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Mathématiques · Première · 20 min de lecture

Suites arithmétiques et géométriques : ajouter ou multiplier

Définition par récurrence et forme explicite, raison, sens de variation, somme des termes, modélisation d'évolutions.

Chapitre du programme : Analyse

Bloc 1 sur 7 · Comprendre

Comprendre : une suite, deux façons de l'engendrer

Une suite numérique est une liste infinie de nombres, numérotés : un premier terme, un deuxième, un troisième… Mathématiquement, c'est une fonction dont la variable ne prend que des valeurs entières : à chaque entier naturel nn, elle associe un nombre noté unu_n (et non u(n)u(n)), qu'on appelle le terme de rang nn ; la suite elle-même se note (un)(u_n). Le rang est un entier, et c'est toute la différence avec les fonctions de la variable réelle : entre u3u_3 et u4u_4, il n'y a rien.

Deux modes de génération. Une suite peut être donnée de deux manières :

  • de façon explicite, par une formule en nn : un=3n+2u_n = 3n + 2, ou un=n2u_n = n^2. On calcule directement n'importe quel terme, u50=152u_{50} = 152 ;
  • par récurrence, en donnant le premier terme et la règle de passage d'un terme au suivant : u0=5u_0 = 5 et un+1=un+3u_{n + 1} = u_n + 3. Pour connaître u50u_{50}, il faut a priori calculer les cinquante termes précédents.

Le travail de ce chapitre consiste à passer de la seconde forme à la première pour deux familles de suites, les plus simples et les plus utiles.

Les suites arithmétiques : on ajoute toujours le même nombre. Une suite (un)(u_n) est arithmétique lorsqu'il existe un réel rr, appelé raison, tel que pour tout entier nn,

un+1=un+r.u_{n + 1} = u_n + r.

Ses termes sont régulièrement espacés : u0u_0, u0+ru_0 + r, u0+2ru_0 + 2r, u0+3ru_0 + 3r… Pour aller de u0u_0 à unu_n, on ajoute rr exactement nn fois, d'où la forme explicite :

un=u0+nr.u_n = u_0 + n\,r.

Une évolution à accroissement constant — un loyer qui augmente de 2020 € par an, une cuve qui se vide de 33 litres par minute — se modélise par une suite arithmétique, de raison positive ou négative.

Les suites géométriques : on multiplie toujours par le même nombre. Une suite (un)(u_n) est géométrique lorsqu'il existe un réel qq, appelé raison, tel que pour tout entier nn,

un+1=q×un.u_{n + 1} = q \times u_n.

Ses termes sont u0u_0, u0qu_0 q, u0q2u_0 q^2, u0q3u_0 q^3… Pour aller de u0u_0 à unu_n, on multiplie par qq exactement nn fois, d'où

un=u0×qn.u_n = u_0 \times q^n.

Une évolution à taux constant — une population qui croît de 2%2\,\% par an, une valeur qui perd 15%15\,\% chaque année — se modélise par une suite géométrique : augmenter de t%t\,\%, c'est multiplier par 1+t1001 + \dfrac{t}{100} ; diminuer de t%t\,\%, c'est multiplier par 1t1001 - \dfrac{t}{100}. La raison est ce coefficient multiplicateur, jamais le taux lui-même.

Les deux formes explicites se ressemblent et se confondent facilement. Le mot-clé est l'opération répétée : ajouter nn fois donne u0+nru_0 + n\,r ; multiplier nn fois donne u0×qnu_0 \times q^n. Un contrôle sûr : la forme explicite doit redonner u1u_1 quand on y fait n=1n = 1.

La convention de départ. Certaines suites commencent au rang 11 : le premier terme est alors u1u_1, et pour aller de u1u_1 à unu_n on ne fait que n1n - 1 pas. Les formes explicites deviennent un=u1+(n1)ru_n = u_1 + (n - 1)\,r et un=u1×qn1u_n = u_1 \times q^{\,n - 1}. Plus généralement, entre deux rangs pp et nn quelconques, il y a npn - p pas : un=up+(np)ru_n = u_p + (n - p)\,r et un=up×qnpu_n = u_p \times q^{\,n - p}. L'énoncé dit toujours quel est le premier terme ; c'est la première chose à lire.

Bloc 2 sur 7 · Approfondir

Approfondir : sens de variation et sommes

Reconnaître la nature d'une suite. Pour une suite dont on connaît les premiers termes, on calcule les différences u1u0u_1 - u_0, u2u1u_2 - u_1, u3u2u_3 - u_2 : si elles sont toutes égales, la suite est (vraisemblablement) arithmétique, de raison cette différence. On calcule les quotients u1u0\dfrac{u_1}{u_0}, u2u1\dfrac{u_2}{u_1}, u3u2\dfrac{u_3}{u_2} : s'ils sont tous égaux, la suite est géométrique, de raison ce quotient. Deux termes ne suffisent jamais — 11, 22 est le début de 1,2,31, 2, 3 (arithmétique) comme de 1,2,41, 2, 4 (géométrique) et de 1,2,51, 2, 5 (ni l'un ni l'autre). Et une suite peut n'être ni arithmétique ni géométrique : un=n2u_n = n^2 donne 0,1,4,90, 1, 4, 9, dont ni les différences (1,3,51, 3, 5) ni les quotients ne sont constants.

Sens de variation. Une suite est croissante si un+1unu_{n + 1} \geqslant u_n pour tout nn, décroissante si un+1unu_{n + 1} \leqslant u_n ; on étudie donc le signe de un+1unu_{n + 1} - u_n.

  • Suite arithmétique : un+1un=ru_{n + 1} - u_n = r. Elle est croissante si r>0r > 0, décroissante si r<0r < 0, constante si r=0r = 0. Le sens ne dépend que de la raison.
  • Suite géométrique de premier terme u0>0u_0 > 0 : un+1un=u0qn(q1)u_{n + 1} - u_n = u_0 q^n (q - 1). Si q>1q > 1, elle est croissante ; si 0<q<10 < q < 1, décroissante ; si q=1q = 1, constante. Si q<0q < 0, les termes changent de signe à chaque rang : la suite n'est ni croissante ni décroissante. Si u0<0u_0 < 0, tout s'inverse (pour q>0q > 0).

Somme des termes d'une suite arithmétique. L'astuce attribuée à Gauss enfant : pour calculer S=1+2++nS = 1 + 2 + \dots + n, on écrit la somme dans les deux sens et on ajoute terme à terme,

S=1+2++(n1)+nS=n+(n1)++2+12S=(n+1)+(n+1)++(n+1)n fois=n(n+1),\begin{aligned} S &= 1 + 2 + \dots + (n - 1) + n \\ S &= n + (n - 1) + \dots + 2 + 1 \end{aligned} \qquad \Longrightarrow \qquad 2S = \underbrace{(n + 1) + (n + 1) + \dots + (n + 1)}_{n \text{ fois}} = n(n + 1),

d'où 1+2++n=n(n+1)21 + 2 + \dots + n = \dfrac{n(n + 1)}{2}. Le même appariement vaut pour toute suite arithmétique, car deux termes symétriques ont toujours la même somme :

Somme de termes consécutifs d'une suite arithmétique =(nombre de termes)×premier terme+dernier terme2= \text{(nombre de termes)} \times \dfrac{\text{premier terme} + \text{dernier terme}}{2}.

Le nombre de termes est le point délicat : de upu_p à unu_n inclus, il y a np+1n - p + 1 termes, pas npn - p. De u3u_3 à u9u_9 : sept termes (3,4,5,6,7,8,93, 4, 5, 6, 7, 8, 9), et non six.

Somme des termes d'une suite géométrique. Pour q1q \neq 1, posons S=1+q+q2++qnS = 1 + q + q^2 + \dots + q^n. Alors qS=q+q2++qn+1qS = q + q^2 + \dots + q^{n + 1}, et la différence SqSS - qS fait disparaître tous les termes intermédiaires :

SqS=1qn+1,donc1+q+q2++qn=1qn+11q.S - qS = 1 - q^{n + 1}, \qquad \text{donc} \qquad 1 + q + q^2 + \dots + q^n = \frac{1 - q^{n + 1}}{1 - q}.

Pour une suite géométrique de premier terme u0u_0, on met u0u_0 en facteur : u0+u1++un=u0×1qn+11qu_0 + u_1 + \dots + u_n = u_0 \times \dfrac{1 - q^{n + 1}}{1 - q}. L'exposant n+1n + 1 est le nombre de termes de la somme. Cas emblématique, q=2q = 2 : 1+2+4++2n=12n+112=2n+111 + 2 + 4 + \dots + 2^n = \dfrac{1 - 2^{n + 1}}{1 - 2} = 2^{n + 1} - 1. Si q=1q = 1, la formule est interdite (division par 00), mais la somme est évidente : n+1n + 1 termes tous égaux à u0u_0.

Deux ponts vers les fonctions. Les points (n ; un)(n\ ;\ u_n) d'une suite arithmétique sont alignés : un=rn+u0u_n = r\,n + u_0 est l'expression d'une fonction affine de nn, de coefficient directeur rr. Ceux d'une suite géométrique de raison q>0q > 0 se placent sur une courbe qui accélère (ou freine) : c'est la version discrète d'une fonction exponentielle, étudiée plus tard dans l'année — on y verra que multiplier par qq à chaque pas, c'est suivre tektt \mapsto e^{kt} aux instants entiers.

Bloc 3 sur 7 · Exemple

Exemple guidé : deux évolutions, deux suites

Énoncé. 1) Une commune compte 1200012\,000 habitants et sa population augmente de 2,5%2{,}5\,\% par an. On note unu_n la population au bout de nn années, avec u0=12000u_0 = 12\,000. Exprimer unu_n en fonction de nn, puis estimer la population au bout de 1010 ans. 2) Léa dépose 150150 € sur un livret le premier mois, puis chaque mois 2020 € de plus que le mois précédent. On note vnv_n le dépôt du nn-ième mois, avec v1=150v_1 = 150. Exprimer vnv_n en fonction de nn, puis calculer le total déposé en un an.

1) Une évolution à taux constant.

Étape 1 — traduire le taux en coefficient. Augmenter de 2,5%2{,}5\,\%, c'est multiplier par 1+2,5100=1,0251 + \dfrac{2{,}5}{100} = 1{,}025. Chaque année, un+1=1,025×unu_{n + 1} = 1{,}025 \times u_n : la suite (un)(u_n) est géométrique, de raison q=1,025q = 1{,}025 et de premier terme u0=12000u_0 = 12\,000.

Étape 2 — la forme explicite. Premier terme u0u_0, donc nn multiplications pour atteindre le rang nn :

un=12000×1,025n.u_n = 12\,000 \times 1{,}025^{\,n}.

Contrôle sur u1u_1 : 12000×1,025=1230012\,000 \times 1{,}025 = 12\,300, soit bien 1200012\,000 augmenté de 300300, c'est-à-dire de 2,5%2{,}5\,\% ✔.

Étape 3 — le calcul demandé. u10=12000×1,02510u_{10} = 12\,000 \times 1{,}025^{10} est la valeur exacte. À la calculatrice, 1,025101,28011{,}025^{10} \approx 1{,}2801, donc

u1012000×1,280115361.u_{10} \approx 12\,000 \times 1{,}2801 \approx 15\,361.

Au bout de 1010 ans, la commune compte environ 1540015\,400 habitants (trois chiffres significatifs — un effectif prévu à l'unité près n'aurait pas de sens). Remarque : dix hausses de 2,5%2{,}5\,\% font 28%28\,\% d'augmentation, et non 25%25\,\% : les pourcentages successifs ne s'additionnent pas, ils se multiplient.

2) Une évolution à accroissement constant.

Étape 1 — reconnaître. Chaque mois, vn+1=vn+20v_{n + 1} = v_n + 20 : la suite (vn)(v_n) est arithmétique, de raison r=20r = 20 et de premier terme v1=150v_1 = 150.

Étape 2 — la forme explicite, avec la bonne convention. Le premier terme est v1v_1 : pour atteindre vnv_n, on ajoute la raison n1n - 1 fois, pas nn fois :

vn=150+20(n1)=20n+130.v_n = 150 + 20(n - 1) = 20n + 130.

Contrôle : v1=20+130=150v_1 = 20 + 130 = 150 ✔ et v2=170v_2 = 170, soit 150+20150 + 20 ✔. La formule 150+20n150 + 20n aurait donné v1=170v_1 = 170 : faux dès le premier terme.

Étape 3 — la somme. Le total sur un an est v1+v2++v12v_1 + v_2 + \dots + v_{12}. Nombre de termes : 121+1=1212 - 1 + 1 = 12. Dernier terme : v12=20×12+130=370v_{12} = 20 \times 12 + 130 = 370. Donc

v1++v12=12×150+3702=12×260=3120.v_1 + \dots + v_{12} = 12 \times \frac{150 + 370}{2} = 12 \times 260 = 3\,120.

Léa aura déposé 31203\,120 € en un an. Contrôle d'ordre de grandeur : douze dépôts compris entre 150150 et 370370 €, de moyenne 260260 € — cohérent.

Le moment décisif : à l'étape 2 du point 2, l'exposant ou le multiplicateur de la raison n'est pas le rang, c'est le nombre de pas depuis le premier terme. Avec un premier terme v1v_1, ce nombre est n1n - 1. Le contrôle sur v1v_1 prend cinq secondes et attrape l'erreur à coup sûr.

Bloc 4 sur 7 · Visualiser

Visualiser : l'escalier et la courbe

Figure (SVG programmatique à produire) : trois panneaux — les deux familles représentées par leurs points, puis l'astuce de Gauss dessinée.

  • Panneau 1 — une suite arithmétique. Repère avec nn en abscisse (00 à 66, graduations entières, aucun trait entre elles) et unu_n en ordonnée. Les points (n ; un)(n\ ;\ u_n) de la suite un=5+3nu_n = 5 + 3n : (0 ; 5)(0\ ;\ 5), (1 ; 8)(1\ ;\ 8), (2 ; 11)(2\ ;\ 11), (3 ; 14)(3\ ;\ 14), (4 ; 17)(4\ ;\ 17), (5 ; 20)(5\ ;\ 20), (6 ; 23)(6\ ;\ 23), en disques pleins non reliés ; une droite fine en tirets passe par tous, avec la mention « points alignés : fonction affine de nn, coefficient directeur r=3r = 3 ». Entre deux points consécutifs, une marche d'escalier en pointillés, de hauteur constante cotée « +3+3 ». Cartouche : « un+1=un+3u_{n + 1} = u_n + 3, donc un=5+3nu_n = 5 + 3n ».
  • Panneau 2 — une suite géométrique. Même type de repère, points de la suite vn=2×1,5nv_n = 2 \times 1{,}5^{\,n} : (0 ; 2)(0\ ;\ 2), (1 ; 3)(1\ ;\ 3), (2 ; 4,5)(2\ ;\ 4{,}5), (3 ; 6,75)(3\ ;\ 6{,}75), (4 ; 10,125)(4\ ;\ 10{,}125), (5 ; 15,19)(5\ ;\ 15{,}19) (dernière ordonnée arrondie), disques pleins non reliés, marches de hauteur croissante cotées « ×1,5\times 1{,}5 ». Une courbe fine en tirets passe par les points, avec la mention « pas une droite : la hauteur des marches augmente ». Cartouche : « vn+1=1,5vnv_{n + 1} = 1{,}5\,v_n, donc vn=2×1,5nv_n = 2 \times 1{,}5^{\,n} ». Un insert plus petit montre une suite géométrique de raison 0,50{,}5 dont les points descendent en se rapprochant de l'axe des abscisses, mention « 0<q<10 < q < 1 : décroissante, jamais négative ».
  • Panneau 3 — l'astuce de Gauss. Un escalier de 66 colonnes de hauteurs 1,2,3,4,5,61, 2, 3, 4, 5, 6 (carreaux unités), et le même escalier retourné posé dessus, tramé différemment : ensemble ils forment un rectangle de 66 colonnes sur 77 lignes. Cartouche : « 2S=6×72S = 6 \times 7, donc 1+2++6=6×72=211 + 2 + \dots + 6 = \dfrac{6 \times 7}{2} = 21 ». En dessous, la généralisation : « nombre de termes ×\times (premier + dernier) ÷2\div\, 2 ».

Ce qu'il faut lire. Les points d'une suite ne sont jamais reliés : entre deux rangs, il n'y a pas de terme. Le panneau 1 montre l'alignement qui fait d'une suite arithmétique une fonction affine du rang ; le panneau 2, la courbe qui accélère et qui annonce l'exponentielle — et, dans l'insert, une décroissance qui ne passe jamais sous zéro. Le panneau 3 rend la formule de la somme évidente : deux escaliers font un rectangle, dont l'aire se lit sans additionner.

La figure en détail : à gauche, sept disques non reliés, aux abscisses entières de zéro à six, de hauteurs cinq, huit, onze, quatorze, dix-sept, vingt et vingt-trois, tous alignés sur une droite fine en tirets ; entre deux disques consécutifs, une marche d'escalier en pointillés de hauteur trois, toujours la même. Au centre, six disques non reliés, de hauteurs deux ; trois ; quatre virgule cinq ; six virgule soixante-quinze ; dix virgule cent vingt-cinq ; quinze virgule dix-neuf, posés sur une courbe fine qui se redresse : chaque marche est une fois et demie plus haute que la précédente ; un petit insert montre des disques qui descendent en se rapprochant de l'axe sans l'atteindre. À droite, un escalier de six colonnes de hauteurs un à six, et le même escalier retourné posé dessus avec une trame différente : ensemble ils forment un rectangle de six colonnes sur sept lignes, d'aire quarante-deux, dont la moitié, vingt et un, est l'aire d'un seul escalier.

Suite arithmétique (points alignés, marches égales), suite géométrique (marches croissantes), et la somme 1 + 2 + … + 6 par l’escalier de Gauss — Trois panneaux. Panneau 1 : repère avec n en abscisse (0 à 6, graduations entières) et u indi…

Bloc 5 sur 7 · Formules

Les relations à retenir

  • arithmeˊtique : un+1=un+r,un=u0+nr,un=up+(np)r\text{arithmétique : } u_{n + 1} = u_n + r, \qquad u_n = u_0 + n\,r, \qquad u_n = u_p + (n - p)\,r
  • geˊomeˊtrique : un+1=qun,un=u0×qn,un=up×qnp\text{géométrique : } u_{n + 1} = q\,u_n, \qquad u_n = u_0 \times q^{\,n}, \qquad u_n = u_p \times q^{\,n - p}
  • eˊvolution de t%: q=1+t100 (hausse),q=1t100 (baisse)\text{évolution de } t\,\% : \ q = 1 + \frac{t}{100} \ \text{(hausse)}, \qquad q = 1 - \frac{t}{100} \ \text{(baisse)}
  • 1+2++n=n(n+1)2,up++un=(np+1)×up+un2 (arithmeˊtique)1 + 2 + \dots + n = \frac{n(n + 1)}{2}, \qquad u_p + \dots + u_n = (n - p + 1) \times \frac{u_p + u_n}{2} \ \text{(arithmétique)}
  • 1+q++qn=1qn+11q(q1),1+2++2n=2n+111 + q + \dots + q^{\,n} = \frac{1 - q^{\,n + 1}}{1 - q} \quad (q \neq 1), \qquad 1 + 2 + \dots + 2^{\,n} = 2^{\,n + 1} - 1
  • nombre de termes de up aˋ un: np+1\text{nombre de termes de } u_p \text{ à } u_n : \ n - p + 1
Tableau : Ce que tu cherches, Ce que tu fais, Point de vigilance
Ce que tu cherchesCe que tu faisPoint de vigilance
La nature d'une suitedifférences, puis quotients, sur tous les termes« ni l'une ni l'autre » est une réponse
Un terme de rang nnforme explicite, avec le bon nombre de paspremier terme u0u_0 ou u1u_1 ?
Le sens de variationsigne de rr ; position de qq par rapport à 11q<0q < 0 : ni croissante ni décroissante
Une hausse de t%t\,\% répétéegéométrique de raison 1+t1001 + \dfrac{t}{100}la raison n'est pas tt
Une somme de termes consécutifscompter les termes, puis la formulede upu_p à unu_n : np+1n - p + 1 termes

Domaine de validité. Les formes explicites valent pour tout rang à partir du premier terme, et la raison est constante par définition : une suite dont les pas changent n'est ni arithmétique ni géométrique, quel que soit le nombre de termes qui semblent régulièrement espacés. La formule 1qn+11q\dfrac{1 - q^{n + 1}}{1 - q} exige q1q \neq 1. Le sens de variation d'une suite géométrique tel qu'énoncé suppose u0>0u_0 > 0 et q>0q > 0.

Écritures. Le terme de rang nn se note unu_n, l'indice en bas ; la suite se note (un)(u_n), entre parenthèses ; un+1u_{n + 1} (indice n+1n + 1) est le terme suivant, à ne pas confondre avec un+1u_n + 1 (le terme augmenté de 11). Une population, un capital, se donnent avec un nombre de chiffres significatifs raisonnable et le signe \approx dès qu'un arrondi est fait ; la valeur exacte reste 12000×1,0251012\,000 \times 1{,}025^{10}.

Contrôles gratuits. Une forme explicite doit redonner le premier terme et le second. Une somme arithmétique est le nombre de termes multiplié par la moyenne des extrêmes : son ordre de grandeur se vérifie de tête. Une somme géométrique de raison 22 est un peu inférieure au double de son dernier terme.

Bloc 6 sur 7 · Pièges

Pièges fréquents

  1. Croiser les formes explicites : un=u0+nqu_n = u_0 + n\,q pour une géométrique, ou u0×rnu_0 \times r^n pour une arithmétique. Le geste répété décide : on ajoute nn fois la raison d'une suite arithmétique (u0+nru_0 + nr), on multiplie nn fois par celle d'une suite géométrique (u0qnu_0 q^n). Contrôle infaillible : la formule doit redonner u1u_1 pour n=1n = 1.
  2. Se tromper d'un rang quand le premier terme est u1u_1. De u1u_1 à unu_n, il n'y a que n1n - 1 pas : un=u1+(n1)ru_n = u_1 + (n - 1)\,r et un=u1×qn1u_n = u_1 \times q^{\,n - 1}. Lis la convention dans l'énoncé avant d'écrire quoi que ce soit, puis contrôle sur u1u_1 et u2u_2.
  3. Confondre le nombre de termes et le dernier indice. De u3u_3 à u9u_9, il y a 93+1=79 - 3 + 1 = 7 termes : les deux extrémités comptent. L'erreur décale toute la somme d'un terme — et dans la formule 1qn+11q\dfrac{1 - q^{n + 1}}{1 - q}, l'exposant est ce nombre de termes.
  4. Prendre le taux pour la raison. Une hausse de 5%5\,\% par an correspond à la raison 1,051{,}05, pas à 55 ni à 0,050{,}05 ; une baisse de 15%15\,\% à 0,850{,}85. La raison est le coefficient multiplicateur qui fait passer d'une valeur à la suivante.
  5. Additionner des pourcentages successifs. Dix hausses de 2,5%2{,}5\,\% font 1,025101,281{,}025^{10} \approx 1{,}28, soit 28%28\,\%, et non 25%25\,\%. Et une hausse de 10%10\,\% suivie d'une baisse de 10%10\,\% donne 1,1×0,9=0,991{,}1 \times 0{,}9 = 0{,}99 : on ne revient pas au point de départ.
  6. Conclure sur la nature d'une suite avec deux termes. 11 puis 22 commence aussi bien une suite arithmétique, géométrique, ou aucune des deux. Il faut vérifier les différences (ou les quotients) sur tous les termes donnés, et envisager qu'aucune des deux natures ne convienne.
  7. Croire qu'une suite géométrique de raison négative est monotone. Avec q=2q = -2 et u0=1u_0 = 1 : 1,2,4,81, -2, 4, -8 — les termes alternent en signe, la suite n'est ni croissante ni décroissante, même si les valeurs absolues grandissent.
  8. Relier les points d'une suite sur un graphique. Une suite n'est définie qu'aux rangs entiers : u2,5u_{2{,}5} n'existe pas. Les points se marquent isolément ; tracer une courbe continue entre eux, c'est représenter une fonction de la variable réelle, pas la suite.

Bloc 7 sur 7 · Vérifier

Vérifier : modéliser une évolution à taux constant

Le modèle. L'exercice associé à cette leçon tire l'une de trois familles : calculer unu_n pour une suite arithmétique dont on donne la raison et le premier terme (u0u_0 ou u1u_1, la convention est écrite) ; la même chose pour une suite géométrique de raison 22, 33, 1010, 0,50{,}5 ou 1,51{,}5 (résultat exact) ; ou calculer la valeur d'une grandeur réelle après nn évolutions de t%t\,\% — population, loyer, abonnés, valeur de revente — avec une réponse arrondie à trois chiffres significatifs. Un second modèle, voisin, demande de reconnaître la nature d'une suite à partir de ses quatre premiers termes (l'option « ni arithmétique ni géométrique » existe et gagne un tiers du temps) et de choisir la valeur d'une somme de termes consécutifs parmi quatre calculées.

Énoncé type. La valeur de revente d'une voiture est de 1800018\,000 euros aujourd'hui, et diminue de 15%15\,\% chaque année. On note u0=18000u_0 = 18\,000 la valeur actuelle et unu_n la valeur au bout de nn ans. Quelle sera cette valeur au bout de 44 ans, en euros ? Arrondir à 33 chiffres significatifs.

Corrigé complet.

1. Traduire la baisse en coefficient. Diminuer de 15%15\,\%, c'est multiplier par 115100=0,851 - \dfrac{15}{100} = 0{,}85. Ce coefficient est le même chaque année : (un)(u_n) est géométrique de raison q=0,85q = 0{,}85 et de premier terme u0=18000u_0 = 18\,000.

2. Écrire la forme explicite. Premier terme u0u_0, donc un=u0×qn=18000×0,85nu_n = u_0 \times q^n = 18\,000 \times 0{,}85^{\,n}, et

u4=18000×0,854.u_4 = 18\,000 \times 0{,}85^{4}.

3. Calculer, puis arrondir une seule fois. 0,852=0,72250{,}85^2 = 0{,}7225 et 0,854=0,72252=0,522006250{,}85^4 = 0{,}7225^2 = 0{,}52200625, valeur exacte. Donc u4=18000×0,52200625=9396,1125u_4 = 18\,000 \times 0{,}52200625 = 9\,396{,}1125. Arrondie à trois chiffres significatifs :

u49400 euros.u_4 \approx 9\,400 \text{ euros}.

4. Interpréter et contrôler. En quatre ans, la voiture a perdu environ 48%48\,\% de sa valeur (10,5220,4781 - 0{,}522 \approx 0{,}478), et non 4×15=60%4 \times 15 = 60\,\% : les baisses successives portent sur une valeur de plus en plus petite. Contrôle d'ordre de grandeur : quatre baisses de 15%15\,\% laissent un peu plus de la moitié de la valeur, et 94009\,400 est un peu plus de la moitié de 1800018\,000 ✔. Comme 0<q<10 < q < 1 et u0>0u_0 > 0, la suite est décroissante — et reste positive : la voiture ne vaudra jamais un montant négatif.

Auto-contrôle : vérifie que la raison est le coefficient 0,850{,}85 et non 1515 ou 0,150{,}15, que l'exposant est le nombre d'années écoulées depuis u0u_0, et que l'arrondi n'a été fait qu'à la toute fin, avec le signe \approx.

Sources

  • BO spécial n°1 du 22 janvier 2019 — programme de spécialité mathématiques de première générale, partie « Algèbre », section « Suites numériques, modèles discrets » (modes de génération, suites arithmétiques et géométriques, sommes, sens de variation)
  • J. Lelong-Ferrand, J.-M. Arnaudiès, Cours de mathématiques, tome 2 : analyse, Dunod — chapitre sur les suites numériques

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