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Mathématiques · Seconde · 18 min de lecture

Vecteurs du plan : translation, coordonnées, colinéarité

Translation, égalité de vecteurs, somme (relation de Chasles), produit par un réel, coordonnées, colinéarité et déterminant.

Chapitre du programme : Géométrie

Bloc 1 sur 7 · Comprendre

Comprendre : un objet nouveau, le vecteur

Jusqu'ici, les mathématiques t'ont donné deux grandes familles d'objets : des nombres (qu'on additionne, compare, range) et des points (qu'on place, relie, mesure). Le vecteur n'est ni l'un ni l'autre. C'est un troisième type d'objet, et le plus sûr moyen de le rater est de vouloir le ramener aux deux premiers. Prenons donc le temps de l'installer.

D'abord, la translation. Imagine que l'on fasse glisser tout le plan, sans le tourner ni le déformer : chaque point est déplacé de la même façon — par exemple, « 44 carreaux vers la droite et 33 carreaux vers le bas ». Cette transformation s'appelle une translation. Ce qui la définit entièrement, c'est le déplacement commun à tous les points : sa direction (l'inclinaison de la droite le long de laquelle on glisse), son sens (l'un des deux sens possibles sur cette droite — vers la droite ou vers la gauche, vers le haut ou vers le bas), et sa longueur (de combien on glisse).

Le vecteur, c'est ce déplacement lui-même, détaché de tout point de départ. Si la translation envoie le point AA sur le point BB, on note AB\vec{AB} le vecteur correspondant, et on dit que la translation est « de vecteur AB\vec{AB} ». On le dessine comme une flèche de AA vers BB — mais la flèche n'est qu'un représentant du vecteur : la même flèche tracée ailleurs dans le plan, avec la même direction, le même sens et la même longueur, représente le même vecteur.

Deux vecteurs AB\vec{AB} et CD\vec{CD} sont égaux lorsqu'ils ont la même direction, le même sens et la même longueur — autrement dit, lorsque la translation qui envoie AA sur BB envoie aussi CC sur DD.

C'est le point le plus déroutant du chapitre : un vecteur n'habite nulle part. AB\vec{AB} n'est pas « accroché » à AA — il dit seulement comment on se déplace, pas d'où l'on part.

Distinguer AB\vec{AB} et ABAB. La notation ABAB (sans flèche) désigne un nombre : la longueur du segment [AB][AB]. La notation AB\vec{AB} (avec flèche) désigne un vecteur : un déplacement, avec sa direction et son sens. Écrire « AB=5\vec{AB} = 5 » est une faute de nature, au même titre qu'écrire « un rectangle =12= 12 » : on ne compare pas un déplacement à un nombre. La longueur du vecteur AB\vec{AB} s'appelle sa norme et se note AB\|\vec{AB}\| ; c'est elle qui est égale au nombre ABAB.

Deux vecteurs particuliers. Le vecteur nul, noté 0\vec{0}, est le déplacement qui ne bouge rien : AA=0\vec{AA} = \vec{0} pour tout point AA. L'opposé de AB\vec{AB} est le vecteur BA\vec{BA} : même direction, même longueur, sens contraire. On le note aussi AB-\vec{AB}.

Additionner des déplacements : la relation de Chasles. Se déplacer de AA à BB, puis de BB à CC, revient à se déplacer de AA à CC. C'est tout le contenu de la relation de Chasles :

AB+BC=AC.\vec{AB} + \vec{BC} = \vec{AC}.

La somme de deux vecteurs est donc définie de façon naturelle : on enchaîne les deux déplacements, en faisant partir le second de là où le premier arrive. Remarque la lettre commune BB, en position d'arrivée du premier et de départ du second : c'est elle qui « s'efface » dans la somme.

Bloc 2 sur 7 · Approfondir

Approfondir : coordonnées, colinéarité, norme

Les coordonnées d'un vecteur. Dans un repère, tout déplacement se décompose en un déplacement horizontal et un déplacement vertical. Les coordonnées d'un vecteur sont ces deux nombres : u(x ; y)\vec{u}\,(x\ ;\ y) signifie « xx dans le sens de l'axe des abscisses, yy dans le sens de l'axe des ordonnées » — avec des nombres négatifs pour les sens contraires. Pour le vecteur AB\vec{AB}, elles se calculent en soustrayant les coordonnées du point de départ à celles du point d'arrivée :

AB(xBxA ; yByA).\vec{AB}\,(x_B - x_A\ ;\ y_B - y_A).

L'ordre de la soustraction compte : la soustraction inverse donne BA\vec{BA}, le vecteur opposé. C'est une différence essentielle avec la distance du chapitre précédent, où le carré effaçait le signe. Et deux vecteurs sont égaux exactement quand ils ont les mêmes coordonnées : l'égalité de deux objets géométriques se vérifie en comparant quatre nombres.

Les opérations, en coordonnées. Elles se font ligne par ligne, sans jamais croiser abscisses et ordonnées :

  • somme : si u(x ; y)\vec{u}\,(x\ ;\ y) et v(x ; y)\vec{v}\,(x'\ ;\ y'), alors u+v\vec{u} + \vec{v} a pour coordonnées (x+x ; y+y)(x + x'\ ;\ y + y') ;
  • produit par un réel kk : kuk\vec{u} a pour coordonnées (kx ; ky)(kx\ ;\ ky). Si k>0k > 0, le vecteur garde sa direction et son sens et sa longueur est multipliée par kk ; si k<0k < 0, le sens est retourné et la longueur multipliée par k|k|.

Le parallélogramme, en vecteurs. Dire que ABCDABCD est un parallélogramme (sommets nommés en tournant), c'est dire que le côté [AB][AB] et le côté [DC][DC] portent le même déplacement :

ABCD est un paralleˊlogramme    AB=DC.ABCD \text{ est un parallélogramme} \iff \vec{AB} = \vec{DC}.

Attention à l'ordre des lettres : c'est DC\vec{DC}, pas CD\vec{CD} — les deux côtés doivent être parcourus dans le même sens. Cette caractérisation est équivalente à celle de la leçon de géométrie repérée (les diagonales [AC][AC] et [BD][BD] ont le même milieu) : deux outils pour la même propriété, et le calcul choisit le plus commode.

La colinéarité : quand deux vecteurs « tirent » dans la même direction. Deux vecteurs non nuls sont dits colinéaires lorsqu'ils ont la même direction — c'est-à-dire lorsque l'un est le produit de l'autre par un réel : v=ku\vec{v} = k\vec{u}. Par convention, le vecteur nul est colinéaire à tout vecteur. Le critère de calcul est le déterminant : pour u(x ; y)\vec{u}\,(x\ ;\ y) et v(x ; y)\vec{v}\,(x'\ ;\ y'), on pose

det(u, v)=xyyx,\det(\vec{u},\ \vec{v}) = xy' - yx',

et les deux vecteurs sont colinéaires si et seulement si ce nombre est nul. Le calcul croise l'abscisse de l'un avec l'ordonnée de l'autre, dans les deux sens, et soustrait : quatre multiplications entières, une soustraction, un verdict exact.

La colinéarité est l'outil qui traduit deux propriétés géométriques majeures. Alignement : trois points AA, BB, CC sont alignés si et seulement si AB\vec{AB} et AC\vec{AC} sont colinéaires. Parallélisme : les droites (AB)(AB) et (CD)(CD) sont parallèles si et seulement si AB\vec{AB} et CD\vec{CD} sont colinéaires.

La norme, dans un repère orthonormé. Si le repère est orthonormé, la norme d'un vecteur u(x ; y)\vec{u}\,(x\ ;\ y) se calcule comme une distance — c'est le même triangle rectangle et le même théorème de Pythagore :

u=x2+y2.\|\vec{u}\| = \sqrt{x^2 + y^2}.

Garde-toi d'une fausse évidence : la norme d'une somme n'est pas la somme des normes. Enchaîner un déplacement de 33 vers la droite puis un déplacement de 33 vers la gauche donne le vecteur nul : les normes valent 33 et 33, leur somme 66, et la norme de la somme 00. L'égalité u+v=u+v\|\vec{u} + \vec{v}\| = \|\vec{u}\| + \|\vec{v}\| n'est vraie que si les deux déplacements vont exactement dans la même direction et le même sens ; dans tous les autres cas, l'un compense en partie l'autre et la somme est plus courte.

Bloc 3 sur 7 · Exemple

Exemple guidé : quatre points, tous les outils

Énoncé. Dans un repère orthonormé, on considère les points A(1 ; 2)A(-1\ ;\ 2), B(3 ; 1)B(3\ ;\ -1) et C(4 ; 5)C(4\ ;\ 5).

  1. Calculer les coordonnées de AB\vec{AB} et sa norme. 2) Déterminer les coordonnées du point DD tel que ABCDABCD soit un parallélogramme. 3) Le vecteur w(8 ; 6)\vec{w}\,(-8\ ;\ 6) est-il colinéaire à AB\vec{AB} ?

1) Coordonnées et norme de AB\vec{AB}.

Étape 1 — les coordonnées. Arrivée moins départ, ligne par ligne :

AB(xBxA ; yByA)=(3(1) ; 12)=(4 ; 3).\vec{AB}\,(x_B - x_A\ ;\ y_B - y_A) = (3 - (-1)\ ;\ -1 - 2) = (4\ ;\ -3).

Le déplacement de AA vers BB : 44 vers la droite, 33 vers le bas.

Étape 2 — la norme. Le repère est orthonormé, donc

AB=42+(3)2=16+9=25=5.\|\vec{AB}\| = \sqrt{4^2 + (-3)^2} = \sqrt{16 + 9} = \sqrt{25} = 5.

La norme est un nombre : c'est la longueur ABAB. Le vecteur AB\vec{AB}, lui, n'est pas 55 — il est « 44 vers la droite et 33 vers le bas ».

2) Le point DD du parallélogramme.

Étape 1 — traduire. ABCDABCD est un parallélogramme (dans cet ordre) si et seulement si AB=DC\vec{AB} = \vec{DC} : le côté de DD vers CC porte le même déplacement que le côté de AA vers BB.

Étape 2 — écrire l'égalité en coordonnées. DC(xCxD ; yCyD)=(4xD ; 5yD)\vec{DC}\,(x_C - x_D\ ;\ y_C - y_D) = (4 - x_D\ ;\ 5 - y_D), et cette paire doit valoir (4 ; 3)(4\ ;\ -3) :

4xD=4    xD=0et5yD=3    yD=8.4 - x_D = 4 \implies x_D = 0 \qquad \text{et} \qquad 5 - y_D = -3 \implies y_D = 8.

Donc D(0 ; 8)D(0\ ;\ 8).

Étape 3 — vérifier par les diagonales. Dans un parallélogramme, les diagonales [AC][AC] et [BD][BD] ont le même milieu. Milieu de [AC][AC] : (1+42 ; 2+52)=(1,5 ; 3,5)\left(\dfrac{-1+4}{2}\ ;\ \dfrac{2+5}{2}\right) = (1{,}5\ ;\ 3{,}5). Milieu de [BD][BD] : (3+02 ; 1+82)=(1,5 ; 3,5)\left(\dfrac{3+0}{2}\ ;\ \dfrac{-1+8}{2}\right) = (1{,}5\ ;\ 3{,}5). Les deux coïncident : DD est correct. Deux caractérisations du même objet, l'une pour trouver, l'autre pour contrôler.

3) Colinéarité de w\vec{w} et AB\vec{AB}.

Étape 1 — le déterminant. Avec AB(4 ; 3)\vec{AB}\,(4\ ;\ -3) et w(8 ; 6)\vec{w}\,(-8\ ;\ 6) :

det(AB, w)=4×6(3)×(8)=2424=0.\det(\vec{AB},\ \vec{w}) = 4 \times 6 - (-3) \times (-8) = 24 - 24 = 0.

Étape 2 — conclure. Le déterminant est nul : les deux vecteurs sont colinéaires. On peut préciser le coefficient : w=2AB\vec{w} = -2\,\vec{AB}, puisque 2×4=8-2 \times 4 = -8 et 2×(3)=6-2 \times (-3) = 6. Le coefficient est négatif : w\vec{w} a la même direction que AB\vec{AB} mais le sens contraire, et sa norme vaut 2×5=102 \times 5 = 10.

Le moment décisif : à l'étape 1 du dernier point, le produit (3)×(8)(-3) \times (-8) vaut +24+24, pas 24-24. Une erreur de signe dans le déterminant transforme un 00 en 4848 et un « colinéaires » en « non colinéaires » : au moindre doute, refais les deux produits avec les parenthèses écrites.

Bloc 4 sur 7 · Visualiser

Visualiser : la translation et ses flèches

Figure (SVG programmatique à produire) : quatre panneaux qui suivent l'ordre de la leçon — le vecteur comme déplacement, l'égalité de vecteurs, la relation de Chasles, puis la lecture en coordonnées.

  • Panneau 1 — la translation. Un triangle quelconque et son image par la translation « 44 à droite, 33 en bas », dessinés tous deux en trait plein, l'image légèrement plus claire. Trois flèches strictement identiques (même longueur, même inclinaison, même sens) relient chaque sommet à son image ; une accolade les regroupe avec la mention « un seul et même vecteur ». Aucun repère sur ce panneau : le vecteur existe avant les coordonnées.
  • Panneau 2 — égaux ou non. Quatre flèches sur un fond quadrillé léger : deux flèches identiques placées à des endroits différents, cochées « égaux » ; une troisième de même direction et même longueur mais de sens contraire, marquée « opposé » ; une quatrième de même direction et même sens mais deux fois plus courte, marquée « non : longueurs différentes ». Sous le panneau, la légende « même direction ET même sens ET même longueur ».
  • Panneau 3 — Chasles. Trois points AA, BB, CC en triangle. La flèche AB\vec{AB} puis la flèche BC\vec{BC} dessinées bout à bout en traits pleins, et la flèche AC\vec{AC} en trait épais direct, avec l'égalité AB+BC=AC\vec{AB} + \vec{BC} = \vec{AC} en cartouche. Le point BB est entouré d'un cercle en pointillés avec la mention « l'étape s'efface ».
  • Panneau 4 — les coordonnées. Un repère orthonormé avec les points A(1 ; 2)A(-1\ ;\ 2) et B(3 ; 1)B(3\ ;\ -1) de l'exemple guidé et la flèche AB\vec{AB} en trait épais. Le chemin en équerre est tracé en tirets : 44 carreaux vers la droite (coté « +4+4 »), puis 33 carreaux vers le bas (coté « 3-3 »), et le cartouche AB(4 ; 3)\vec{AB}\,(4\ ;\ -3). Une seconde flèche identique, tracée ailleurs dans le repère à partir d'un point quelconque, porte le même cartouche : les coordonnées ne dépendent pas du point de départ. Dans un coin, la longueur de la flèche est cotée AB=42+(3)2=5\|\vec{AB}\| = \sqrt{4^2 + (-3)^2} = 5, avec le petit carré de l'angle droit au coin de l'équerre.

Ce qu'il faut lire. Le panneau 1 est le geste fondateur : le vecteur n'est pas une flèche posée quelque part, c'est le déplacement commun aux trois flèches — d'où le panneau 2, qui trie les prétendants à l'égalité sur les trois critères, et jamais sur la position. Le panneau 3 montre l'addition comme un enchaînement de trajets, avec l'étape intermédiaire qui disparaît du bilan. Le panneau 4 relie enfin l'objet géométrique au calcul : les coordonnées comptent des carreaux signés, la norme est la longueur de l'hypoténuse — et la flèche déplacée qui garde le même cartouche redit, en coordonnées, ce que le panneau 1 disait en flèches.

Le vecteur comme déplacement : translation, égalité de vecteurs, relation de Chasles, coordonnées — Quatre panneaux. 1 : un triangle PQR et son image P′Q′R′ par la translation « 4 à droite, 3 en bas », dessinés en trait plein, l’image plus…

Bloc 5 sur 7 · Formules

Les relations à retenir

  • AB(xBxA ; yByA)\vec{AB}\,(x_B - x_A\ ;\ y_B - y_A)
  • AB+BC=AC(relation de Chasles)\vec{AB} + \vec{BC} = \vec{AC} \qquad \text{(relation de Chasles)}
  • u(x ; y), v(x ; y):u+v(x+x ; y+y),ku(kx ; ky)\vec{u}\,(x\ ;\ y),\ \vec{v}\,(x'\ ;\ y') : \quad \vec{u} + \vec{v}\,(x + x'\ ;\ y + y'), \qquad k\vec{u}\,(kx\ ;\ ky)
  • ABCD paralleˊlogramme    AB=DCABCD \text{ parallélogramme} \iff \vec{AB} = \vec{DC}
  • u et v colineˊaires    det(u, v)=xyyx=0\vec{u} \text{ et } \vec{v} \text{ colinéaires} \iff \det(\vec{u},\ \vec{v}) = xy' - yx' = 0
  • u=x2+y2(repeˋre orthonormeˊ seulement)\|\vec{u}\| = \sqrt{x^2 + y^2} \qquad \text{(repère orthonormé seulement)}
Tableau : Ce que tu cherches, Ce que tu fais, Point de vigilance
Ce que tu cherchesCe que tu faisPoint de vigilance
Coordonnées de AB\vec{AB}arrivée moins départ, ligne par lignel'ordre inverse donne l'opposé
Somme, produit par kkopération ligne par lignene jamais croiser les lignes
DD tel que ABCDABCD parallélogrammetraduire AB=DC\vec{AB} = \vec{DC}DC\vec{DC}, pas CD\vec{CD}
Colinéaritédéterminant xyyxxy' - yx'signes des produits croisés
Alignement de AA, BB, CCcolinéarité de AB\vec{AB} et AC\vec{AC}vecteurs issus du même point
Norme de u\vec{u}x2+y2\sqrt{x^2 + y^2}repère orthonormé exigé

Domaine de validité. Les coordonnées d'un vecteur, la relation de Chasles, la somme, le produit par un réel et le critère du déterminant valent dans tout repère. La formule de la norme, elle, repose sur Pythagore : elle exige un repère orthonormé, exactement comme la formule de la distance de la leçon précédente — et pour la même raison.

Écritures. Un vecteur se note avec sa flèche, toujours : u\vec{u}, AB\vec{AB}. Sa norme est un nombre positif, noté u\|\vec{u}\|. Écrire une égalité entre un vecteur et un nombre est une faute de nature — les deux membres d'une égalité doivent être des objets de même type. Les coordonnées de ce chapitre sont des nombres sans unité.

Contrôles gratuits. Une égalité de vecteurs se vérifie sur les deux coordonnées, jamais sur une seule. Un point trouvé par une condition de parallélogramme se contrôle par le milieu commun des diagonales. Un coefficient de colinéarité trouvé sur l'abscisse se vérifie sur l'ordonnée : s'il diffère, les vecteurs ne sont pas colinéaires.

Bloc 6 sur 7 · Pièges

Pièges fréquents

  1. Confondre le vecteur AB\vec{AB} et la longueur ABAB. ABAB est un nombre ; AB\vec{AB} est un déplacement, avec une direction et un sens. Écrire « AB=5\vec{AB} = 5 » n'a pas de sens : c'est la norme AB\|\vec{AB}\| qui vaut 55. Le symptôme classique de cette confusion : additionner des vecteurs comme on additionne des longueurs — voir le piège 3.
  2. Inverser l'ordre dans les coordonnées : xAxBx_A - x_B au lieu de xBxAx_B - x_A. La soustraction se fait arrivée moins départ. L'ordre inverse donne le vecteur opposé BA\vec{BA} : mêmes direction et longueur, sens contraire — et toutes les coordonnées changent de signe. Contrairement à la distance, où le carré effaçait le signe, ici l'erreur est invisible au premier regard et fausse tout le reste.
  3. Additionner les normes pour obtenir la norme d'une somme. Avec u(3 ; 0)\vec{u}\,(3\ ;\ 0) et v(3 ; 0)\vec{v}\,(-3\ ;\ 0) : les normes valent 33 et 33, mais u+v=0\vec{u} + \vec{v} = \vec{0}, de norme 00 — pas 66. Les déplacements peuvent se compenser. L'égalité u+v=u+v\|\vec{u} + \vec{v}\| = \|\vec{u}\| + \|\vec{v}\| n'est vraie que pour deux vecteurs de même direction et de même sens ; partout ailleurs, calcule d'abord les coordonnées de la somme, puis sa norme.
  4. Croiser les lignes dans une somme ou un produit. L'abscisse de u+v\vec{u} + \vec{v} ne fait intervenir que les abscisses ; l'ordonnée, que les ordonnées. De même, kuk\vec{u} multiplie les deux coordonnées par kk — n'en multiplier qu'une déforme la direction du vecteur.
  5. Écrire AB=CD\vec{AB} = \vec{CD} pour le parallélogramme ABCDABCD. La bonne traduction est AB=DC\vec{AB} = \vec{DC} : les deux côtés opposés doivent être parcourus dans le même sens. Avec CD\vec{CD}, on obtient un quadrilatère croisé. Relis l'ordre des sommets sur la figure mentale : ABA \to B et DCD \to C vont dans le même sens de rotation.
  6. Se tromper de signe dans le déterminant. det(u, v)=xyyx\det(\vec{u},\ \vec{v}) = xy' - yx' comporte deux produits croisés, souvent avec des nombres négatifs : (3)×(8)=+24(-3) \times (-8) = +24. Une erreur de signe change le verdict de colinéarité du tout au tout. Écris les parenthèses, calcule les deux produits séparément, puis soustrais.
  7. Croire que colinéaires signifie « de même sens ». w=2u\vec{w} = -2\,\vec{u} est colinéaire à u\vec{u} : même direction, sens contraire. La colinéarité ne parle que de direction. De même, elle ne dit rien des longueurs : u\vec{u} et 5u5\vec{u} sont colinéaires.
  8. Conclure à l'alignement avec des vecteurs mal choisis. Pour montrer que AA, BB, CC sont alignés, on teste la colinéarité de deux vecteurs issus du même point, par exemple AB\vec{AB} et AC\vec{AC}. Tester AB\vec{AB} et CB\vec{CB} fonctionne aussi (ils partagent BB), mais mélanger trois vecteurs quelconques entre les trois points ne prouve rien de propre.

Bloc 7 sur 7 · Vérifier

Vérifier : calculer une coordonnée de vecteur

Le modèle. L'exercice associé à cette leçon tire l'une de quatre situations : la coordonnée d'un vecteur AB\vec{AB} à partir des deux points, la coordonnée d'une somme u+v\vec{u} + \vec{v} ou d'un produit kuk\vec{u}, la coordonnée manquante d'un point DD pour que ABCDABCD soit un parallélogramme, ou la coordonnée de AC\vec{AC} connaissant AB\vec{AB} et BC\vec{BC} — la relation de Chasles à l'état pur. La coordonnée demandée (abscisse ou ordonnée) est elle-même tirée au sort. Un second modèle, voisin, fait décider par le déterminant si deux vecteurs sont colinéaires, et confronte la norme d'une somme à la somme des normes.

Énoncé type. Dans un repère du plan, on considère les points M(2 ; 4)M(-2\ ;\ 4) et N(3 ; 5)N(3\ ;\ -5). Calculer l'abscisse du vecteur MN\vec{MN}.

Corrigé complet.

1. Identifier départ et arrivée. Le vecteur est MN\vec{MN} : départ MM, arrivée NN. C'est l'ordre des lettres dans la notation qui le dit — et rien d'autre.

2. Appliquer « arrivée moins départ » sur la ligne demandée. On demande l'abscisse, donc seuls xMx_M et xNx_N interviennent :

xNxM=3(2)=3+2=5.x_N - x_M = 3 - (-2) = 3 + 2 = 5.

L'abscisse de MN\vec{MN} vaut 55.

3. Interpréter. Pour aller de MM à NN, on se déplace de 55 dans le sens de l'axe des abscisses. L'ordonnée du vecteur, non demandée, vaudrait 54=9-5 - 4 = -9 : un déplacement de 99 vers le bas.

4. Contrôler. La soustraction dans l'autre sens donnerait xMxN=23=5x_M - x_N = -2 - 3 = -5 : c'est l'abscisse de NM\vec{NM}, le vecteur opposé — le déplacement de retour. Si ta réponse est l'opposée de la bonne, c'est presque toujours cette inversion-là.

Auto-contrôle : vérifie que tu n'as utilisé que les abscisses (la ligne demandée), que la soustraction est bien « arrivée moins départ », et que les parenthèses autour des nombres négatifs ont été écrites avant de calculer. Ces trois gestes couvrent l'essentiel des erreurs sur ce modèle.

Sources

  • BO spécial n°1 du 22 janvier 2019 — programme de mathématiques de seconde générale et technologique, partie « Géométrie », section « Manipuler les vecteurs du plan »
  • J. Lelong-Ferrand, J.-M. Arnaudiès, Cours de mathématiques, tome 3 : géométrie et cinématique, Dunod

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