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Mathématiques · Première · 20 min de lecture

Probabilités conditionnelles : le « sachant que »

P_A(B), arbre pondéré, formule des probabilités totales, indépendance de deux événements.

Chapitre du programme : Probabilités et statistiques

Bloc 1 sur 7 · Comprendre

Comprendre : changer de population de référence

Une information change les probabilités. Avant de tirer une carte, la probabilité d'obtenir un roi est 432\dfrac{4}{32} ; si l'on t'annonce « c'est une figure », elle devient 412\dfrac{4}{12}. Rien n'a changé dans le paquet : c'est la population de référence qui a rétréci, des 3232 cartes aux 1212 figures. Toute la leçon tient dans ce geste.

Définition. Soient AA et BB deux événements, avec P(A)0P(A) \neq 0. La probabilité de BB sachant AA est

PA(B)=P(AB)P(A).P_A(B) = \frac{P(A \cap B)}{P(A)}.

On lit « probabilité de BB sachant AA » ; c'est la probabilité de BB quand on sait que AA est réalisé. Le dénominateur P(A)P(A) est ce qui rétrécit l'univers à AA ; le numérateur ne garde de BB que la part qui est dans AA. C'est bien une probabilité : comprise entre 00 et 11, égale à 11 pour B=AB = A.

Lire sur un tableau à double entrée. Quand les événements sont définis par des effectifs, le conditionnement se lit sans formule. Voici 200200 élèves d'un lycée répartis selon deux caractères : AA « être demi-pensionnaire », BB « pratiquer un sport en club ».

Tableau : Sportifs en club, Non sportifs, Total
Sportifs en clubNon sportifsTotal
Demi-pensionnaires40406060100100
Externes40406060100100
Total8080120120200200

On choisit un élève au hasard. Trois nombres, trois questions différentes :

  • P(AB)=40200=0,2P(A \cap B) = \dfrac{40}{200} = 0{,}2 : la probabilité qu'il soit demi-pensionnaire et sportif — la case commune sur le total général.
  • PA(B)=40100=0,4P_A(B) = \dfrac{40}{100} = 0{,}4 : sachant qu'il est demi-pensionnaire, la probabilité qu'il soit sportif — la case commune sur le total de la ligne de AA. On ne regarde plus que les 100100 demi-pensionnaires.
  • PB(A)=4080=0,5P_B(A) = \dfrac{40}{80} = 0{,}5 : sachant qu'il est sportif, la probabilité qu'il soit demi-pensionnaire — la case commune sur le total de la colonne de BB.

Même numérateur, trois dénominateurs, trois résultats. PA(B)P_A(B) et PB(A)P_B(A) ne sont pas la même chose : « parmi les demi-pensionnaires, la part des sportifs » et « parmi les sportifs, la part des demi-pensionnaires » sont deux questions, et rien n'oblige leurs réponses à coïncider. Dans la langue courante, « sachant que », « parmi ceux qui », « chez les » annoncent un conditionnement — et le mot qui suit désigne la population de référence, celle qui va au dénominateur.

La règle du produit. En multipliant la définition par P(A)P(A) :

P(AB)=P(A)×PA(B).P(A \cap B) = P(A) \times P_A(B).

La probabilité que deux événements se produisent tous les deux est la probabilité du premier, multipliée par la probabilité du second sachant le premier. C'est la règle qui fait fonctionner les arbres, et qui remplace le tableau quand on n'a pas d'effectifs mais des pourcentages « en cascade » — c'est l'objet du bloc suivant.

Conditionner, c'est diviser par la probabilité de ce que l'on sait. La question à se poser devant chaque « sachant que » : quelle est la population dont on parle maintenant ?

Bloc 2 sur 7 · Approfondir

Approfondir : arbre pondéré, totales, indépendance

L'arbre pondéré. Quand une situation se décrit en étapes (« 30 %30\ \% des clients sont abonnés ; parmi les abonnés, 60 %60\ \% utilisent l'application chaque jour ; parmi les autres, 20 %20\ \% »), on la représente par un arbre. De la racine partent les branches AA et Aˉ\bar{A} (l'événement contraire), portant P(A)P(A) et P(Aˉ)=1P(A)P(\bar{A}) = 1 - P(A). De chaque nœud du premier niveau partent les branches BB et Bˉ\bar{B}, portant les probabilités conditionnelles PA(B)P_A(B), PA(Bˉ)P_A(\bar{B}) depuis AA, et PAˉ(B)P_{\bar{A}}(B), PAˉ(Bˉ)P_{\bar{A}}(\bar{B}) depuis Aˉ\bar{A}. Trois règles suffisent à l'exploiter.

  • Règle des nœuds : les probabilités des branches issues d'un même nœud ont pour somme 11. En particulier PA(Bˉ)=1PA(B)P_A(\bar{B}) = 1 - P_A(B).
  • Règle du produit : la probabilité d'un chemin (une intersection) est le produit des probabilités des branches qui le composent : P(AB)=P(A)×PA(B)P(A \cap B) = P(A) \times P_A(B).
  • Règle de la somme : la probabilité d'un événement est la somme des probabilités des chemins qui y mènent.

La formule des probabilités totales. Les événements AA et Aˉ\bar{A} forment une partition de l'univers : ils sont incompatibles et leur réunion est tout l'univers — tout individu est dans l'un ou dans l'autre, jamais dans les deux. Un événement BB se découpe donc en deux morceaux disjoints, ABA \cap B et AˉB\bar{A} \cap B, et

P(B)=P(AB)+P(AˉB)=P(A)×PA(B)+P(Aˉ)×PAˉ(B).P(B) = P(A \cap B) + P(\bar{A} \cap B) = P(A) \times P_A(B) + P(\bar{A}) \times P_{\bar{A}}(B).

C'est la règle de la somme appliquée aux deux chemins qui aboutissent à BB. Elle sert dès que BB n'est connu qu'« à travers » AA : un défaut selon la machine, un usage selon l'abonnement. La formule s'étend à une partition en trois événements ou plus, avec un terme par morceau. Deux erreurs la font échouer : oublier un chemin (on n'obtient que P(AB)P(A \cap B)), ou additionner PA(B)+PAˉ(B)P_A(B) + P_{\bar{A}}(B) sans les poids P(A)P(A) et P(Aˉ)P(\bar{A}).

Inverser le conditionnement. Une fois P(B)P(B) connu, la définition donne aussi PB(A)=P(AB)P(B)P_B(A) = \dfrac{P(A \cap B)}{P(B)} : « sachant que la pièce est défectueuse, vient-elle de la machine 1 ? ». L'arbre était construit dans un sens (machine, puis défaut), la question se pose dans l'autre — et la réponse n'exige aucune formule nouvelle, seulement la définition et les deux nombres déjà calculés.

L'indépendance : une propriété, pas une impression. Deux événements AA et BB sont indépendants lorsque savoir que AA est réalisé ne change pas la probabilité de BB : PA(B)=P(B)P_A(B) = P(B). Avec la règle du produit, cela s'écrit de façon symétrique :

A et B indeˊpendants    P(AB)=P(A)×P(B).A \text{ et } B \text{ indépendants} \iff P(A \cap B) = P(A) \times P(B).

La définition est symétrique (PB(A)=P(A)P_B(A) = P(A) également) et s'applique même si P(A)=0P(A) = 0. Sur le tableau des 200200 élèves : P(A)=0,5P(A) = 0{,}5, P(B)=0,4P(B) = 0{,}4, P(A)×P(B)=0,2=P(AB)P(A) \times P(B) = 0{,}2 = P(A \cap B) — les événements « demi-pensionnaire » et « sportif » sont indépendants : la proportion de sportifs est la même (40 %40\ \%) chez les demi-pensionnaires et chez les externes. L'indépendance se vérifie par un calcul, jamais par le sentiment que « ça n'a rien à voir » : deux caractères qui semblent sans rapport peuvent être liés dans les données, et deux caractères qui semblent liés peuvent y être indépendants.

Incompatibles n'est pas indépendants. Deux événements incompatibles ne peuvent pas se produire ensemble : P(AB)=0P(A \cap B) = 0. Si P(A)P(A) et P(B)P(B) sont non nuls, P(A)×P(B)0P(A) \times P(B) \neq 0 : l'égalité d'indépendance est fausse. Des événements incompatibles sont donc le contraire d'indépendants — savoir que AA s'est produit rend BB impossible, ce qui est l'information la plus forte possible : PA(B)=0P(B)P_A(B) = 0 \neq P(B). Confondre les deux mots est l'erreur la plus fréquente du chapitre.

Deux épreuves indépendantes à la suite. Le programme de première demande aussi de représenter une succession de deux épreuves indépendantes — deux lancers d'un dé, deux tirages avec remise — par un arbre ou un tableau. L'arbre a deux niveaux, et les probabilités du second niveau ne dépendent pas de la branche suivie au premier : c'est la marque de l'indépendance. La probabilité d'un chemin reste le produit des probabilités rencontrées. On lance deux fois une pièce équilibrée : la probabilité d'obtenir « pile puis face » vaut 12×12=14\dfrac{1}{2} \times \dfrac{1}{2} = \dfrac{1}{4}, et celle d'obtenir exactement un pile, somme des deux chemins qui conviennent, 14+14=12\dfrac{1}{4} + \dfrac{1}{4} = \dfrac{1}{2}.

Ce qui est en dehors. La formule de Bayes, sous ce nom, est hors programme du lycée : en première, on inverse le conditionnement par la définition, PB(A)=P(AB)P(B)P_B(A) = \dfrac{P(A \cap B)}{P(B)}. La répétition de nn épreuves indépendantes (lancer dix fois une pièce et compter les piles), le schéma de Bernoulli et la loi binomiale relèvent de la terminale. En première, on conditionne, on lit des arbres à deux niveaux, on teste l'indépendance de deux événements.

Bloc 3 sur 7 · Exemple

Exemple guidé : deux machines, un arbre, un tableau

Énoncé. Un atelier produit des pièces sur deux machines. La machine 1 fabrique 60 %60\ \% de la production, et 4 %4\ \% de ses pièces présentent un défaut ; la machine 2 fabrique le reste, avec 9 %9\ \% de pièces défectueuses. On prélève une pièce au hasard ; on note M1M_1 « la pièce vient de la machine 1 » et DD « la pièce présente un défaut ».

  1. Traduire l'énoncé en probabilités et construire l'arbre. 2) Calculer P(D)P(D). 3) Sachant que la pièce est défectueuse, quelle est la probabilité qu'elle vienne de la machine 1 ? 4) Les événements M1M_1 et DD sont-ils indépendants ?

1) Traduire. P(M1)=0,6P(M_1) = 0{,}6, donc P(M1)=0,4P(\overline{M_1}) = 0{,}4. Les pourcentages « de ses pièces » sont des probabilités conditionnelles : PM1(D)=0,04P_{M_1}(D) = 0{,}04 et PM1(D)=0,09P_{\overline{M_1}}(D) = 0{,}09. Par la règle des nœuds, PM1(Dˉ)=0,96P_{M_1}(\bar{D}) = 0{,}96 et PM1(Dˉ)=0,91P_{\overline{M_1}}(\bar{D}) = 0{,}91. L'arbre a deux niveaux : machine, puis défaut.

2) Probabilités totales. Deux chemins mènent à DD :

P(M1D)=0,6×0,04=0,024,P(M1D)=0,4×0,09=0,036.P(M_1 \cap D) = 0{,}6 \times 0{,}04 = 0{,}024, \qquad P(\overline{M_1} \cap D) = 0{,}4 \times 0{,}09 = 0{,}036.

M1M_1 et M1\overline{M_1} forment une partition, donc

P(D)=0,024+0,036=0,06.P(D) = 0{,}024 + 0{,}036 = 0{,}06.

6 %6\ \% des pièces de l'atelier sont défectueuses — entre 4 %4\ \% et 9 %9\ \%, plus près de 4 %4\ \% parce que la machine 1 produit davantage. Oublier le second chemin donnerait 0,0240{,}024, qui n'est que la probabilité « machine 1 et défaut ».

3) Inverser le conditionnement. On demande PD(M1)P_D(M_1) — la population de référence est celle des pièces défectueuses :

PD(M1)=P(M1D)P(D)=0,0240,06=0,4.P_D(M_1) = \frac{P(M_1 \cap D)}{P(D)} = \frac{0{,}024}{0{,}06} = 0{,}4.

Une pièce défectueuse vient de la machine 1 avec une probabilité de 0,40{,}4, alors que la machine 1 fait 60 %60\ \% de la production : elle est sous-représentée parmi les défauts, ce qui est logique puisqu'elle en produit moins souvent. Remarque que PD(M1)=0,4P_D(M_1) = 0{,}4 et PM1(D)=0,04P_{M_1}(D) = 0{,}04 n'ont rien à voir : le sens du conditionnement change tout.

4) Tester l'indépendance. P(M1)×P(D)=0,6×0,06=0,036P(M_1) \times P(D) = 0{,}6 \times 0{,}06 = 0{,}036, tandis que P(M1D)=0,024P(M_1 \cap D) = 0{,}024. Les deux nombres diffèrent : M1M_1 et DD ne sont pas indépendants. On le voit aussi sur les conditionnelles : PM1(D)=0,04P(D)=0,06P_{M_1}(D) = 0{,}04 \neq P(D) = 0{,}06 — savoir d'où vient la pièce change la probabilité du défaut.

Le même problème en tableau. Sur 10001\,000 pièces, l'énoncé donne 600600 pièces de la machine 1 dont 2424 défectueuses, et 400400 de la machine 2 dont 3636 défectueuses.

Tableau : Défectueuses, Conformes, Total
DéfectueusesConformesTotal
Machine 12424576576600600
Machine 23636364364400400
Total606094094010001\,000

On y relit tout : P(D)=601000=0,06P(D) = \dfrac{60}{1\,000} = 0{,}06, PD(M1)=2460=0,4P_D(M_1) = \dfrac{24}{60} = 0{,}4, PM1(D)=24600=0,04P_{M_1}(D) = \dfrac{24}{600} = 0{,}04. L'arbre et le tableau sont deux écritures d'une même situation : l'arbre suit l'ordre des informations de l'énoncé, le tableau permet de conditionner dans les deux sens d'un seul regard.

Le moment décisif : à la question 3, la tentation est de répondre 0,040{,}04 ou 0,60{,}6. Ni l'un ni l'autre : la question dit « sachant que la pièce est défectueuse », la population de référence est donc DD, et le dénominateur est P(D)P(D), que la question 2 venait de calculer. La formule des probabilités totales n'est pas une fin en soi ; elle fournit le dénominateur du conditionnement inverse.

Bloc 4 sur 7 · Visualiser

Visualiser : l'arbre pondéré et le tableau croisé

Figure (SVG programmatique à produire) : deux panneaux côte à côte, l'arbre pondéré et le tableau à double entrée de l'exemple guidé, reliés par des flèches de correspondance.

  • Panneau 1 — l'arbre. Une racine à gauche. Deux branches vers M1M_1 (poids 0,60{,}6) et M1\overline{M_1} (poids 0,40{,}4), les poids écrits sur les branches. De chaque nœud, deux branches vers DD et Dˉ\bar{D} : 0,040{,}04 et 0,960{,}96 depuis M1M_1, 0,090{,}09 et 0,910{,}91 depuis M1\overline{M_1}. À l'extrémité de chaque chemin, la probabilité du chemin : 0,0240{,}024, 0,5760{,}576, 0,0360{,}036, 0,3640{,}364 — et, en fin de colonne, leur somme 11. Les deux chemins menant à DD sont tracés en trait épais, leurs extrémités reliées par une accolade cotée « P(D)=0,024+0,036=0,06P(D) = 0{,}024 + 0{,}036 = 0{,}06 ». Sur chaque nœud, un petit cartouche « somme des branches =1= 1 ». Sous l'arbre, le rappel des trois règles, une ligne chacune.
  • Panneau 2 — le tableau. Le tableau d'effectifs sur 10001\,000 pièces, avec ses totaux de lignes et de colonnes. La case 2424 (machine 1, défectueuses) est mise en évidence. Trois flèches partent de cette case : l'une vers le total général 10001\,000, cotée « P(M1D)=241000P(M_1 \cap D) = \dfrac{24}{1\,000} » ; l'une vers le total de ligne 600600, cotée « PM1(D)=24600P_{M_1}(D) = \dfrac{24}{600} » ; l'une vers le total de colonne 6060, cotée « PD(M1)=2460P_D(M_1) = \dfrac{24}{60} ». La ligne « Machine 1 » et la colonne « Défectueuses » sont légèrement teintées, avec la mention « la population de référence est la ligne ou la colonne ».
  • Correspondances. Une flèche relie l'extrémité 0,0240{,}024 de l'arbre à la case 2424 du tableau, une autre relie l'accolade P(D)=0,06P(D) = 0{,}06 au total de colonne 6060. En bas de figure, un encadré « indépendance ? » : « P(M1)×P(D)=0,6×0,06=0,0360,024=P(M1D)P(M_1) \times P(D) = 0{,}6 \times 0{,}06 = 0{,}036 \neq 0{,}024 = P(M_1 \cap D) : non ».

Ce qu'il faut lire. L'arbre montre les règles : sur un nœud on additionne à 11, le long d'un chemin on multiplie, vers un événement on additionne les chemins — et la formule des probabilités totales n'est que la lecture des deux chemins épais. Le tableau montre le conditionnement comme un choix de dénominateur : une seule case, trois populations de référence, trois probabilités. Les flèches de correspondance disent qu'il s'agit du même monde : ce que l'arbre calcule par produits, le tableau le compte par effectifs. L'encadré final rappelle que l'indépendance se tranche par une égalité, pas par une impression.

La figure en détail : à gauche, un arbre couché dont la racine se divise en deux branches, machine un avec le poids zéro virgule six et machine deux avec le poids zéro virgule quatre ; chacune se divise à son tour en défaut et sans défaut, avec des poids quatre centièmes et quatre-vingt-seize centièmes pour la première machine, neuf centièmes et quatre-vingt-onze centièmes pour la seconde. Au bout de chaque chemin est écrit le produit des poids ; les deux chemins qui mènent à un défaut sont en trait épais et leurs produits sont additionnés pour donner six centièmes. À droite, un tableau d'effectifs sur mille pièces, avec la case vingt-quatre (machine un, défectueuses) mise en évidence et trois flèches vers le total général, le total de sa ligne et le total de sa colonne, chacune donnant une probabilité différente.

Probabilités conditionnelles : l’arbre pondéré et le tableau à double entrée disent la même chose — Deux panneaux reliés par des flèches de correspondance.

Bloc 5 sur 7 · Formules

Les relations à retenir

  • PA(B)=P(AB)P(A)(P(A)0)P_A(B) = \frac{P(A \cap B)}{P(A)} \qquad (P(A) \neq 0)
  • P(AB)=P(A)×PA(B)=P(B)×PB(A)P(A \cap B) = P(A) \times P_A(B) = P(B) \times P_B(A)
  • PA(Bˉ)=1PA(B)P_A(\bar{B}) = 1 - P_A(B)
  • P(B)=P(A)×PA(B)+P(Aˉ)×PAˉ(B)(probabiliteˊs totales)P(B) = P(A) \times P_A(B) + P(\bar{A}) \times P_{\bar{A}}(B) \qquad \text{(probabilités totales)}
  • A et B indeˊpendants    P(AB)=P(A)×P(B)    PA(B)=P(B)A \text{ et } B \text{ indépendants} \iff P(A \cap B) = P(A) \times P(B) \iff P_A(B) = P(B)
  • Sur un tableau d’effectifs :PA(B)=n(AB)n(A),P(AB)=n(AB)N\text{Sur un tableau d'effectifs :} \quad P_A(B) = \frac{n(A \cap B)}{n(A)}, \qquad P(A \cap B) = \frac{n(A \cap B)}{N}
Tableau : Ce que tu cherches, Ce que tu fais, Point de vigilance
Ce que tu cherchesCe que tu faisPoint de vigilance
PA(B)P_A(B) sur un tableaucase commune sur le total de la ligne de AApas sur le total général
PB(A)P_B(A) sur un tableaucase commune sur le total de la colonne de BBce n'est pas PA(B)P_A(B)
P(AB)P(A \cap B) sur un arbreproduit des poids le long du cheminun seul chemin
P(B)P(B) sur un arbresomme des chemins qui mènent à BBtous les chemins, pondérés
PB(A)P_B(A) depuis un arbreP(AB)P(B)\dfrac{P(A \cap B)}{P(B)} avec P(B)P(B) par les totalesle dénominateur est P(B)P(B)
Indépendancecomparer P(AB)P(A \cap B) et P(A)×P(B)P(A) \times P(B)égalité exacte exigée

Domaine de validité. PA(B)P_A(B) n'est définie que si P(A)0P(A) \neq 0 : on ne conditionne pas par un événement impossible. La formule des probabilités totales exige une partition de l'univers (AA et Aˉ\bar{A}, ou plusieurs événements incompatibles deux à deux dont la réunion est l'univers) : avec des événements qui se chevauchent, des chemins seraient comptés deux fois. L'indépendance est une relation entre deux événements dans un modèle donné : les mêmes caractères peuvent être indépendants dans une population et pas dans une autre.

Écritures. PA(B)P_A(B) (indice) se lit « probabilité de BB sachant AA » — l'événement connu est en indice, l'événement dont on cherche la probabilité entre parenthèses. On rencontre aussi la notation P(BA)P(B \mid A) ; c'est la même chose. P(AB)P(A \cap B) est la probabilité de « AA et BB » ; P(AB)P(A \cup B) celle de « AA ou BB ». Un pourcentage « parmi les… » est une probabilité conditionnelle ; un pourcentage « de la production » est une probabilité simple.

Contrôles gratuits. Les branches d'un nœud font 11 ; les extrémités de l'arbre font 11 ; P(B)P(B) par les totales est comprise entre la plus petite et la plus grande des conditionnelles PA(B)P_A(B) et PAˉ(B)P_{\bar{A}}(B) ; sur un tableau, les totaux de lignes et de colonnes redonnent le total général.

Bloc 6 sur 7 · Pièges

Pièges fréquents

  1. Confondre PA(B)P_A(B) et PB(A)P_B(A). « Parmi les demi-pensionnaires, la part des sportifs » (0,40{,}4) et « parmi les sportifs, la part des demi-pensionnaires » (0,50{,}5) sont deux questions. Même numérateur, dénominateurs différents. Le mot qui suit « sachant que » ou « parmi » nomme la population de référence : c'est lui qui va au dénominateur.
  2. Confondre P(AB)P(A \cap B) et PA(B)P_A(B). La première est « AA et BB » sur tout l'univers (40200\dfrac{40}{200}) ; la seconde est « BB » sur la seule population AA (40100\dfrac{40}{100}). Une phrase sans « sachant » ni « parmi » demande l'intersection ; avec l'un de ces mots, une conditionnelle.
  3. Assimiler incompatibles et indépendants. Incompatibles : P(AB)=0P(A \cap B) = 0. Indépendants : P(AB)=P(A)×P(B)P(A \cap B) = P(A) \times P(B). Pour deux événements de probabilités non nulles, ces deux égalités s'excluent : des événements incompatibles sont dépendants au maximum, puisque l'un rend l'autre impossible.
  4. Décider l'indépendance à l'intuition. « Être demi-pensionnaire n'a rien à voir avec le sport » n'est pas un argument ; 0,5×0,4=0,2=P(AB)0{,}5 \times 0{,}4 = 0{,}2 = P(A \cap B) en est un. L'indépendance est une égalité à vérifier, avec des nombres exacts — un écart, même petit, la réfute.
  5. Oublier un chemin dans les probabilités totales. P(D)=0,024P(D) = 0{,}024 n'est que la branche de la machine 1. L'événement DD se produit aussi avec la machine 2 : P(D)=0,024+0,036P(D) = 0{,}024 + 0{,}036. Sur l'arbre, repère tous les chemins qui aboutissent à l'événement avant d'additionner.
  6. Additionner des conditionnelles sans les pondérer. PM1(D)+PM1(D)=0,04+0,09=0,13P_{M_1}(D) + P_{\overline{M_1}}(D) = 0{,}04 + 0{,}09 = 0{,}13 n'est la probabilité de rien : ces deux nombres portent sur des populations différentes et de tailles différentes. Chaque conditionnelle est multipliée par le poids de sa branche : 0,6×0,04+0,4×0,090{,}6 \times 0{,}04 + 0{,}4 \times 0{,}09.
  7. Mettre sur l'arbre des probabilités qui ne sont pas conditionnelles. Au second niveau, les branches portent PA(B)P_A(B), pas P(AB)P(A \cap B) ni P(B)P(B). Si l'énoncé donne P(AB)P(A \cap B), il faut d'abord diviser par P(A)P(A) pour obtenir le poids de la branche.
  8. Conditionner par un événement de probabilité nulle. PA(B)P_A(B) n'a pas de sens si P(A)=0P(A) = 0. Sur un tableau, une ligne de total nul ne permet aucun conditionnement — et une case nulle avec des totaux non nuls signifie des événements incompatibles, donc dépendants.

Bloc 7 sur 7 · Vérifier

Vérifier : conditionner sur un tableau

Le modèle. L'exercice associé à cette leçon tire l'un de deux supports. Sur un tableau croisé d'effectifs (élèves d'un lycée, salariés d'une entreprise, pièces d'une usine, clients d'une application), il demande P(AB)P(A \cap B), PA(B)P_A(B) ou PB(A)P_B(A) — et le corrigé calcule toujours les deux conditionnements côte à côte, pour que leur différence soit visible. Sur un arbre décrit en français30 %30\ \% d'entre eux sont abonnés ; parmi ceux-ci, 60 %60\ \%… »), il demande la probabilité d'une intersection ou P(B)P(B) par la formule des probabilités totales. La réponse est un nombre décimal exact. Un second modèle, vrai-faux, fait tester l'indépendance par un calcul, comparer PA(B)P_A(B) et PB(A)P_B(A), juger une valeur affirmée de P(B)P(B), et démonter « incompatibles donc indépendants ».

Énoncé type. Le tableau ci-dessous répartit les 200200 élèves d'un lycée selon deux caractères.

Tableau : Sportifs en club, Non sportifs, Total
Sportifs en clubNon sportifsTotal
Demi-pensionnaires30307070100100
Externes10109090100100
Total4040160160200200

On choisit un élève au hasard, chacun ayant la même probabilité d'être choisi. On note AA l'événement « il est demi-pensionnaire » et BB l'événement « il pratique un sport en club ». Calculer PB(A)P_B(A), la probabilité qu'il soit demi-pensionnaire sachant qu'il pratique un sport en club. Donner le résultat sous forme décimale.

Corrigé complet.

1. Lire les effectifs. La case commune « Demi-pensionnaires / Sportifs en club » donne n(AB)=30n(A \cap B) = 30 ; les totaux donnent n(A)=100n(A) = 100, n(B)=40n(B) = 40 et N=200N = 200.

2. Identifier la population de référence. La condition est « sachant qu'il pratique un sport en club » : on ne regarde plus que les 4040 sportifs, la colonne de BB. Le dénominateur est n(B)=40n(B) = 40.

3. Calculer.

PB(A)=n(AB)n(B)=3040=0,75.P_B(A) = \frac{n(A \cap B)}{n(B)} = \frac{30}{40} = 0{,}75.

4. Distinguer des voisins. PA(B)=30100=0,3P_A(B) = \dfrac{30}{100} = 0{,}3 : parmi les demi-pensionnaires, 30 %30\ \% sont sportifs. P(AB)=30200=0,15P(A \cap B) = \dfrac{30}{200} = 0{,}15 : 15 %15\ \% des élèves sont à la fois demi-pensionnaires et sportifs. Trois nombres différents pour une même case : c'est le dénominateur, donc la question, qui les distingue. Au passage, P(A)×P(B)=0,5×0,2=0,10,15P(A) \times P(B) = 0{,}5 \times 0{,}2 = 0{,}1 \neq 0{,}15 : AA et BB ne sont pas indépendants — les sportifs sont surreprésentés chez les demi-pensionnaires.

Auto-contrôle : relis la question et souligne le mot qui suit « sachant que » — il désigne la ligne ou la colonne qui sert de dénominateur ; vérifie que ton résultat est compris entre 00 et 11 ; et compare-le au nombre voisin obtenu avec l'autre dénominateur : s'ils sont égaux, c'est une coïncidence d'effectifs, jamais une règle.

Sources

  • BO spécial n°1 du 22 janvier 2019 — programme de spécialité mathématiques de première générale, « Probabilités et statistiques », section « Probabilités conditionnelles et indépendance »
  • J. Jacod, P. Protter, L'essentiel en théorie des probabilités, Cassini (probabilité conditionnelle, indépendance, formule des probabilités totales)

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