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Mathématiques · Seconde · 17 min de lecture

Systèmes de deux équations à deux inconnues

Résoudre un système linéaire 2 × 2 par substitution ou combinaison ; interprétation graphique comme intersection de droites.

Chapitre du programme : Géométrie

Bloc 1 sur 7 · Comprendre

Comprendre : deux conditions à la fois

En 4e et en 3e, tu as résolu des équations à une inconnue : une condition, un nombre à trouver. Voici une situation qui n'entre plus dans ce cadre. Dans une papeterie, 33 cahiers et 22 stylos coûtent 1717 €, et 22 cahiers et 55 stylos coûtent 2626 €. Quel est le prix d'un cahier ? Celui d'un stylo ? Deux nombres inconnus, et deux renseignements qui les concernent ensemble : aucune des deux phrases ne suffit seule, mais les deux réunies déterminent tout.

En notant xx le prix d'un cahier et yy celui d'un stylo (en euros), les deux phrases se traduisent par deux équations :

(E1) : 3x+2y=17et(E2) : 2x+5y=26.(E_1)\ :\ 3x + 2y = 17 \qquad \text{et} \qquad (E_2)\ :\ 2x + 5y = 26.

Ces deux équations, prises en même temps, forment un système de deux équations à deux inconnues. Chacune est dite linéaire : les inconnues n'y apparaissent qu'à la puissance 11, sans produit xyxy ni carré.

Résoudre un système, c'est trouver tous les couples (x ; y)(x\ ;\ y) qui vérifient les deux équations à la fois. Un tel couple est appelé solution du système.

Le mot important est couple : la solution n'est pas un nombre, c'est une paire de nombres qui vont ensemble, notée (x ; y)(x\ ;\ y) dans cet ordre. Et le mot décisif est les deux : le couple (5 ; 1)(5\ ;\ 1) vérifie (E1)(E_1) (car 3×5+2×1=173 \times 5 + 2 \times 1 = 17) mais pas (E2)(E_2) (car 2×5+5×1=15262 \times 5 + 5 \times 1 = 15 \neq 26) — il n'est donc pas solution du système. Une équation à deux inconnues a une infinité de solutions à elle seule ; c'est la seconde équation qui, en général, n'en laisse qu'une.

La méthode de substitution. Elle consiste à exprimer une inconnue en fonction de l'autre grâce à l'une des équations, puis à remplacer (substituer) cette expression dans l'autre équation, qui ne contient alors plus qu'une inconnue — retour au terrain connu de la 4e. Sur un système où une inconnue est facile à isoler :

(E1) : 4x+y=14(E2) : 3x2y=5.(E_1)\ :\ 4x + y = 14 \qquad (E_2)\ :\ 3x - 2y = 5.

De (E1)(E_1), on tire y=144xy = 14 - 4x. On remplace yy par 144x14 - 4x dans (E2)(E_2) — et seulement dans (E2)(E_2), l'équation qui n'a pas encore servi :

3x2(144x)=5,3x28+8x=5,11x=33,x=3.3x - 2(14 - 4x) = 5, \qquad 3x - 28 + 8x = 5, \qquad 11x = 33, \qquad x = 3.

Reste à retrouver yy avec l'expression du début : y=144×3=2y = 14 - 4 \times 3 = 2. La solution est le couple (3 ; 2)(3\ ;\ 2) — et l'on n'a pas fini tant qu'on ne l'a pas vérifié dans les deux équations : 4×3+2=144 \times 3 + 2 = 14 et 3×32×2=53 \times 3 - 2 \times 2 = 5. Les deux égalités tiennent.

Où sont les pièges ? Deux, et ils font l'essentiel des copies fausses. Substituer dans l'équation qui a servi à isoler l'inconnue (on obtient 0=00 = 0, une égalité vraie qui n'apprend rien). Et s'arrêter à x=3x = 3 : une solution est un couple, la seconde inconnue fait partie de la réponse.

Bloc 2 sur 7 · Approfondir

Approfondir : combinaison, vérification, droites

La méthode de combinaison. Quand aucune inconnue n'a de coefficient commode, on préfère une seconde méthode : multiplier chaque équation par un nombre choisi pour que les coefficients d'une inconnue deviennent opposés ou égaux, puis additionner ou soustraire les deux équations membre à membre. L'inconnue visée disparaît. Reprenons la papeterie :

(E1) : 3x+2y=17(E2) : 2x+5y=26.(E_1)\ :\ 3x + 2y = 17 \qquad (E_2)\ :\ 2x + 5y = 26.

Pour éliminer yy, il faut le même coefficient devant yy dans les deux lignes : on multiplie (E1)(E_1) par 55 et (E2)(E_2) par 22, ce qui donne 10y10y des deux côtés.

5×(E1) : 15x+10y=852×(E2) : 4x+10y=52.5 \times (E_1)\ :\ 15x + 10y = 85 \qquad 2 \times (E_2)\ :\ 4x + 10y = 52.

On soustrait la seconde à la première, membre à membre et signe par signe :

(15x+10y)(4x+10y)=8552,11x=33,x=3.(15x + 10y) - (4x + 10y) = 85 - 52, \qquad 11x = 33, \qquad x = 3.

Un cahier coûte 33 €. Pour yy, on revient à l'une des équations de départ : 3×3+2y=173 \times 3 + 2y = 17 donne 2y=82y = 8, soit y=4y = 4. Un stylo coûte 44 €. Vérification dans l'équation qui n'a pas servi à trouver yy : 2×3+5×4=262 \times 3 + 5 \times 4 = 26. Le couple (3 ; 4)(3\ ;\ 4) est solution.

Pourquoi a-t-on le droit ? Multiplier les deux membres d'une égalité par un même nombre, ou ajouter membre à membre deux égalités vraies, donne une égalité vraie : c'est exactement ce que tu faisais déjà pour résoudre une équation. La combinaison ne fait qu'appliquer ces règles à deux lignes en même temps. Le point délicat est le signe dans la soustraction : chaque terme de la ligne retranchée change de signe, y compris le second membre. Écrire les parenthèses avant de les supprimer coûte trois secondes et évite l'erreur la plus fréquente du chapitre.

Substitution ou combinaison ? Les deux méthodes donnent toujours la même solution — elles ne diffèrent que par le confort. Une inconnue a un coefficient 11 ou 1-1 ? La substitution est immédiate. Les coefficients sont tous « gros » ? La combinaison évite les fractions. Dans un devoir, tu choisis ; ce qui ne se choisit pas, c'est la vérification finale.

Pourquoi vérifier dans les deux équations ? Parce qu'une erreur de calcul produit souvent un couple qui vérifie une équation et pas l'autre — précisément le couple (5 ; 1)(5\ ;\ 1) du début. Vérifier une seule équation ne détecte pas cette erreur ; vérifier les deux la détecte toujours. La vérification n'est pas une politesse, c'est la seule preuve que le couple trouvé est bien solution.

Lire le système comme deux droites. Chaque équation ax+by=cax + by = c, quand b0b \neq 0, peut s'écrire y=abx+cby = -\dfrac{a}{b}x + \dfrac{c}{b} : c'est l'équation réduite d'une droite du plan, de coefficient directeur ab-\dfrac{a}{b}. Un couple (x ; y)(x\ ;\ y) vérifie l'équation exactement quand le point de coordonnées (x ; y)(x\ ;\ y) est sur la droite. Résoudre le système, c'est donc chercher les points communs à deux droites — et la géométrie dit qu'il n'y a que trois cas.

  • Les droites sont sécantes : un seul point commun, le système a une unique solution — c'est le cas de tous les exemples de cette leçon.
  • Les droites sont parallèles et distinctes : aucun point commun, le système n'a aucune solution.
  • Les droites sont confondues : tous les points de la droite sont communs, le système a une infinité de solutions.

Le nombre ababab' - a'b, formé avec les coefficients du système {ax+by=cax+by=c\begin{cases} ax + by = c \\ a'x + b'y = c' \end{cases}, tranche entre le premier cas et les deux autres. C'est le déterminant des vecteurs directeurs (b ; a)(-b\ ;\ a) et (b ; a)(-b'\ ;\ a') des deux droites, rencontré dans la leçon sur les vecteurs : il est nul exactement quand ces vecteurs sont colinéaires, c'est-à-dire quand les droites sont parallèles. Si abab0ab' - a'b \neq 0, les droites sont sécantes et le système a une solution unique ; s'il est nul, il n'y a pas de solution unique — aucune ou une infinité, selon que les droites sont distinctes ou confondues. Sur la papeterie : 3×52×2=1103 \times 5 - 2 \times 2 = 11 \neq 0, et c'est bien ce 1111 qui est apparu devant xx dans la combinaison.

Bloc 3 sur 7 · Exemple

Exemple guidé : un système résolu de bout en bout

Énoncé. Résoudre le système d'inconnues xx et yy :

(E1) : 5x+3y=31(E2) : 2x7y=45.(E_1)\ :\ 5x + 3y = 31 \qquad (E_2)\ :\ 2x - 7y = -45.

Interpréter géométriquement le résultat.

1. Choisir la méthode. Aucun coefficient ne vaut 11 ni 1-1 : isoler une inconnue ferait apparaître des fractions. On choisit la combinaison.

2. Décider quelle inconnue éliminer, et avec quels facteurs. Les coefficients de yy sont 33 et 7-7. En multipliant (E1)(E_1) par 77 et (E2)(E_2) par 33, on obtient 21y21y et 21y-21y : des coefficients opposés, qui se détruiront par addition — pas de soustraction, donc pas de signe à retourner.

7×(E1) : 35x+21y=2173×(E2) : 6x21y=135.7 \times (E_1)\ :\ 35x + 21y = 217 \qquad 3 \times (E_2)\ :\ 6x - 21y = -135.

Contrôle : chaque terme a bien été multiplié, seconds membres compris — 7×31=2177 \times 31 = 217 et 3×(45)=1353 \times (-45) = -135.

3. Additionner membre à membre.

(35x+21y)+(6x21y)=217+(135),41x=82,x=2.(35x + 21y) + (6x - 21y) = 217 + (-135), \qquad 41x = 82, \qquad x = 2.

4. Retrouver la seconde inconnue. On remplace xx par 22 dans (E1)(E_1), la plus simple :

5×2+3y=31,3y=21,y=7.5 \times 2 + 3y = 31, \qquad 3y = 21, \qquad y = 7.

5. Vérifier dans les deux équations — sans exception. Dans (E1)(E_1) : 5×2+3×7=10+21=315 \times 2 + 3 \times 7 = 10 + 21 = 31. Dans (E2)(E_2) : 2×27×7=449=452 \times 2 - 7 \times 7 = 4 - 49 = -45. Les deux égalités sont vraies.

Le système a une unique solution : le couple (2 ; 7)(2\ ;\ 7).

6. Interpréter. L'équation (E1)(E_1) est celle d'une droite d1d_1, de coefficient directeur 53-\dfrac{5}{3} ; l'équation (E2)(E_2) celle d'une droite d2d_2, de coefficient directeur 27\dfrac{2}{7}. Les coefficients directeurs sont différents : les droites sont sécantes, et leur point d'intersection a pour coordonnées (2 ; 7)(2\ ;\ 7) — le seul point du plan qui appartient aux deux droites. On retrouve la condition du cours : abab=5×(7)2×3=356=410ab' - a'b = 5 \times (-7) - 2 \times 3 = -35 - 6 = -41 \neq 0, et c'est ce 41-41, au signe près, qui s'est présenté devant xx à l'étape 3.

7. L'erreur qu'on a évitée. Un élève qui aurait soustrait au lieu d'additionner à l'étape 3 aurait écrit 29x+42y=35229x + 42y = 352 : rien n'a disparu, le calcul tourne en rond. Le signe des coefficients à éliminer décide de l'opération : opposés, on additionne ; égaux, on soustrait.

Bloc 4 sur 7 · Visualiser

Visualiser : une solution, c'est un point commun

Figure (SVG programmatique à produire) : deux panneaux qui donnent un sens géométrique au mot « solution ».

  • Panneau de gauche — le système de la substitution, tracé. Un repère orthonormé gradué de 1-1 à 88 sur les deux axes. La droite d1d_1 d'équation 4x+y=144x + y = 14 et la droite d2d_2 d'équation 3x2y=53x - 2y = 5 sont tracées en traits pleins de deux styles différents (l'un continu, l'autre tireté, chacune étiquetée par son équation). Leur point d'intersection (3 ; 2)(3\ ;\ 2) est marqué d'un disque plein, avec deux projections en pointillés vers les axes cotées « 33 » et « 22 », et un cartouche : « le couple (3 ; 2)(3\ ;\ 2) vérifie les deux équations ». Dans un encart barré, un second point est marqué sur d1d_1 seulement, en (2 ; 6)(2\ ;\ 6), avec la mention « vérifie (E1)(E_1), pas (E2)(E_2) : ce n'est pas une solution du système ».
  • Panneau de droite — les trois cas. Trois vignettes miniatures côte à côte, chacune montrant deux droites dans un petit repère et portant en pied le nombre de solutions du système : droites sécantes (un point commun mis en évidence — « une solution »), droites parallèles distinctes (aucun point commun — « aucune solution »), droites confondues (une seule droite dessinée en trait épais — « une infinité de solutions »). Sous les trois vignettes, une ligne rappelle le critère : « abab0ab' - a'b \neq 0 : sécantes ; abab=0ab' - a'b = 0 : parallèles ou confondues ».

Ce qu'il faut lire. Sur le panneau de gauche, chaque droite est l'ensemble des couples qui vérifient une équation ; la solution du système est le seul point qui appartient aux deux — et le point barré montre qu'être sur une droite ne suffit pas. Le panneau de droite explique pourquoi un système peut n'avoir aucune solution ou en avoir une infinité : ce n'est pas un accident de calcul, c'est la position relative de deux droites.

Système de deux équations linéaires : la solution est le point commun aux deux droites — Deux panneaux. À gauche, un repère orthonormé gradué de −1 à 8 sur les deux axes

Bloc 5 sur 7 · Formules

Les relations à retenir

  • {ax+by=cax+by=csolution : un couple (x ; y) veˊrifiant les DEUX eˊquations\begin{cases} ax + by = c \\ a'x + b'y = c' \end{cases} \qquad \text{solution : un couple } (x\ ;\ y) \text{ vérifiant les DEUX équations}
  • substitution : y=caxb (b0), aˋ reporter dans l’AUTRE eˊquation\text{substitution : } y = \frac{c - ax}{b} \ (b \neq 0), \text{ à reporter dans l'AUTRE équation}
  • combinaison : b×(E1)b×(E2)  (abab)x=cbcb\text{combinaison : } b' \times (E_1) - b \times (E_2) \ \Rightarrow\ (ab' - a'b)\,x = cb' - c'b
  • abab0    droites seˊcantes    solution uniqueab' - a'b \neq 0 \iff \text{droites sécantes} \iff \text{solution unique}
  • ax+by=c (b0)    y=abx+cb(droite de coefficient directeur ab)ax + by = c \ (b \neq 0) \iff y = -\frac{a}{b}\,x + \frac{c}{b} \quad \text{(droite de coefficient directeur } -\tfrac{a}{b}\text{)}
Tableau : Ce que tu cherches, Ce que tu fais, Condition
Ce que tu cherchesCe que tu faisCondition
Résoudre par substitutionisoler une inconnue dans une équation, la remplacer dans l'autrepratique quand un coefficient vaut 11 ou 1-1
Résoudre par combinaisonmultiplier chaque ligne pour égaliser (ou opposer) les coefficients d'une inconnue, puis soustraire (ou additionner)toujours possible ; attention aux signes
Vérifierremplacer xx et yy dans les deux équations de départobligatoire, quelle que soit la méthode
Prévoir le nombre de solutionscalculer ababab' - a'bnon nul : une solution ; nul : aucune ou une infinité
Interpréterchaque équation est une droite, la solution est leur point communb0b \neq 0 pour écrire l'équation réduite

Domaine de validité. Les méthodes de cette leçon s'appliquent aux systèmes linéaires : aucune inconnue au carré, aucun produit xyxy. La formule de combinaison suppose qu'on a bien multiplié tous les termes de chaque ligne, second membre compris. Le critère abab0ab' - a'b \neq 0 garantit une solution unique ; lorsqu'il vaut 00, il ne dit pas à lui seul s'il y a aucune solution ou une infinité — il faut comparer les deux équations.

Ce qui n'est pas au programme. Les systèmes de trois équations à trois inconnues et les systèmes à coefficients littéraux (où l'on discute selon un paramètre) relèvent de l'enseignement supérieur. En seconde, les coefficients sont des nombres, et le système a le plus souvent une solution unique.

Contrôles gratuits. Un couple qui vérifie une seule équation n'est pas solution. Après une combinaison, une inconnue doit avoir disparu : s'il en reste deux, le facteur ou l'opération était mal choisi. Et en contexte, la solution doit avoir un sens : un prix négatif ou un nombre d'objets non entier signale une erreur.

Bloc 6 sur 7 · Pièges

Pièges fréquents

  1. Ne substituer que dans l'une des équations et conclure avec une seule inconnue. Isoler yy dans (E1)(E_1) puis remplacer dans (E1)(E_1) elle-même donne 0=00 = 0 : vrai, et inutile. L'expression obtenue se reporte dans l'autre équation. Et une fois xx trouvé, le travail n'est pas fini : la solution est le couple (x ; y)(x\ ;\ y), il faut calculer yy.
  2. Faire une erreur de signe lors de la combinaison. Soustraire une ligne, c'est changer le signe de chacun de ses termes, second membre compris : (15x+10y)(4x+10y)=8552(15x + 10y) - (4x + 10y) = 85 - 52, jamais 85+5285 + 52. Le remède est mécanique : écrire les deux lignes avec leurs parenthèses, puis développer. Et choisir des coefficients opposés plutôt qu'égaux permet d'additionner — aucun signe à retourner.
  3. Oublier de vérifier le couple solution dans les deux équations. Une erreur de calcul produit souvent un couple qui vérifie une équation et pas l'autre. Seule la vérification dans les deux équations de départ (pas dans les lignes multipliées) prouve que le couple est solution. C'est la dernière ligne de toute résolution.
  4. Multiplier une ligne sans multiplier son second membre. Écrire 5×(E1)5 \times (E_1) comme 15x+10y=1715x + 10y = 17 est faux : le 1717 devient 8585. Une égalité ne reste vraie que si les deux membres subissent la même opération.
  5. Éliminer une inconnue... et la voir revenir. Si, après la combinaison, il reste encore xx et yy, les facteurs n'ont pas égalisé les coefficients, ou l'on a soustrait là où il fallait additionner. Recommencer en écrivant explicitement les coefficients visés.
  6. Confondre « une seule droite passe par le point » et « solution ». Un couple qui annule une seule équation correspond à un point situé sur une seule des deux droites. La solution du système est le point commun aux deux : sur la figure, le seul disque plein.
  7. Croire qu'un système a toujours une solution. Deux droites parallèles distinctes n'ont aucun point commun : le système correspondant n'a aucune solution, et la combinaison le signale en faisant disparaître les deux inconnues d'un coup pour laisser une égalité fausse, du type 0=70 = 7. Ce n'est pas une erreur de calcul, c'est une réponse.

Bloc 7 sur 7 · Vérifier

Vérifier : résoudre un système en contexte

Le modèle. L'exercice associé à cette leçon propose un système de deux équations linéaires, tantôt sous forme abstraite, tantôt en contexte (deux achats aux prix unitaires inconnus), et demande la valeur de l'une des deux inconnues. La solution est toujours entière, et la réponse n'est jamais un nombre déjà écrit dans l'énoncé. Un second modèle, voisin, demande de trancher par le calcul si un couple donné est solution d'un système — la moitié des couples faux ne vérifient qu'une seule des deux équations — ou si deux droites sont sécantes.

Énoncé type. Dans une jardinerie, tous les rosiers sont vendus au même prix unitaire, et tous les sacs de terreau également. Trois rosiers et quatre sacs de terreau coûtent 6868 €. Cinq rosiers et deux sacs de terreau coûtent 7676 €. Quel est le prix d'un rosier, en euros ?

Corrigé complet.

1. Nommer les inconnues et traduire. Soit xx le prix d'un rosier et yy le prix d'un sac de terreau, en euros. Les deux achats donnent :

(E1) : 3x+4y=68(E2) : 5x+2y=76.(E_1)\ :\ 3x + 4y = 68 \qquad (E_2)\ :\ 5x + 2y = 76.

2. Choisir l'inconnue à éliminer. On cherche xx : on élimine yy. Les coefficients de yy sont 44 et 22 ; en multipliant (E2)(E_2) par 22, on obtient 4y4y dans les deux lignes.

(E1) : 3x+4y=682×(E2) : 10x+4y=152.(E_1)\ :\ 3x + 4y = 68 \qquad 2 \times (E_2)\ :\ 10x + 4y = 152.

3. Soustraire membre à membre. Les coefficients de yy sont égaux : on soustrait, signes compris.

(3x+4y)(10x+4y)=68152,7x=84,x=12.(3x + 4y) - (10x + 4y) = 68 - 152, \qquad -7x = -84, \qquad x = 12.

4. Trouver l'autre inconnue. Dans (E1)(E_1) : 3×12+4y=683 \times 12 + 4y = 68, donc 4y=324y = 32 et y=8y = 8.

5. Vérifier dans les deux équations. (E1)(E_1) : 3×12+4×8=36+32=683 \times 12 + 4 \times 8 = 36 + 32 = 68. (E2)(E_2) : 5×12+2×8=60+16=765 \times 12 + 2 \times 8 = 60 + 16 = 76. Les deux égalités sont vraies.

Un rosier coûte 1212 €, et un sac de terreau 88 €.

6. Contrôler le sens. Deux prix positifs, entiers, vraisemblables pour une jardinerie : la solution a un sens dans le contexte. Un prix négatif ou un résultat comme 12,3712{,}37 aurait signalé une erreur de calcul.

Auto-contrôle : après la combinaison, une inconnue a-t-elle vraiment disparu ? As-tu multiplié le second membre en même temps que les deux autres termes ? Et ton couple vérifie-t-il les deux équations de départ — pas seulement celle qui a servi à trouver yy ?

Sources

  • BO spécial n°1 du 22 janvier 2019 — programme de mathématiques de seconde générale et technologique, partie « Géométrie », section « Représenter et caractériser les droites du plan »
  • J. Lelong-Ferrand, J.-M. Arnaudiès, Cours de mathématiques, tome 1 : algèbre, Dunod — systèmes d'équations linéaires

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