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Mathématiques · Terminale · 17 min de lecture

Limites et continuité : lire, lever, conclure

Limites en l'infini et en un point, asymptotes, croissances comparées, continuité, théorème des valeurs intermédiaires.

Chapitre du programme : Analyse

Bloc 1 sur 7 · Comprendre

Comprendre : limites en l’infini, limites en un point

Les limites de suites t'ont donné le vocabulaire : converger, diverger, forme indéterminée. Les fonctions reprennent tout cela, avec une nouveauté : une suite ne se regarde qu'en ++\infty, une fonction se regarde en ++\infty, en -\infty, et en n'importe quel point de la droite réelle — y compris en un point où elle n'est pas définie.

Limite en l'infini. limx+f(x)=\lim\limits_{x \to +\infty} f(x) = \ell signifie que f(x)f(x) s'approche indéfiniment de \ell quand xx grandit sans borne. Géométriquement, la droite d'équation y=y = \ell est asymptote horizontale à la courbe en ++\infty : la courbe s'en approche sans jamais s'en écarter durablement. Elle peut fort bien la traverser — une asymptote n'est pas une barrière.

Limite en un point. limxaf(x)=\lim\limits_{x \to a} f(x) = \ell signifie que f(x)f(x) s'approche de \ell quand xx s'approche de aa, sans jamais valoir aa. Cette précision est capitale : la limite en aa ne dit rien de f(a)f(a), et se calcule très souvent en un point où ff n'est pas définie. Quand la limite est infinie, la droite d'équation x=ax = a est asymptote verticale.

Continuité. Une fonction ff est continue en aa lorsque ff est définie en aa et que limxaf(x)=f(a)\lim\limits_{x \to a} f(x) = f(a) : la limite et la valeur coïncident. Intuitivement, la courbe se trace sans lever le crayon. Deux faits à retenir pour ne pas perdre de temps en contrôle :

  • les fonctions polynômes sont continues sur R\mathbb{R} ; les fonctions rationnelles, racine carrée, exponentielle, logarithme, sinus et cosinus sont continues sur tout intervalle de leur ensemble de définition ; sommes, produits, quotients (dénominateur non nul) et composées de fonctions continues le sont aussi ;
  • une fonction dérivable sur un intervalle y est continue. La réciproque est fausse : xxx \mapsto |x| est continue en 00 sans y être dérivable.

Attention au sens des mots. Croissante n'entraîne pas continue : une fonction en escalier est croissante et pleine de sauts. Et « avoir une limite en aa » n'entraîne pas « être continue en aa » : il faut de plus que f(a)f(a) existe et vaille cette limite.

Pourquoi ce chapitre existe. Deux usages, tous deux au programme et tous deux au baccalauréat. D'abord décrire le comportement d'une courbe : asymptotes, branches infinies, position limite. Ensuite démontrer qu'une équation a une solution — c'est le théorème des valeurs intermédiaires, le seul outil du lycée qui prouve l'existence d'un nombre sans le calculer.

Bloc 2 sur 7 · Approfondir

Approfondir : lever une indétermination, appliquer le TVI

Les quatre formes indéterminées sont les mêmes que pour les suites :

,0×,,00.\infty - \infty, \qquad 0 \times \infty, \qquad \frac{\infty}{\infty}, \qquad \frac{0}{0}.

« Indéterminée » signifie que la règle générale ne conclut pas : il faut réécrire. Trois techniques suffisent en terminale.

  1. Quotient de polynômes en ±\pm\infty — on factorise par le terme de plus haut degré au numérateur et au dénominateur, on simplifie, et les termes en 1x\frac{1}{x} s'évanouissent. Conséquence pratique : en l'infini, un quotient de polynômes se comporte comme le quotient de ses termes de plus haut degré.
  2. Forme 00\frac{0}{0} en un point aa — si aa annule le numérateur ET le dénominateur, les deux se factorisent par (xa)(x - a). On simplifie pour xax \ne a, et la fonction obtenue, continue en aa, donne la limite par simple substitution. Retiens la nuance : les deux écritures ne définissent pas la même fonction — l'une n'est pas définie en aa — mais elles coïncident partout ailleurs, donc elles ont la même limite. Deux fonctions de même limite ne sont pas égales pour autant.
  3. Différence de racines — on multiplie par la quantité conjuguée pour transformer \infty - \infty en un quotient.

Croissances comparées. À connaître par cœur, elles règlent d'un coup une famille entière d'indéterminations : en ++\infty, l'exponentielle l'emporte sur toute puissance, et toute puissance l'emporte sur le logarithme :

limx+exxn=+,limx+lnxxn=0,limx+xnex=0(nN).\lim_{x \to +\infty} \frac{e^{x}}{x^{n}} = +\infty, \qquad \lim_{x \to +\infty} \frac{\ln x}{x^{n}} = 0, \qquad \lim_{x \to +\infty} x^{n} e^{-x} = 0 \quad (n \in \mathbb{N}^{*}).

Asymptote verticale : la bonne procédure. Pour un quotient, on cherche les valeurs qui annulent le dénominateur. Deux cas se présentent, et les confondre coûte cher :

  • le numérateur ne s'y annule pas → le quotient tend vers l'infini, il y a asymptote verticale ;
  • le numérateur s'y annule aussi → forme 00\frac{0}{0}, la fraction se simplifie et il n'y a en général pas d'asymptote, mais un simple trou dans l'ensemble de définition.

Le théorème des valeurs intermédiaires. Si ff est continue sur [a;b][a\,;\,b] et si kk est compris entre f(a)f(a) et f(b)f(b), alors l'équation f(x)=kf(x) = k admet au moins une solution dans [a;b][a\,;\,b]. Si de plus ff est strictement monotone sur [a;b][a\,;\,b], cette solution est unique.

Trois remarques que les copies oublient une fois sur deux.

  • Ce qui donne quoi. La continuité donne l'EXISTENCE ; la stricte monotonie donne l'UNICITÉ. Attribuer l'unicité à la continuité est une faute : une fonction continue peut prendre plusieurs fois la même valeur.
  • Comment justifier chaque hypothèse. La continuité se justifie par la NATURE de la fonction (polynôme, rationnelle sur son domaine, composée de fonctions continues), jamais par sa croissance. La monotonie se justifie par le SIGNE DE LA DÉRIVÉE sur tout l'intervalle, jamais par la comparaison de deux valeurs : une fonction peut monter puis descendre et vérifier f(a)<f(b)f(a) < f(b).
  • L'encadrement de kk. Il faut écrire l'inégalité complète f(a)<k<f(b)f(a) < k < f(b) (ou l'inverse). Dire « f(a)<f(b)f(a) < f(b) » ne dit rien de la position de kk.

Localiser la solution. Le théorème prouve l'existence sans donner la valeur. Pour encadrer α\alpha, on calcule les images d'entiers consécutifs jusqu'à un changement de signe, puis on affine par dichotomie : on coupe l'intervalle en deux, on garde la moitié où le changement de signe persiste, et on recommence. Chaque étape divise l'amplitude par 22.

Bloc 3 sur 7 · Exemple

Exemple guidé : deux asymptotes, un trou, une racine

Énoncé.

  1. Soit f(x)=3x52x+4f(x) = \dfrac{3x - 5}{2x + 4}. Déterminer limx+f(x)\lim\limits_{x \to +\infty} f(x) et interpréter graphiquement.
  2. Déterminer l'équation de l'asymptote verticale à la courbe de ff.
  3. Soit g(x)=x2x6x3g(x) = \dfrac{x^{2} - x - 6}{x - 3}, définie pour x3x \ne 3. Déterminer limx3g(x)\lim\limits_{x \to 3} g(x).
  4. Soit h(x)=x3+2x5h(x) = x^{3} + 2x - 5. Démontrer que l'équation h(x)=0h(x) = 0 admet une unique solution α\alpha sur R\mathbb{R}, et déterminer l'entier nn tel que n<α<n+1n < \alpha < n + 1.

---

1. Limite en ++\infty. Numérateur et dénominateur tendent vers ++\infty : forme \frac{\infty}{\infty}, la règle du quotient ne conclut pas. On factorise par xx :

f(x)=x(35x)x(2+4x)=35x2+4x.f(x) = \frac{x\left(3 - \dfrac{5}{x}\right)}{x\left(2 + \dfrac{4}{x}\right)} = \frac{3 - \dfrac{5}{x}}{2 + \dfrac{4}{x}}.

Comme 5x0\dfrac{5}{x} \to 0 et 4x0\dfrac{4}{x} \to 0, le numérateur tend vers 33 et le dénominateur vers 202 \ne 0, donc

limx+f(x)=32=1,5.\lim_{x \to +\infty} f(x) = \frac{3}{2} = 1{,}5.

Interprétation : la droite d'équation y=1,5y = 1{,}5 est asymptote horizontale à la courbe de ff en ++\infty.

2. Asymptote verticale. On annule le dénominateur : 2x+4=02x + 4 = 0, soit x=2x = -2. On vérifie que le numérateur ne s'y annule pas :

3×(2)5=65=110.3 \times (-2) - 5 = -6 - 5 = -11 \ne 0.

Le numérateur tend vers 11-11 et le dénominateur vers 00 : le quotient tend vers l'infini. La droite d'équation x=2x = -2 est asymptote verticale.

3. Une forme 00\frac{0}{0}. En x=3x = 3, le dénominateur s'annule ; le numérateur aussi, car 3236=936=03^{2} - 3 - 6 = 9 - 3 - 6 = 0. C'est une indétermination. Le trinôme x2x6x^{2} - x - 6 a pour racines 33 et 2-2 (somme 11, produit 6-6), donc

x2x6=(x3)(x+2).x^{2} - x - 6 = (x - 3)(x + 2).

Pour x3x \ne 3, on simplifie : g(x)=x+2g(x) = x + 2. Cette dernière expression définit une fonction affine, continue en 33, donc

limx3g(x)=3+2=5.\lim_{x \to 3} g(x) = 3 + 2 = 5.

Attention : gg et la fonction xx+2x \mapsto x + 2 ne sont pas la même fonction — la seconde est définie en 33, la première non. Elles coïncident partout ailleurs, ce qui suffit pour la limite.

4. Une racine par le théorème des valeurs intermédiaires.

Continuité. hh est une fonction polynôme, donc continue sur R\mathbb{R}.

Stricte monotonie. h(x)=3x2+2h'(x) = 3x^{2} + 2. Un carré est positif, donc 3x2+22>03x^{2} + 2 \ge 2 > 0 : hh' est strictement positive sur R\mathbb{R}, et hh y est strictement croissante.

Existence et unicité. On calcule

h(1)=1+25=2<0,h(2)=8+45=7>0.h(1) = 1 + 2 - 5 = -2 < 0, \qquad h(2) = 8 + 4 - 5 = 7 > 0.

Comme 2<0<7-2 < 0 < 7, la valeur 00 est comprise entre h(1)h(1) et h(2)h(2). hh étant continue et strictement croissante sur [1;2][1\,;\,2], l'équation h(x)=0h(x) = 0 y admet une unique solution α\alpha. Et comme hh est strictement croissante sur R\mathbb{R} tout entier, elle ne peut pas prendre la valeur 00 ailleurs : α\alpha est l'unique solution sur R\mathbb{R}.

Encadrement. On a donc 1<α<21 < \alpha < 2, soit n=1n = 1. Un pas de dichotomie affine : h(1,5)=3,375+35=1,375>0h(1{,}5) = 3{,}375 + 3 - 5 = 1{,}375 > 0, donc 1<α<1,51 < \alpha < 1{,}5.

Contrôle. Trois réflexes : nommer la forme indéterminée avant de calculer ; vérifier que le dénominateur d'une limite de quotient ne tend pas vers 00 avant d'invoquer la règle ; et, pour le théorème des valeurs intermédiaires, écrire les trois hypothèses séparément — continuité, monotonie, encadrement.

Bloc 4 sur 7 · Visualiser

Visualiser : asymptotes, trou, changement de signe

Figure (fig.math.limits-continuity-panorama, SVG programmatique à produire) : trois panneaux.

  • Panneau gauche — les deux asymptotes. Courbe de f(x)=3x52x+4f(x) = \dfrac{3x - 5}{2x + 4} dans un repère, xx de 8-8 à 88, yy de 6-6 à 88, avec les deux branches séparées. Une droite horizontale en pointillé d'équation y=1,5y = 1{,}5, étiquetée « asymptote horizontale : limite en ±\pm\infty ». Une droite verticale en pointillé d'équation x=2x = -2, étiquetée « asymptote verticale : le dénominateur s'annule, pas le numérateur ». Deux flèches suivent la courbe vers le haut et vers le bas de part et d'autre de x=2x = -2.
  • Panneau central — le trou. Courbe de g(x)=x2x6x3g(x) = \dfrac{x^{2} - x - 6}{x - 3} : c'est la droite d'équation y=x+2y = x + 2, tracée en trait plein, mais avec un cercle vide bien visible au point de coordonnées (3;5)(3\,;\,5), et une bulle « gg n'est pas définie en 33, et pourtant sa limite y vaut 55 ». Sous le dessin, deux cadres côte à côte : « g(x)=x2x6x3g(x) = \dfrac{x^{2}-x-6}{x-3}, définie pour x3x \ne 3 » et « xx+2x \mapsto x + 2, définie partout », reliés par une double flèche portant « même limite en 33, fonctions différentes ».
  • Panneau droit — le théorème des valeurs intermédiaires. Courbe de h(x)=x3+2x5h(x) = x^{3} + 2x - 5 pour xx de 00 à 2,52{,}5, strictement croissante. L'axe des abscisses est tracé en trait plein. Les points (1;2)(1\,;\,-2) et (2;7)(2\,;\,7) sont marqués et étiquetés. Un segment vertical en pointillé descend de (1;2)(1\,;\,-2) et monte de (2;7)(2\,;\,7) jusqu'à l'axe, et la portion d'axe entre 11 et 22 est épaissie avec l'étiquette « la courbe traverse ici, et une seule fois ». Un cartouche récapitule : « continue \Rightarrow elle traverse ; strictement croissante \Rightarrow une seule fois ».

Ce qu'il faut lire. Le panneau gauche montre que les deux sortes d'asymptotes se cherchent à deux endroits différents : l'une à l'infini, l'autre aux valeurs interdites. Le panneau central est le seul moyen de voir la différence entre « avoir une limite en 33 » et « être définie en 33 » : le cercle vide est exactement cette différence. Le panneau droit sépare visuellement les deux conclusions du théorème — traverser, et ne traverser qu'une fois.

La figure en détail : la figure comprend trois parties. À gauche, la courbe d'une fonction rationnelle est tracée en deux branches, avec une droite horizontale en pointillé qu'elle approche à l'infini et une droite verticale en pointillé le long de laquelle elle s'échappe vers le haut d'un côté et vers le bas de l'autre. Au centre, la courbe d'une autre fonction rationnelle se confond avec une droite, à ceci près qu'un petit cercle vide marque le point d'abscisse trois, où la fonction n'est pas définie alors que sa limite y existe et vaut cinq ; deux cadres rappellent que deux expressions de même limite ne définissent pas la même fonction. À droite, la courbe d'une fonction polynôme strictement croissante passe du dessous au dessus de l'axe horizontal entre les abscisses un et deux ; les images de ces deux abscisses, moins deux et sept, sont marquées, et la portion d'axe où la courbe traverse est mise en évidence pour illustrer l'existence et l'unicité de la solution.

Limites et continuité : les deux asymptotes d’une fonction rationnelle, le trou d’une limite sans valeur, et le théorème des valeurs intermédiaires — Trois panneaux. (1) À gauche, dans un repère orthonormé, x de −8 à 8, y de −6 à 8, la cou…

Bloc 5 sur 7 · Formules

Ce qu’il faut retenir

  • limx±ax+bcx+d=ac(c0)    y=ac asymptote horizontale\lim_{x \to \pm\infty} \frac{a x + b}{c x + d} = \frac{a}{c} \quad (c \ne 0) \implies y = \frac{a}{c} \text{ asymptote horizontale}
  • limxaf(x)=±    x=a asymptote verticale\lim_{x \to a} f(x) = \pm\infty \implies x = a \text{ asymptote verticale}
  • limx+exxn=+,limx+lnxxn=0\lim_{x \to +\infty} \frac{e^{x}}{x^{n}} = +\infty, \qquad \lim_{x \to +\infty} \frac{\ln x}{x^{n}} = 0
  • f continue en a    limxaf(x)=f(a)f \text{ continue en } a \iff \lim_{x \to a} f(x) = f(a)
  • f continue et strictement monotone sur [a;b], k entre f(a) et f(b)    f(x)=k a une solution uniquef \text{ continue et strictement monotone sur } [a;b],\ k \text{ entre } f(a) \text{ et } f(b) \implies f(x) = k \text{ a une solution unique}
Tableau : Situation, Méthode, Piège
SituationMéthodePiège
Quotient de polynômes en ±\pm\inftyfactoriser par le terme de plus haut degréne pas conclure haut et bas séparément
Forme 00\frac{0}{0} en aafactoriser par (xa)(x-a), simplifier pour xax \ne al'expression simplifiée n'est PAS la même fonction
\infty - \infty avec des racinesmultiplier par la quantité conjuguéene jamais soustraire les symboles
Exponentielle contre puissancecroissances comparéesl'exponentielle l'emporte toujours en ++\infty
Asymptote verticaleannuler le dénominateur, vérifier le numérateurnumérateur nul aussi \Rightarrow pas d'asymptote
Continuitéinvoquer la NATURE de la fonctionla croissance n'entraîne pas la continuité
Existence d'une solutioncontinuité + valeur intermédiairene donne pas l'unicité
Unicité de la solutionstricte monotoniene vient pas de la continuité

Vocabulaire. « Asymptote » décrit une droite dont la courbe se rapproche indéfiniment ; la courbe peut la couper. « Continue sur un intervalle » se dit d'un intervalle, jamais d'un point isolé pris seul. « Strictement monotone » veut dire strictement croissante ou strictement décroissante sur tout l'intervalle considéré.

Pas d'unités. Limites et images sont des nombres. ++\infty n'est pas un nombre : on ne l'additionne pas, on ne le soustrait pas, et les quatre formes indéterminées sont précisément les cas où l'écriture symbolique ne suffit pas.

Ce qui n'est pas ici. La définition quantifiée d'une limite, la continuité uniforme, le théorème de la bijection dans sa forme générale et les théorèmes de Rolle et des accroissements finis relèvent du supérieur.

Bloc 6 sur 7 · Pièges

Pièges fréquents

  1. Appliquer le théorème des valeurs intermédiaires sans vérifier la continuité. C'est l'hypothèse qui donne l'existence : sans elle, le théorème ne dit rien. Une fonction en escalier « saute » par-dessus les valeurs intermédiaires sans jamais les prendre.
  2. Attribuer l'unicité à la continuité. L'unicité vient de la stricte monotonie. Une fonction continue peut prendre trois fois la même valeur sur un intervalle ; une fonction strictement monotone, jamais.
  3. Justifier la monotonie par deux valeurs. f(a)<f(b)f(a) < f(b) ne prouve rien : la courbe peut monter, redescendre et remonter. La monotonie se démontre par le signe de la dérivée sur tout l'intervalle.
  4. Justifier la continuité par la croissance. Aucun lien : une fonction en escalier est croissante et discontinue. La continuité se justifie par la nature de la fonction.
  5. Écrire « f(a)<f(b)f(a) < f(b) donc kk est compris entre les deux ». Il faut l'encadrement complet f(a)<k<f(b)f(a) < k < f(b), qui est la véritable hypothèse.
  6. Croire que deux fonctions de même limite sont égales au voisinage. x2x6x3\dfrac{x^{2}-x-6}{x-3} et x+2x + 2 ont la même limite en 33 ; la première n'y est même pas définie. Une limite ne dit rien de la valeur au point.
  7. Traiter 0×0 \times \infty comme 00. Forme indéterminée : 1x×x2=x+\dfrac{1}{x} \times x^{2} = x \to +\infty alors que 1x2×x0\dfrac{1}{x^{2}} \times x \to 0. Le facteur qui tend vers 00 ne l'emporte pas d'office.
  8. Conclure à une asymptote verticale sans regarder le numérateur. Si numérateur et dénominateur s'annulent ensemble, la fraction se simplifie : il n'y a pas d'asymptote, seulement un point exclu de l'ensemble de définition.
  9. Croire que la courbe ne coupe jamais son asymptote. Elle peut la traverser, parfois plusieurs fois. « Asymptote » décrit un comportement à la limite, pas une interdiction.

Bloc 7 sur 7 · Vérifier

Vérifier : limite, asymptote ou encadrement

Le modèle d'entraînement. L'exercice associé à cette leçon tire l'une de quatre questions dont la réponse est un nombre : la limite en ++\infty d'un quotient d'expressions affines (donc l'ordonnée de l'asymptote horizontale), l'abscisse de l'asymptote verticale, la limite en un point d'une forme 00\frac{0}{0} levée par factorisation, et l'entier qui encadre par en dessous l'unique solution donnée par le théorème des valeurs intermédiaires. Toutes les réponses sont exactes. Un modèle voisin, à choix multiples, ne demande aucun calcul : il présente la copie d'un élève qui applique le théorème des valeurs intermédiaires en quatre étapes, dont une seule est mal justifiée — tous les calculs y sont exacts, et le résultat annoncé est vrai. Il s'agit d'y trouver la justification fautive.

Énoncé type. Soit ff la fonction définie par

f(x)=x2+2x15x3,x3.f(x) = \frac{x^{2} + 2x - 15}{x - 3}, \qquad x \ne 3.

Déterminer limx3f(x)\lim\limits_{x \to 3} f(x).

Corrigé complet.

1. Reconnaître l'indétermination. En x=3x = 3, le dénominateur vaut 00. Le numérateur aussi :

32+2×315=9+615=0.3^{2} + 2 \times 3 - 15 = 9 + 6 - 15 = 0.

C'est la forme 00\frac{0}{0} : aucune règle générale ne conclut.

2. Factoriser. Le trinôme x2+2x15x^{2} + 2x - 15 a pour racines 33 et 5-5 (leur somme vaut 2-2, leur produit 15-15), donc

x2+2x15=(x3)(x+5).x^{2} + 2x - 15 = (x - 3)(x + 5).

3. Simplifier, pour x3x \ne 3.

f(x)=(x3)(x+5)x3=x+5.f(x) = \frac{(x - 3)(x + 5)}{x - 3} = x + 5.

Les deux écritures coïncident partout sauf en 33, où ff n'est pas définie : c'est bien la même limite, mais pas la même fonction.

4. Conclure. La fonction xx+5x \mapsto x + 5 est affine, donc continue en 33 : sa limite y est sa valeur.

limx3f(x)=3+5=8.\lim_{x \to 3} f(x) = 3 + 5 = 8.

Réponse : limx3f(x)=8\lim\limits_{x \to 3} f(x) = 8.

Auto-contrôle. Ai-je vérifié que le numérateur s'annule bien au point, avant d'annoncer une forme 00\frac{0}{0} ? Ai-je écrit « pour x3x \ne 3 » au moment de simplifier ? Et le résultat est-il plausible ? Un test numérique le confirme : f(3,001)=8,001f(3{,}001) = 8{,}001 et f(2,999)=7,999f(2{,}999) = 7{,}999, de part et d'autre de 88.

L’exercice interactif de cette leçon attend la fin de sa relecture scientifique. L’énoncé type ci-dessus est complet : il se travaille tel quel.

Sources

  • BO spécial n°8 du 25 juillet 2019 — programme de spécialité mathématiques de terminale générale, partie « Analyse » : limites de fonctions, asymptotes, croissances comparées, continuité, théorème des valeurs intermédiaires
  • J. Stewart, Analyse — concepts et contextes, De Boeck — chapitres sur les limites de fonctions et la continuité

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