte : une parabole tournée vers le haut avec la mention « a>0a > 0 : minimum β\beta en α\alpha » et ses flèches de variation (descend puis monte) ; une parabole tournée vers le bas avec « a<0a < 0 : maximum β\beta en α\alpha » (monte puis descend). Sous chacune, la lecture du signe avec deux racines : « signe de aa à l'extérieur ». Les deux vignettes ont le même α\alpha et le même β\beta, pour montrer que seul aa change l'orientation.

Ce qu'il faut lire. Le panneau 1 réunit sur une seule courbe les trois objets de la leçon : le sommet (forme canonique), l'axe de symétrie (au milieu des racines), et le signe (racines et signe de aa). Le panneau 2 justifie le mot « canonique » : la parabole est celle du carré, transformée par trois opérations que l'écriture a(xα)2+βa(x - \alpha)^2 + \beta énumère. Le panneau 3 isole ce que le signe de aa décide — l'orientation, la nature de l'extremum, le signe à l'extérieur des racines — et ce qu'il ne décide pas : la position du sommet.

La figure en détail : à gauche, une parabole tournée vers le bas passant par cinq points marqués : en abscisse zéro à la hauteur moins trois, en un à la hauteur trois, en deux à la hauteur cinq, en trois à la hauteur trois, en quatre à la hauteur moins trois ; son sommet est le point d'abscisse deux et de hauteur cinq, l'axe de symétrie est le trait vertical en tirets qui passe par ce sommet, et la courbe coupe l'axe horizontal en deux points, vers zéro virgule quarante-deux et vers trois virgule cinquante-huit ; la portion de courbe au-dessus de l'axe est tramée ; sous le repère, une bande de variations (montée jusqu'à deux, descente ensuite) et une bande de signes (moins, zéro, plus, zéro, moins). Au centre, trois paraboles superposées, de plus en plus épaisses : celle du carré, tournée vers le haut ; la même retournée vers le bas et étirée ; enfin cette dernière décalée de deux vers la droite et de cinq vers le haut, deux flèches marquant les deux déplacements. À droite, deux vignettes : une parabole tournée vers le haut, dont le sommet est un minimum, et une parabole tournée vers le bas, dont le sommet est un maximum, le sommet étant au même endroit dans les deux cas.

Parabole de f(x) = −2x² + 8x − 3 : sommet, axe de symétrie, racines et signe ; construction depuis la fonction carré ; orientation selon le signe de a — Trois panneaux. Panneau 1 : repère orthonormé, x de −1 à 5, y de −6 à 6

Bloc 5 sur 7 · Formules

Les relations à retenir

  • f(x)=ax2+bx+c=a(xα)2+β,α=b2a,β=f(α)f(x) = ax^2 + bx + c = a(x - \alpha)^2 + \beta, \qquad \alpha = -\frac{b}{2a}, \quad \beta = f(\alpha)
  • sommet S(α ; β),axe de symeˊtrie x=α,f(αt)=f(α+t)\text{sommet } S(\alpha\ ;\ \beta), \qquad \text{axe de symétrie } x = \alpha, \qquad f(\alpha - t) = f(\alpha + t)
  • a>0: f sur ] ; α],  sur [α ; +[, minimum βa > 0 : \ f \searrow \text{ sur } ]-\infty\ ;\ \alpha], \ \nearrow \text{ sur } [\alpha\ ;\ +\infty[, \ \text{minimum } \beta
  • a<0: f sur ] ; α],  sur [α ; +[, maximum βa < 0 : \ f \nearrow \text{ sur } ]-\infty\ ;\ \alpha], \ \searrow \text{ sur } [\alpha\ ;\ +\infty[, \ \text{maximum } \beta
  • Δ>0: α=x1+x22,f(x) du signe de a aˋ l’exteˊrieur de [x1 ; x2]\Delta > 0 : \ \alpha = \frac{x_1 + x_2}{2}, \qquad f(x) \text{ du signe de } a \text{ à l'extérieur de } [x_1\ ;\ x_2]
Tableau : Ce que tu cherches, Ce que tu fais, Point de vigilance
Ce que tu cherchesCe que tu faisPoint de vigilance
L'orientation de la parabolele signe de aabb et cc n'y sont pour rien
L'abscisse du sommetα=b2a\alpha = -\dfrac{b}{2a}le signe « moins », le 2a2a
L'ordonnée du sommet, l'extremumβ=f(α)\beta = f(\alpha)une ordonnée, pas une abscisse
Les variationssigne de aa + valeur de α\alphaintervalles fermés en α\alpha
Le signe de f(x)f(x)racines + signe de aaavec a<0a < 0, négatif à l'extérieur
La forme canoniquea(xα)2+βa(x - \alpha)^2 + \betacontrôler en développant

Domaine de validité. Tout suppose a0a \neq 0 ; les formules du sommet valent pour tout trinôme, qu'il ait des racines ou non. La règle du signe « à l'extérieur, entre » exige Δ>0\Delta > 0 ; si Δ0\Delta \leqslant 0, f(x)f(x) est du signe de aa pour tout xx (sauf en la racine double, où il s'annule). Une fonction polynôme du second degré est définie sur R\mathbb{R} tout entier : les intervalles de variation couvrent toute la droite réelle.

Écritures. Les variations se décrivent avec des intervalles fermés en α\alpha : « décroissante sur ] ; α]]-\infty\ ;\ \alpha] puis croissante sur [α ; +[[\alpha\ ;\ +\infty[ ». L'extremum se donne avec sa valeur et l'abscisse où il est atteint : « minimum 5-5, atteint en 22 » — l'un sans l'autre est incomplet. Le sommet est un point : S(α ; β)S(\alpha\ ;\ \beta), avec l'abscisse en premier.

Contrôles gratuits. Développer la forme canonique doit redonner la forme développée à l'identique. Le milieu des racines doit être α\alpha. Une valeur simple, f(0)=cf(0) = c, doit avoir le signe prévu par le tableau de signes. Et f(α1)=f(α+1)f(\alpha - 1) = f(\alpha + 1) : deux images symétriques égales confirment l'axe.

Bloc 6 sur 7 · Pièges

Pièges fréquents

  1. Se tromper sur le sens de la parabole. Elle est tournée vers le haut si et seulement si a>0a > 0 — quel que soit le signe de bb ou de cc. Avec a<0a < 0, le sommet est un maximum et la fonction est croissante puis décroissante. Regarde aa avant toute autre chose.
  2. Oublier le signe dans α=b2a\alpha = -\dfrac{b}{2a}. Avec b=8b = 8 et a=2a = -2, α=84=2\alpha = -\dfrac{8}{-4} = 2, pas 2-2. Deux signes se combinent (celui de la formule et celui de aa) : écris la fraction avec ses parenthèses avant de simplifier. Un α\alpha de signe faux déplace tout le tableau de variations.
  3. Conclure sur le signe du trinôme sans tenir compte de aa. « Négatif entre les racines » n'est vrai que si a>0a > 0. Pour a<0a < 0, c'est l'inverse : positif entre les racines, négatif à l'extérieur. La règle complète est « du signe de aa à l'extérieur » — le signe de aa en fait partie.
  4. Échanger α\alpha et β\beta. α\alpha est l'abscisse où le sens de variation change ; β\beta est la valeur extrême. « Le minimum de ff est 22 » quand le sommet est S(2 ; 5)S(2\ ;\ -5) est une confusion classique : le minimum est 5-5, atteint en 22.
  5. Développer une forme canonique donnée pour retrouver le sommet. Si l'énoncé fournit f(x)=3(x+1)24f(x) = 3(x + 1)^2 - 4, le sommet se lit : S(1 ; 4)S(-1\ ;\ -4) — attention, x+1=x(1)x + 1 = x - (-1), donc α=1\alpha = -1. Développer puis recalculer b2a-\dfrac{b}{2a} multiplie les occasions d'erreur pour un résultat déjà sous les yeux.
  6. Lire α\alpha avec un signe faux dans (x+1)2(x + 1)^2. Le carré de la forme canonique est (xα)2(x - \alpha)^2 : (x+1)2(x + 1)^2 correspond à α=1\alpha = -1, et (x3)2(x - 3)^2 à α=3\alpha = 3. Le signe à l'intérieur de la parenthèse est l'opposé de celui de α\alpha.
  7. Ouvrir les intervalles de variation en α\alpha. ff est décroissante sur ] ; α]]-\infty\ ;\ \alpha] et croissante sur [α ; +[[\alpha\ ;\ +\infty[ : α\alpha appartient aux deux intervalles. Écrire ] ; α[]-\infty\ ;\ \alpha[ exclut le point même où l'extremum est atteint.
  8. Affirmer « f(x)>0f(x) > 0 pour tout xx » sans avoir regardé Δ\Delta. C'est vrai si et seulement si a>0a > 0 et Δ<0\Delta < 0. Un trinôme avec a>0a > 0 et deux racines est négatif entre elles ; un trinôme avec a<0a < 0 n'est jamais positif partout.

Bloc 7 sur 7 · Vérifier

Vérifier : trouver le sommet d'une parabole

Le modèle. L'exercice associé à cette leçon donne un trinôme sous forme développée, à coefficients entiers et à sommet entier, et demande selon le tirage l'abscisse α\alpha du sommet, son ordonnée β\beta, ou l'image f(x0)f(x_0) d'un point donné. Tout se calcule exactement. Un second modèle, voisin, propose quatre descriptions en français des variations (ou du signe) de ff et demande la bonne — les trois autres étant construites sur les erreurs de ce chapitre : sens inversé, α\alpha de signe faux, α\alpha et β\beta échangés.

Énoncé type. Soit ff la fonction définie sur R\mathbb{R} par f(x)=3x212x+7f(x) = 3x^2 - 12x + 7. Déterminer l'ordonnée β\beta du sommet de sa parabole.

Corrigé complet.

1. Identifier et orienter. a=3a = 3, b=12b = -12, c=7c = 7. Comme a>0a > 0, la parabole est tournée vers le haut : le sommet est un minimum.

2. L'abscisse du sommet. Avec le signe « moins » et les parenthèses de bb :

α=b2a=(12)2×3=126=2.\alpha = -\frac{b}{2a} = -\frac{(-12)}{2 \times 3} = -\frac{-12}{6} = 2.

3. L'ordonnée du sommet. C'est l'image de α\alpha :

β=f(2)=3×2212×2+7=1224+7=5.\beta = f(2) = 3 \times 2^2 - 12 \times 2 + 7 = 12 - 24 + 7 = -5.

L'ordonnée du sommet est β=5\beta = -5 ; le sommet est S(2 ; 5)S(2\ ;\ -5), et la forme canonique s'écrit f(x)=3(x2)25f(x) = 3(x - 2)^2 - 5.

4. Interpréter et contrôler. ff est décroissante sur ] ; 2]]-\infty\ ;\ 2] puis croissante sur [2 ; +[[2\ ;\ +\infty[ ; son minimum est 5-5, atteint en 22. Contrôle par développement : 3(x2)25=3x212x+125=3x212x+73(x - 2)^2 - 5 = 3x^2 - 12x + 12 - 5 = 3x^2 - 12x + 7 ✔. Contrôle par symétrie : f(1)=312+7=2f(1) = 3 - 12 + 7 = -2 et f(3)=2736+7=2f(3) = 27 - 36 + 7 = -2 ✔ — deux images égales de part et d'autre de 22.

Auto-contrôle : vérifie que tu as calculé α\alpha avec le signe « moins » et le dénominateur 2a2a, que β\beta est bien l'image de α\alpha (une ordonnée), et que la question posée portait sur β\beta et non sur α\alpha — les deux nombres sont différents, et le modèle tire l'un ou l'autre.

Sources

  • BO spécial n°1 du 22 janvier 2019 — programme de spécialité mathématiques de première générale, partie « Algèbre », section « Équations, fonctions polynômes du second degré » (forme canonique, sommet, variations, signe)
  • J. Stewart, Analyse — concepts et contextes, De Boeck — chapitre 1, « Fonctions et modèles »
  • J. Lelong-Ferrand, J.-M. Arnaudiès, Cours de mathématiques, tome 1 : algèbre, Dunod — chapitre sur les polynômes

Continuer

Autres leçons — Mathématiques